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Dest: Apic

Exp: Cip

Date: 4-APR-1996 13:41:42

Objet: nouvelles provinces franciscaines

apic/France-Belgique/Les franciscains d’Europe francophone regroupent leurs

forces/deux nouvelles provinces/

Les Franciscains d’Europe francophone regroupent leurs forces en une

provinces franco-belge et une province France-Ouest =

Bruxelles, 3 avril 1996 (CIP)

Les Franciscains de Belgique francophone seront bientôt rattachés avec

leurs confrères des régions de Lyon et de Strasbourg à une même et nouvelle

province franco-belge. Celle-ci sera créée le mardi de Pâques 9 avril à

Strasbourg et aura son siège à Metz. La veille, à Paris, les trois autres

provinces de Paris, Rennes et Toulouse auront aussi fusionné en une seconde

province, baptisée France-Ouest.

C’est le Père Herman Schalück, supérieur général des Franciscains, qui ouvrira, le 8 avril, les chapitres ou assemblées générales des deux nouvelles

provinces de l’ordre, proclamera leur fondation et fera connaître la composition de leur gouvernement. A l’horizon de l’an 2000, l’objectif fondamental de ce regroupement, annoncent les religieux, est « d’insuffler un nouveau dynamisme à l’ensemble francophone européen, de leui donner les moyens

d’une vie fraternelle et évangélique renouvelée, et de fixer le cadre d’une

nécessaire collaboration ».

Un large souhait

Si le passage de six provinces à deux est une « première », cette fusion est

largement souhaitée par les religieux concernés et s’inscrit d’ailleurs

dans une évolution bien entamée. Chez les Franciscains comme dans d’autres

Instituts religieux, la réduction et le vieillissement des effectifs ont

rendu difficile le maintien du même volume d’activités. Or, il y a des

charges incompressibles, comme celles du gouvernement, et d’autres qui

imposent à certains frères des cumuls hétéroclites. Toutes les branches de

la grande famille franciscaine ont fait une expérience analogue : Frères du

Premier Ordre, Clarisses, Religieuses du Tiers- Ordre régulier, Laïcs ont

de plus en plus ressenti la nécessité de se rapprocher pour mieux

s’épauler.

Le regroupement des forces est devenu une évidence pour une majorité de

frères, notamment pour tous ceux qui ont participé au gouvernement des six

provinces actuelles de l’Europe francophone. Dès 1993, les six chapitres

concernés ont été unanimes à souhaiter un rapprochement et une collaboration plus étroite entre voisins. En novembre 1993, en présence du Ministre

général de l’Ordre, ils ont envisagé de constituer deux associations de

trois provinces. Mais par la suite, il est apparu qúil fallait proposer

franchement la fusion, à condition que soient sauvegardées les identités

régionales. Consultés par référendum, les frères ont dit oui.

Les prochains chapitres de Paris et de Strasbourg apporteront donc la

confirmation officielle de cette évolution. Compte tenu des consultations,

le Ministre général et son Conseil seront le lundi 8 à Paris, et le mardi à

Strasbourg pour désigner les membres des deux nouveaux gouvernements.

Chacune des deux nouvelles provinces auront son ministre provincial, son

vicaire provinciale et son définitoire, conseil de six membres.

17.600 Frères Mineurs

770 ans après la mort de leur fondateur François d’Assise, les Franciscains

ou « Frères Mineurs » sont au nombre de 17.600 religieux. Ils font partie du

premier Ordre créé par saint François et qui compte également 11.200 Capucins et 4.500 Frères Mineurs Conventuels. Les Frères Mineurs sont répartis

en 98 provinces, auxquelles s’ajoutent une quinzaine de vice-provinces et

19 custodies. L’ensemble est regroupé au sein de 15 « Conférences » selon les

zones géographiques et culturelles.

Deux siècles mouvementés

Les Franciscains de Belgique et de France ont vécu, de 1792 à 1996, deux

siècles d’une histoire mouvementée. En 1792, le dernier gardien ou

responsable du couvent de Paris était massacré. Cinq siècles d’histoire

franciscaine se terminent ainsi dans le sang à la Révolution. Toute

possibilité de vie religieuse dans la France de la Liberté, de l’Egalité et

de la Fraternité semble anéantie. En Belgique, la fermeture des couvents

par les commissaires français fin 1796 / début 1797 entraîne la dispersion:

les frères laïcs regagnent leur village natal pour y reprendre leur métier

; les prêtres assument dans des paroisses un rôle de curé, vicaire ou

chapelain.

Dès 1816, mais surtout à partir de 1850, des Franciscains reviennent du

Piémont à Nice, puis en Avignon et s’étendent jusqúen Bretagne. Ils comptent neuf maisons en 1880. Cette province se divise en deux en 1889.

Le drapeau belge de St-Joseph

Entre-temps, la Révolution belge et l’indépendance du pays en 1830 permet

en 1833 une modeste reprise de la vie franciscaine dans deux couvents

flamands. Ceux-ci passeront à quatre en 1842, date à laquelle Rome signe le

décret de fondation de la province belge de St-Joseph, qui ne comprend que

six Frères wallons. En 1851, le provincial fonde la première maison

franciscaine en Wallonie, à Montignies-sur-Sambre.

En France, le renouveau est amené d’Espagne par des frères qui ont fui les

troubles de 1834-35. L’un d’eux, le Père Arezo, a reçu de Rome une mission

de restauration. Il fonde une communauté à Saint-Palais (Pyrénées

Atlantiques) en 1851, puis d’autres à Amiens, Paris, Limoges, Bordeaux.

La maison d’Amiens n’avait que deux frères, un Français et un Espagnol. En

août 1852, le Père Arezo obtient du provincial belge l’envoi d’un renfort :

quatre religieux flamands, deux hollandais et deux wallons. Il faudra

attendre 1860 pour que soit érigée une province.

La période est féconde en vocations. Dans les trente premières années de la

restauration, on compte en France pas moins de 120 départs en mission :

pour la Terre Sainte, l’Amérique du Sud, la Chine. L’unique province belge

connaît aussi l’essor : création de nombreux couvents, fondation de maisons

en Angleterre et en Saxe, missions en Terre Sainte, en Chine, au Chili.

Après Ferry et Combes

Mais les décrets signés en France le 29 mars 1880 par le ministre de

l’Instruction publique Jules Ferry entraînent l’expulsion de tous les

religieux. Des Franciscains français partent en Terre Sainte, en Espagne,

aux Pays-Bas. D’autres, soucieux de garder les couvents, restent en

France… dans des appartements tout proches. Le noviciat s’installe en

Angleterre, où trois maisons s’ouvrent pour accueillir les Français: ils

seront 75 en 1884. Une branche essaime encore au Canada, où elle deviendra

florissante.

Puis, discrètement, la vie franciscaine peut à nouveau reprendre en France.

Des couvent peu à peu se rouvrent et un Chapitre provincial se tient à

Bordeaux dès 1882, en présence du supérieur général.

Une nouvelle province naît en Alsace-Lorraine, sous régime allemand en

1888, à partir de la fondation d’un couvent à Metz. Puis, en 1892, la

province St-Pierre, érigée en 1860, se divise : nord et sud.

Les expulsions des Lois du ministre Combes en 1903 auront des conséquences

dramatiques. Les Franciscains sont chassés de force de leurs couvents,

malgré les fréquentes manifestations de sympathie de la population. Nouvel

exode vers la Terre Sainte, la Chine et le Canada, dont l’expansion est

renforcée par les nouveaux arrivants. D’autres s’installent en Belgique,

avec un noviciat à Bastogne, tandis que se crée un Collège Séraphique dans

le Limbourg hollandais

Du sommet au renouveau

Ce n’est qúaprès la guerre de 1914-1918 que les provinces françaises se

reconstituent, les Séminaires s’ouvrent, l’apostolat se réorganise. A la

même époque, la province belge envoie des religieux au Congo, futur Zaïre.

Et en 1932, les frères francophones de la province belge, atteignant la

centaine, peuvent ériger une province autonome pour le sud du pays. Leur

nombre s’accroîtra jusqúen 1965 : 166 frères.

Jusque dans les années 50, les cinq provinces de France et la province de

Belgique-sud ont connu une période d’extension. Le concile Vatican II

(1962-1965), pourtant à l’origine d’un nouveau souffle pour la vie

religieuse, n’a pas enrayé le déclin des vocations. Les jeunes vocations

franciscains ont été rares dans les dernières décennies. Entre 1970 et

1990, la province de Paris est passé de 272 à 189 membres pour une région

allant de Lille à Orléans. L’ensemble des Provinces a connu une évolution

analogue.

Cependant, des signes de renouveau apparaissent. Ainis, le centenaire de la

naissance de François d’Assise en 1981-82, puis celui de sa soeur Claire en

1993-94 ont eu un retentissement dans l’ensemble de l’Eglise. Des jeunes

ont été attirés par les « routes » annuelles vers Assise. Des provinces se

sont associées pour ouvrir des noviciats et des lieux de formation communs.

« L’espérance d’une nouvelle vitalité commence à renaître », observe-t- on

aujourd’hui chez les Franciscains. « Les associations de provinces d’abord,

puis la fusion des six provinces francophones confirment l’importance d’une

évolution qui doit conduitre les Franciscains à l’aube du troisième

millénaire dans une perspective d’ouverture européenne et mondiale. »

(cip-fd)

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