poursuivre ses activités à Rome =
Rome, 3 avril 1996 (CIP)
Le Vatican a demandé à Mgr Milingo, un prélat africain en poste à Rome,
très populaire en Italie pour son activité de guérisseur et d’exorciste, de
ne pas exercer celle-ci sans l’accord des évêques locaux. C’est le cas à
Milan et dans d’autres diocèses. Il semble en revanche que ce ne soit pas
le cas à Rome.
D’abord publiée dans la presse italienne, l’information a été confirmée
mercredi dans un communiqué officiel qui précise que le Secrétaire d’Etat
du Vatican, Mgr Angelo Sodano, « à la demande de Mgr Emmanuel Milingo, et au
nom du Saint-Père », a adressé au prélat africain une lettre lui rappelant
« le principe général en vigueur dans l’Eglise selon lequel tout activité
pastorale et liturgique doit se dérouler en communion avec l’évêque du lieu
et sous sa coordination ». Mgr Milingo est « persona non grata » dans
plusieurs diocèses d’Italie. La mise au point vaticane intervient après que
l’archevêque de Milan, le cardinal Martini, lui a adressé une lettre
l’invitant à ne plus exercer ses activités dans son archidiocèse. Le prélat
guérisseur a fait publiquement état de l’intervention du cardinal de Milan,
pourtant faite à titre confidentiel, pour dire qúil se soumettrait,
suscitant une vive réaction de ses « fidèles » milanais. Ceux-ci font
actuellement circuler une pétition, qui a récolté en deux jours plus de
4.000 signatures, selon la presse italienne.
Originaire de Zambie, Mgr Milingo, 66 ans, fut évêque de Lusaka jusqúen
1983. A l’époque, le Vatican lui demanda de démissionner tant son action,
trop souvent liée à la vie politique, était controversée la- bas. Rome l’a
nommé « délégué spécial » du Conseil pontifical de la Pastorale des Migrants
et des Itinérants.
Il y a un an, Mgr Milingo avait déjà reçu un avertissement de la part de
l’archevêché de Milan, apparemment peu suivi d’effet, puisque le prélat
africain a continué à se rendre une fois par mois à Arluno, dans la
banlieue milanaise
Aujourd’hui, malgré les mises en demeure qui viennent de lui être adressées
à Milan et dans d’autres diocèses – Mgr Antonelli, secrétaire de la
conférence épiscopale, est également intervenu -, Mgr Milingo n’a pas
l’intention de renoncer à ses activités ailleurs, notamment à Rome. Selon
la presse italienne, en effet, il célébrera une messe le 6 mai à la
paroisse St-Antoine à Rome et est attendu à d’autres rendez-vous, le 16 mai
à l’hôtel Sheraton, toujours à Rome, et le 21 mai au château Odescalchi à
Bracciano (Rome). La princesse Maria Pace Odescalchi a pourtant démenti.
« J’ai parlé il y a longtemps avec Milingo de l’organisation éventuelle
d’une messe, mais aucune décision n’a été prise », a-t-elle assuré. Mgr
Milingo a déclaré de son côté: « Je suis et serai toujours obéissant à
l’Eglise, au pape et à mes supérieurs. L’attitude de nombreux évêques à mon
égard démontre cependant qúils sont inspirés par une culture juridique. Une
culture qui n’est pas la mienne. La mienne est avant tout une culture
biblique. » (cip-cs-jmg))
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