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France: La bonne santé du bouddhisme « made in France » (310596)
Lancement d’un trimestriel: « Actualité bouddhiste »
Paris, 31mai(APIC) Parce qu’elle estime que le « développement du
bouddhisme en France et son ancrage dans une modernité en pleine évolution
exigent une communication dégageant une vue d’ensemble », l’Union bouddhiste
de France (UBF) a récemment lancé le trimestriel « Actualité bouddhiste ».
L’UBF a été fondée en 1986 alors que le bouddhisme prenait vraiment racine en France. Il a commencé à le faire avec le bouddhisme Zen et les disciples du maître japonais Deschimaru. Puis avec les lamas tibétains et
bouthanais réfugiés en France. Ceux-ci ont fondé des centres de méditation
en Bourgogne, Dordogne, Savoie, Isère, Normandie, à Paris et Strasbourg.
Aujourd’hui le bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur
estime entre 500’000 et 600’000 le nombre de bouddhistes en France, dont
150’000 adeptes d’origine occidentale. Ces chiffres ne prétendent pas être
précis car, estime Bernard Lebeau, secrétaire général de l’UBF, « certaines
pagodes asiatiques préfèrent garder l’anonymat ». On estime par ailleurs à
200 le nombre de temples bouddhistes sur territoire français. Le plus grand
d’entre-eux, qui est également le plus grand d’Europe, est le temple dit
des « 1’000 lamas », en Bourgogne. Il est devenu très vite une curiosité,
avec 50’000 visiteurs l’an passé.
D’autres temples sont aussi devenus « célèbres », comme la pagode installée dans le bois de Vincennes. Les projets de constructions vont en outre
bon train. C’est le cas pour deux temples, l’un en région parisienne et
l’autre dans le Puy-de-Dôme, en attendant que le permis de construire soit
délivré pour un troisième bâtiment.
A la source de ce dynamisme: l’attirance de beaucoup d’occidentaux pour
le bouddhisme. Pourquoi? Bernard Lebeau discerne deux raisons: « Le
bouddhisme n’est pas dogmatique… Chacun est un bouddha potentiel; les
centres de méditation regroupent des gens qui viennent des quatre coins de
France ou d’Europe. Cela crée un climat de liberté auquel beaucoup de gens
sont sensibles ». La personnalité du Dalaï Lama n’y est pas pour rien non
plus. On ne compte plus les publications qui lui sont consacrées.
L’UBF, l’interlocuteur bouddhiste unique
L’UBF, présidée par Jacques Martin, docteur en physique et en biologie,
se définit comme l’interlocuteur bouddhiste unique, malgré la diversité des
ethnies, des cultures et des écoles du bouddhisme: des quatre écoles tibétaines au deux courants du zen en passant par le théravada, pratiqué par la
majorité des populations d’origine asiatique en France. L’UBF réunit 80%
des associations bouddhistes, dont le principal courant, le zen.
L’UBF se veut indispensable pour faire entendre la voix communautaire
bouddhiste et obtenir une reconnaissance officielle. Celle-ci s’est notamment faite via la reconnaissance légale par le Conseil d’Etat, en 1988,
d’une communauté religieuse tibétaine, la communauté « Karmé Dharma Chakra ».
Un précédent, puisque c’était la première communauté religieuse non-catholique reconnue officiellement depuis les lois de séparation de l’Eglise et
de l’Etat. De nombreuses autres communautés orthodoxes et bouddhistes ont
obtenu dans la foulée une reconnaissance légale.
Si l’Etat français a désormais établi un dialogue avec les bouddhistes
de France, et si l’UBF est régulièrement invitée à participer aux grandes
rencontres interreligieuses, l’épiscopat, de son côté, n’a créé aucune instance spécifique de dialogue avec le bouddhisme. « Une réflexion serait en
cours pour y remédier, croit savoir Denis Girad, qui enseigne le bouddhisme
à l’Institut catholique de Paris. « Dans les nouvelles structures mises en
place via le Comité épiscopal des relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux, que préside Mgr Bernard Panafieu, archevêque de
Marseille, il y a possibilité de le faire. A mon sens, dit-il, c’est absolument nécessaire. Mais rien d’officiel n’a filtré à ce jour ». (apic/jcnpr)
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