apic/Vie Montante/Belgique/Congrès international
Belgique: 3e Congrès européen de « Vie Montante »
Les aînés ont un grand avenir (270596)
Louvain, 27mai(APIC) On entre de plus en plus jeune dans le troisème âge
de la vie. Et c’est désormais pour de longues années, avec une nouvelle vitalité. Jamais la société n’a connu pareille évolution. Oui, les aînés ont
un grand avenir, a montré le 3e Congrès européen de « Vie Montante », qui
s’est tenu à Vaalbeek (Louvain/Belgique)) du 20 au 23 mai. Une centaine de
délégués, venus d’une dizaine de pays, dont treize représentants de Suisse
romande, ont participé à ce congrès du mouvement qui s’adresse aux aînés
dans l’Eglise catholique.
Les aînés seront bientôt 12 millions en Europe, prépensionnés ou retraités. Aujourd’hui la vieillesse dure et se porte mieux. Elle a du temps devant soi et découvre même qu’elle n’en a pas assez pour réaliser mille et
un projets. Des croulants, les vieux? Pour la première fois dans l’histoire, les faits montrent exactement le contraire d’un déclin : pour 100 personnes de plus de 65 ans an 1992, il y en aura 150 en 2020 ; pour 100 personnes de plus de 75 ans en 1992, il y en aura 177 en 2020 ; et pour 100
personnes de plus de 85 ans en 1992, il y en aura 230 en 2020 ! Et à en juger par la proportion des personnes âgées selon le sexe, la vieillesse
réussit deux fois mieux aux femmes qu’aux hommes.
Commentés par le prof. A. Marcoen (KUL, Louvain), ces chiffres ont révélé aux congressistes un avenir encore plus grand et plus enthousiasmant que
les aînés ne l’imaginaient. Bien sûr, la vieillesse n’est pas identique
pour qui la traverse normalement et pour qui est cloué au lit ou au fauteuil, ou pour ceux que la sénilité amoindrit. Il y a donc un bien-être optimal à rechercher en société pour les aînés, compte tenu des multiples
aspects qui composent l’épanouissement d’un être: la santé, la psychologie,
le contexte familial et social, les relations, l’ouverture culturelle et
spirituelle…
Cultiver les capacités par la pratique
En attendant, les aînés ne manquent pas de capacités, que le prof. Marcoen leur recommande de cultiver par la pratique : dynamisme, mémoire, relations, compétences acquises et sagesse. Le professeur observe aussi que
les couples d’aînés font une expérience nouvelle de la tendresse et de
l’attention mutuelles, de la gestion de l’espace et de l’habitat, des relations avec leurs enfants et petits-enfants. Beaucoup d’aînés découvrent
d’ailleurs avec surprise que, dégagés des contraintes professionnelles, ils
manquent de temps libre, mais n’en sont pas fâchés : enfin, les voilà débarrassés du stress. Encore faut-il qu’ils trouvent à s’insérer dans la vie
sociale et surtout associative. Jamais « Vie Montante » n’a porté aussi bien
son nom en 35 ans d’existence : le spécialiste en attend une contribution
croissante pour aider les aînés à « grandir dans l’estime de soi ».
Un fruit à mûrir
Jérôme Vignon, de la Cellule « Prospective » attachée à la Commission Européenne, a prié les aînés de se considérer comme des Européens de demain.
Pas évident, certes, mais l’Europe non plus n’est pas une « naturelle », a
montré J. Vignon, pour qui les bouffées d’enthouisasme ne sauraient suffire
à construire l’Europe. L’Europe doit mûrir comme « le fruit d’une décision
délibérée par tous et s’incarnant dans la continuité, la tolérance et le
temps ». L’Europe reposera donc toujours sur une « volonté politique active ».
Volonté politique, mais aussi projet culturel et pas seulement visée
économique, devait poursuivre le haut fonctionnaire européen. Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’Europe, ne la convevait-il pas comme une
réponse à la guerre qui avait déchiré le continent et comme un projet de
réconciliation entre les peuples pour sortir de siècles de batailles ?
« Heureux les doux »
« L’avenir est aux cheveux gris ! ». A Vaalbeek, le cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a repris à son compte cette profession de
foi d’un orateur américain en l’appliquant aux aînés, dont la créativité et
l’engagement l’émerveillent. C’est notamment le cas dans l’Eglise, a-t-il
noté, en relevant combien les prêtres qui se raréfient avaient pu compter
sur les aînés dans le jeu de la coresponsabilité au sein des paroisses.
Et dans la société ? Alors que le XXe siècle qui s’achève voit triompher
les « valeurs dures » de l’efficacité, de la concurrence et de la compétitivité dans la vie économique, l’archevêque voit plutôt les aînés porteurs de
« valeurs douces ».
Les congressistes ont reçu le cardinal cinq sur cinq lorsqu’il leur a
dit combien l’Eglise comptait sur leur créativité et leur souplesse, sur
leur sens de l’histoire et des racines, sur leur recul et leur tolérance
afin d’offrir à l’époque actuelle un certain contre-point : de quoi éviter
l’épreuve du vide à des contemporains grisés par la vitesse essoufflée du
progrès. Bref, c’est pour un « sens » de la vie que les aînés sont précieux.
Y compris devant la mort : la sérénité des aînés peut beaucoup pour réconcilier la société avec la mort qu’elle fuit ou qúelle occulte.
L’avenir de « Vie Montante »
Fondée en France en 1962, la « Vie Montante » y compte aujourd’hui 250’000
membres. Dont plusieurs milliers en Suisse. Résolument branché sur l’avenir, ce 3e Congrès a confirmé la vocation prophétique d’un mouvement qui,
depuis ses origines, mise sur la spiritualité, l’amitié et l’engagement
personnel pour l’épanouissement de la « Vie Montante ». D’un pays à l’autre,
ces trois pôles se retrouvent dans chacune des équipes locales. Les membres, recrutés dans les paroisses, se réunissent une fois par mois pour méditer l’Evangile ou approfondir un sujet religieux et pour vivre un bon moment de convivialité. Chaque rencontre comporte un moment de prière, ou même une eucharistie, tant la spiritualité donne son âme à la vie du mouvement, comme l’a encore laissé entendre Mgr Le Bourgeois lors de l’eucharistie de clôture du Congrès à Louvain.
Le mouvement est cependant en quête d’une visibilité nouvelle. Non pour
défendre les intérêts du troisième âge : la « Vie Montante » répugne aux objectifs corporatistes. Mais pour faire progresser des réflexions sur des
enjeux, où le point de vue des aînés n’est pas négligeable. Ainsi, dans les
idées émises à Vaalbeek, certains se sont interrogés sur l’apport des aînés
au débat sur l’euthanasie : en Belgique, par exemple, pas moins de quatre
projets de loi ont déjà été déposés en la matière.
Tout au long du Congrès, les petits-enfants ont été présents dans les
échanges des grands-parents. « Les aînés savent qu’ils ont un rôle unique à
jouer pour aider les jeunes à construire un avenir différent ! », commente
le professeur Léon Cassiers, président de Vie Montante Wallonie-Bruxelles.
« Les aînés savent aussi que leurs petits enfants ont quelque chose à leur
apprendre. Et tous sont invités à changer leur regard sur les aînés : devenir vieux, ce n’est pas forcément entrer dans la nostalgie. C’est aussi entrer, pour la dernière période de sa vie, dans une phase inattendue de nouveauté et de créativité ». (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/apic-vie-montante-belgique-congres-international/