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Genève: plaidoyer du Saint-Siège à l’ONU en faveur de la tolérance
Un des piliers de la civilisation contemporaine (020496)
Genève, 2avril(APIC) Mgr Giuseppe Bertello, observateur permanent du
Saint-Siège au Bureau des Nations-Unies et des institutions spécialisées à
Genève, a lancé un vif plaidoyer pour la tolérance et la liberté religieuse, devant la Commission des Droits de l’homme de l’ONU actuellement réunie
à Genève.
Pour contrecarrer le pessimisme « dû aux antagonismes religieux, quelquefois entretenus politiquement », Mgr Bertello, attire l’attention sur l’importance de l’éducation à la tolérance en matière de liberté religieuse,
comme élément fondamental dans l’ensemble de la culture des droits de
l’homme. La tolérance n’a pas seulement un aspect « de passivité, d’acceptation non-critique, voire de syncrétisme », a-t-il affirmé; au contraire, elle est respect sincère des convictions religieuses des autres. Il s’agit de
cohabiter avec l’autre dans la diversité des opinions et des croyances, de
dialoguer pour connaître « la Vérité » et « d’en partager la recherche, non
d’en faire un sujet de guerre, ni de prononcer un jugement », a ajouté Mgr
Bertello.
La religion, conçue comme l’ensemble des liens – tant personnels que
communautaires – établis avec Dieu et comme un appel de l’Absolu lancé à la
conscience humaine, a expliqué le représentant du Saint-Siège, contribue à
« développer harmonieusement toutes les composantes de la personne humaine,
y compris celles relatives à sa dimension sociale ».
Il y a dix ans, la Commission des Droits de l’homme de l’ONU a nommé un
rapporteur spécial chargé d’examiner les incidents et les mesures gouvernementales incompatibles avec les dispositions de la Déclaration publiée en
1981 « sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction ». Depuis, divers rapports
ont brossé des « tableaux préoccupants ».
Le prélat a relevé cependant que les choses ont changé depuis 1981: certains, doutant de leur propre identité, se demandent si la religion a encore un rôle social à jouer; à l’opposé certaines réalités religieuses, telles qu’elles apparaissent aujourd’hui, préoccupent à la fois les Etats, les
Eglises, les organisations non-gouvernementales et toute personne de bonne
volonté. « On craint que la liberté religieuse ne devienne un facteur d’antagonisme et de division, susceptible de créer des troubles profonds allant
jusqu’à la déstabilisation sociale et politique ».
Deux situations d’ »intolérance intolérable »
La délégation du Saint-Siège signale à ce sujet deux situations « d’intolérance intolérable »: l’exploitation politique de la religion, « qui dresse
des segments d’une population les uns contre les autres, au lieu de pacifier leurs passions, leurs différentes ethniques, leurs idéologies ».
La seconde est le « manque de réciprocité » dans l’ouverture à ceux qui ne
pratiquent pas la religion de la majorité. Une anomalie maintes fois déplorée par le pape, récemment encore devant le corps diplomatique, comme une
« violation intolérable et injustifiable » de « la liberté humaine fondamentale, celle de manifester sa foi, qui est pour l’être humain sa raison de
vivre ».
En conclusion, Mgr Bertello s’est réjoui de voir la liberté religieuse
entrer de plein droit dans de nombreux documents internationaux et représenter « un des piliers de la civilisation contemporaine ». C’est un devoir
de la Commission des Droits de l’homme, a-t-il souligné, de veiller à ce
que les dispositions écrites passent dans la réalité de la vie des Etats,
car elles ne pourront que contribuer à la paix et au développement des peuples. (apic/cip/bol)
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