Rome, 24 mai 1996 (CIP)

Algérie: les trappistes savaient à quoi s’en tenir

Les moines du monastère de l’Atlas étaient conscients des risques qúils

prenaient et ils avaient choisi de rester, précise-t-on à la maison

générale des trappistes à Rome.

Le P. André Barbeau, secrétaire général des Trappistes, a précisé au micro

de Radio Vatican que l’intégration des religieux dans les pays où ils sont

en mission peut les conduire à ne pas considérer comme les concernant les

appels à rentrer au pays adressés par les gouvernements à leurs

ressortissants. Au Zaire, la congrégation a cependant dû récemment évacuer

une Trappe. Dans ce domaine, ce n’est pas au Vatican d’intervenir: chaque

congrégation donne ses propres consignes, a-t-il indiqué. Les moines de

Medea s’étaient eux-mêmes prononcés par vote à bulletin secret et avaient

choisi de rester « en connaissance de cause ».

Le Père Christian, Supérieur des frères, écrivait à l’abbé général, Dom

Bernardo Olivera, à la suite de l’assassinat de deux religieuses en

septembre 1995 que « les membres restants » de « cette toute petite Eglise »

ont « tous conscience que la logique de peur présence doit inclure désormais

l’éventualité d’une mort violente. C’est pour beaucoup comme une plongée

neuve et radicale dans le charisme même de leur congrégation et aussi un

retour à la source du premier appel », déclarait-il.

Si l’assassinat des sept moines était confirmé, le lourd bilan serait,

depuis 1993, de 39 Français tués en Algérie, dont 18 religieux. Si la

nouvelle est confirmée, le pape ne manquera pas d’envoyer un télégramme et

de prendre position, comme il le fait souvent sur l’actualité brûlante,

lors du Regina Caeli du dimanche.

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/algerie-les-trappistes-savaient-a-quoi-s-en-tenir/