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Bethléem:Israël confisque des terres appartenant à des (010496)
familles chrétiennes pour une route en faveur des colons
Colère et frustration parmi les chrétiens de Terre Sainte
Jérusalem, 1eravril(APIC) «Le gouvernement israélien parle de paix à
l’extérieur mais confisque nos terres, c’est un coup de poignard dans le
dos de ceux qui militent pour la paix». Lundi, au Square de la crèche, devant la Basilique de la Nativité de Bethléem, un Comité appuyé par les
Eglises locales distribue des tracts en plusieurs langues devant une tente
installée sur la place. Il veut attirer l’attention du monde sur la politique du fait accompli des autorités israéliennes.
De nombreuses familles chrétiennes des localités de Bethléem, Beit Sahour et Beit Jala ont de la peine à contenir frustration et colère face au
nouveau projet du gouvernement israélien de leur prendre de force une centaine d’hectares pour une route devant desservir les colons juifs. Ils ont
fondé un Comité pour dénoncer les confiscations. Les Israéliens viennent en
effet d’annoncer leur intention de relier la localité d’»Abu Ghneim», au
sud-est de Bethléem, à Jérusalem, en coupant pratiquement l’agglomération
de Bethléem en deux.
«Certains vont perdre leur terrain, la route va même passer à travers
des maisons», a confirmé lundi à l’Agence APIC le Père Adib Zoomot, chancelier du Patriarcat latin de Jérusalem. Une partie de Bethléem sera déclarée
«zone verte» sur des centaines d’hectares, et personne ne pourra approcher
de cette nouvelle zone. Le Père Zoomot précise que ces terres sont situées
dans la «Zone C» du plan de paix et il craint qu’elles ne soient confisquées dans leur majorité avant que cette zone soit dévolue à l’Autorité palestinienne.
Les chrétiens palestiniens toujours plus minoritaires
«Nous, les chrétiens de Terre Sainte, sommes chaque jour plus minoritaires, et si l’on prend encore le peu de terrain qu’il nous reste, il n’y aura plus qu’à partir. C’est cela que veulent les Israéliens?», se demandet-on au Patriarcat latin. Dans un communiqué, le Patriarcat relève que la
confiscation de propriétés peut seulement provoquer l’opposition et nuire
au processus de paix». «Nous ne parvenons pas à comprendre ces attitudes
contradictoires: d’un côté on demande aux Palestiniens de faire la paix, de
l’autre on leur confisque leurs terres», écrit le Patriarcat latin, dont le
chef est Mgr Michel Sabbah.
Le Patriarcat souligne que de telles actions nourrissent l’extrémisme et
la violence. Il s’étonne également que cette décision intervienne au début
de la Semaine sainte et se demande si les autorités israéliennes n’ont pas
l’intention ultérieure de réduire la présence chrétienne et d’inciter les
citoyens chrétiens de Bethléem à émigrer en s’emparant de leurs terres.
«Nous, comme autorités religieuses, en appelons à la cohabitation, au
pardon, nous demandons à nos fidèles palestiniens d’oublier et d’essayer de
vivre en paix avec nos voisins, mais comment peut-on continuer de prêcher
la réconciliation alors que chaque jour ils nous rendent la vie plus difficile», s’exclame le Père Adib Zoomot. «Actuellement, je n’ai plus le courage de parler de paix, de demander à mes fidèles de patienter! Les Palestiniens ont le droit d’être traités comme des êtres humains…»
«Les Palestiniens sont à bout»
Avec la fermeture des territoires palestiniens, l’activité économique
est paralysée et le chômage grimpe en flèche. «On ne peut plus sortir, il y
a des familles qui jusqu’à présent n’avaient jamais rien demandé et qui
doivent maintenant se résoudre à venir quémander de la nourriture», déplore
le chancelier du Patriarcat latin. «Pour le moment, les gens contiennent
leur sentiment de révolte à l’intérieur, mais cela va éclater un jour, et
l’on ne sait pas comment cela va s’arrêter. Les gens sont à bout, conclut
le Père Zoomot; ils ont l’impression d’avoir été trompés et que la ’paix’
ne leur a rien apporté». (apic/be)
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