Message du pape pour la 106 Journée du migrant et du réfugié

Dans son message pour la 106e Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, publié le 15 mai 2020, le pape François invite à ne pas oublier le «drame souvent invisible que la crise mondiale causée par la pandémie du COVID-19 a exacerbé».

Dans son texte, le pape commente les Orientations pastorales sur les déplacés internes publiées le 5 mai, par la Section migrants et réfugiés du Dicastère pour le service du développement humain intégral. Le pontife a souhaité donner de la visibilité à cette initiative qui donne des solutions aux chrétiens pour venir en aide aux personnes forcées de migrer à l’intérieur de leur propre pays.

La crise sanitaire actuelle a mis en arrière-plan les initiatives de solidarité internationales avec les plus nécessiteux, les plaçant «au fin fond des agendas politiques», a déploré le pape. Parmi ces causes négligées, le «drame souvent invisible que la crise mondiale causée par la pandémie du COVID-19 a exacerbé» ne doit pas être oublié.

En plus des déplacés internes, le pape François a tenu à destiner aussi ce message «à tous ceux qui ont vécu et continuent de vivre des situations de précarité» à cause du coronavirus. Il a rappelé que cette solidarité avait déjà été soulignée dans la Constitution apostolique Exsul Familia du pape Pie XII au sortir de la guerre en 1952.

Sur le visage des migrants internes, les chrétiens sont «appelés à reconnaître le visage du Christ affamé, assoiffé, nu, malade, étranger et prisonnier», a demandé le successeur de Pierre. Face à ce défi pastoral, il a tenu à adjoindre six «paires de verbes» aux quatre axes établis en 2018 : «accueillir, protéger, promouvoir et intégrer» lors de la crise des migrants.

Six «paires de verbes» pour venir en aide aux migrants internes

Tout d’abord, il faut «connaître pour comprendre», a déclaré le pontife, par exemple en constatant que la «précarité dont nous avons fait l’expérience dans la souffrance à cause de la pandémie est un élément constant de la vie des personnes déplacées». «Trop souvent on s’arrête aux chiffres» et on oublie qu’il s’agit de «personnes», a-t-il déploré.

Il s’agit aussi de «se faire proche pour servir" car «les peurs et les préjugés» éloignent des autres. Il faut selon lui prendre des risques, comme «l’ont enseigné de nombreux médecins, infirmiers et infirmières ces derniers mois».  

«Pour se réconcilier il faut écouter» dans un monde où «les messages se multiplient, mais on perd l’attitude de l’écoute». La crise du coronavirus a plongé chacun dans un inquiétant silence qui a cependant «fourni l’occasion d’écouter le cri des plus vulnérables».

Voir les richesses de ceux qu’on sert

Il faut ensuite «impliquer pour promouvoir», a proposé ensuite le pontife, rappelant qu’on oubliait souvent de voir les richesses de ceux à qui on vient en aide. «La pandémie nous a rappelé combien la coresponsabilité est essentielle et que ce n’est qu’avec la contribution de tous – même des catégories souvent sous-évaluées – qu’il est possible d’affronter la crise».

Enfin, il faut «collaborer pour construire», sans se laisser «tenter par les jalousies». Là encore, la crise sanitaire est salutaire, ajoute le pape François, car elle montre l’importance de «la coopération internationale, la solidarité globale et l’engagement local».

Le pape François a conclu sa lettre par une prière inspirée de «l’exemple de saint Joseph» lorsqu’il a fuit en Egypte avec Marie et Jésus les persécutions du roi Hérode. (cath.ch/imedia/cd/mp)  

Maurice Page

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