L'Eglise orthodoxe russe construit 3 églises par jour

Depuis 1988, il se construit 3 églises par jour sur tout le territoire de l’Eglise orthodoxe russe –  en Russie, en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie et dans d’autres pays où l’Eglise du Patriarcat de Moscou est présente.» En Russie même, on peut parler d’une église et demi ou de deux églises par jour», précise le métropolite Hilarion de Volokolamsk.

«Ce chiffre reflète la dynamique des 32 dernières années. A l’époque, l’Eglise orthodoxe russe n’avait que 6’500 églises, elle en possède aujourd’hui presque 40’000», a expliqué le «numéro 2» de l’Eglise orthodoxe russe, le 2 mai 2020, lors de l’émission «L’Eglise et le monde» (Tserkov’ i mir). Le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou est invité chaque semaine à l’occasion de cette émission diffusée sur la chaîne de télévision «Rossia-24».

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, ‘numéro deux’ du Patriarcat de Moscou | © Jacques Berset

Il existe un vrai besoin en banlieue

Si on construit beaucoup d’églises en Russie, ce n’est pas parce que quelqu’un en a donné l’ordre, ou que quelqu’un a intérêt à augmenter le nombre de bâtiments en construction, mais parce qu’il existe un vrai besoin, affirme-t-il. «On construit des églises là où vivent les gens. La situation est d’ailleurs paradoxale, parce que dans le centre historique des villes, il y a beaucoup d’églises, mais elles sont peu fréquentées parce que presque personne n’habite dans le centre, tandis que dans les ‘cités dortoirs’ il y a jusqu’à présent un manque réel d’églises».

«On le sentait avant l’introduction des mesures de quarantaine, des dizaines, des centaines, parfois des milliers de personnes venaient à l’église dans ces quartiers, et ne parvenaient pas à s’y entasser, au sens propre du terme. On construit parce qu’il le faut, parce que les gens veulent aller à l’église sans avoir besoin de faire un trajet d’une heure ou d’une heure et demi en métro ou autrement jusqu’à l’église la plus proche, pour pouvoir aller à l’église avec leurs enfants», rappelle le métropolite Hilarion.

De nouveaux paroissiens

Pour le moment, il n’y a plus de célébrations religieuses en présence des fidèles, seulement des offices en ligne. Ceux ayant perdu un proche et ne pouvant pas dire adieu au défunt lors d’une cérémonie religieuse, peuvent désormais assister aux obsèques par internet. Mais le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou pense qu’après la fin de la pandémie du Covid-19, l’Eglise reviendra à son mode de vie antérieure.

«La vie des communautés reprendra, les gens qui fréquentaient les églises y reviendront. Bien plus, je pense que nous aurons de nouveaux paroissiens, car j’observe que des gens tout à fait nouveaux se connectent à nos sites. Par exemple, nous avions organisé la retransmission des offices uniquement pour nos paroissiens, nous ne nous attendions pas à ce que d’autres personnes les regardent. Cependant, le nombre de ceux qui suivent nos offices en ligne dépasse de très loin le nombre de paroissiens. Cela veut dire qu’on nous a rejoints, et j’espère qu’au moins une partie de ces personnes se mettront à fréquenter les offices en temps réel lorsque les mesures de confinement seront levées». (cath.ch/mospat/be)

Jacques Berset

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