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Suisse:Heureux changement de look pour le magazine «Bethléem»(220596)

La revue missionnaire fête cette année son centenaire

Fribourg, 22mai(APIC) A l’occasion de son 100e anniversaire, la revue

missionnaire «Bethléem» s’est véritablement métamorphosée. Elle se présente

désormais comme un magazine à l’allure moderne, avec une mise en page aérée, de nouvelles rubriques et un nouveau format (A4). Une nécessité vitale

pour gagner un lectorat plus jeune et enrayer la chute des abonnements passés de 70’000 à 56’000 en moins de quinze ans.

Ce changement de «look», préparé avec soin dans chacune des régions linguistiques de la Suisse, a été présenté mercredi au siège de la rédaction

française du magazine «Bethléem», au Chemin de l’Abbé Freeley 18, à Fribourg. Jean Widmer, professeur à l’Institut de Journalisme de l’Université

de Fribourg – dont deux étudiants ont consacré leur mémoire de diplôme à la

revue – a constaté que l’ancienne version «avait mal à sa peau».

Se rapprocher d’un nouveau lectorat

Le nouveau style permettra peut-être de se rapprocher d’un nouveau lectorat, moins structuré par l’organisation ecclésiale. J. Widmer a salué

l’audace de «Bethléem» de chercher à rejoindre le public laïcisé en empruntant aux magazines modernes leur langage et leur mise en image.

A l’entrée dans son deuxième siècle d’existence, «Bethléem» a choisi de

ne plus être une revue à l’aspect désuet, habituée au bourrage de pages,

visant les seuls pratiquants ou bienfaiteurs, souvent assez âgés. «Une telle revue était condamnée à s’étioler, or le catholicisme se veut une religion dynamique, d’ouverture et de respect de l’autre», a constaté Paul Jubin, membre de l’équipe rédactionnelle.

Outre son plus grand format, ses 48 pages (au lieu de 40) et la richesse

de ses illustrations en couleurs, la revue a dit adieu au mélange des thèmes en structurant les différentes rubriques qui paraîtront désormais aux

mêmes endroits et dans la même présentation. Le dossier d’une vingtaine de

pages de ce premier numéro nouvelle formule est consacré à la Bolivie «sous

le vent âpre du néolibéralisme». Il contient également le récit d’un conteur et essayiste bolivien, un éclairage sur l’actualité (tensions entre la

Chine et Taïwan), une «carte blanche» à un invité, des «news», un portrait,

une rubrique culturelle et une rubrique services au lecteur (forum, annonces, lettres d’outre-mer, questions des lecteurs, etc.)

«’Bethléem’ veut s’éloigner du style ’petite revue missionnaire’, pour

devenir un magazine de dialogue entre les Eglises et les cultures sur la

base des valeurs chrétiennes», affirme pour sa part le Père Bruno Holtz,

responsable de la rédaction. Dans un premier temps, l’ambition de «Bethléem» est de maintenir son lectorat (l’édition française compte 8’270 abonnés, soit un recul de 5% ces deux dernières années) avant même de songer à

développer le tirage. Pour ce faire, 30% des rentrées fournies par les

abonnements – qui servent uniquement à couvrir les frais de production et

d’envoi de la revue, mais pas les salaires – vont être réinjectées dans le

marketing. La Société des Missionnaires de Bethléem ne considère cependant

pas son magazine comme une affaire commerciale. C’est, selon Paul Jubin,

«une base de réflexion, de conscientisation et d’engagement dans l’Eglise

et dans la société d’aujourd’hui». (apic/be)

Encadré

Un apport «latin»

L’apport «latin» est bien marqué dans le nouveau concept, se réjouit le Jurassien Paul Jubin, membre de la rédaction de «Bethléem» à Fribourg. Plusieurs nouvelles rubriques – Portrait, Culture, Carte Blanche – ont été en

effet suggérées par les rédacteurs romands. Pendant longtemps, la revue

était conçue essentiellement en Suisse alémanique (où elle paraît sous le

nom de «Wendekreis»). Ses articles étaient traduits tant en français qu’en

italien (pour la revue «Betlemme»).

Depuis que la rédaction s’est étoffée ces dernières années tant à Fribourg qu’à Lugano, les sensibilités régionales ont été mieux prises en

compte. Avec la nouvelle formule, le dossier du mois et différentes rubriques (constituant les 2/3 de la revue) sont préparés et édités en commun

par les trois équipes régionales d’Immensee (Schwytz), Lugano et Fribourg.

Les dossiers des régions romandes et tessinoises se retrouvent désormais

dans le pendant alémanique de «Bethléem».

Quant à l’avenir, la revue «Bethléem» – qui n’a pas (encore?) eu l’audace d’adopter un nom plus évocateur dans le contexte d’aujourd’hui – reste

ouverte à la collaboration avec d’autres instituts missionnaires. «A certaines conditions toutefois, relève Paul Jubin, car nous avons le sentiment

d’avoir atteint, tant dans la forme que dans le fond, un certain niveau de

qualité, une présence de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui, dans la

modernité». Pas question donc de revenir au concept traditionnel de la revue missionnaire «nombriliste» au service des seuls membres de la congrégation et destinée à collecter des fonds pour ses projets particuliers.

(apic/be)

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