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apic/Genève/ ENPG

Genève: L’Eglise nationale protestante envisage de profondes réformes

Faire mieux avec moins de moyens (220596)

Genève, 22mai(APIC) Confrontée depuis plusieurs années à un déficit chronique et à une baisse de la pratique religieuse, l’Eglise nationale protestante de Genève (ENPG), héritière directe de Calvin, doit envisager une

profonde réforme structurelle. Les grands axes en ont été présentés mardi à

Genève devant 4 à 500 personnes.

L’objectif principal est de décloisonner les divers secteurs et services

de l’ENPG. Après une large phase de consultation à tous les niveaux, puis

une décision formelle du Consistoire, les premières mesures pourraient entrer en vigueur à fin 1997. Dans la foulée, l’Eglise nationale protestante

pourrait même changer de nom.

Aujourd’hui l’ENPG c’est 44 paroisses, 19 ministères cantonaux, 116 ministres, et un déficit annuel de 2 millions de francs sur un budget de 18

millions. Déficit qu’elle couvre en puisant dans les réserves ou en vendant

des biens. Une situation qui ne peut perdurer.

Paroisses et ministères cantonaux sont chacun dirigés par un conseil qui

délègue un représentant au Consistoire (80 membres). Le Consistoire nomme

le Conseil de l’Eglise, organe excécutif de l’ENPG. Une vingtaine de commissions spécialisées dépendent de ces deux organes. A cette structure

s’ajoute encore la Compagnie des pasteurs et des diacres. Au total les reponsabilités de l’ENPG sont réparties sur un millier de sièges qu’occupent

environ 700 personnes.

Trois systèmes possibles

La Commission «Mission de l’Eglise» désignée par le Consistoire en novembre 1995 a développé trois modèles de réforme possible.

Le premier projet parle d’»Eglise en réseau». Il propose la création

d’une vingtaine de «lieux de proximité» orientés vers la vie communautaire

et la célébration du culte; de «lieux d’ouverture» destinés à la solidarité

et à l’accompagnement et enfin de «lieux d’animation et de formation» pour

les enfants, les jeunes et les adultes. Ces lieux sont gérés par des «équipes de rassemblement» groupant laïcs et ministres des divers secteurs.

L’autorité de l’Eglise reste dans les mains d’un Consistoire réduit (40 à

45 membres). Le Conseil de l’Eglise et la Compagnie des pasteurs gardent

l’essentiel de leurs prérogatives.

Le projet «décloisonner» prévoit la création d’une quinzaine de

«communautés protestantes» appelées à remplacer les 44 paroisses et 19

ministères cantonaux actuels. Leur mission regrouperait une pastorale

géographique née de la réunion de plusieurs paroisses et une pastorale

spécialisée au niveau cantonal assumée au nom de toute l’Eglise. A la tête

de ces entités, qui pourraient être dotées de 3 à 5 postes de pasteurs, se

trouverait un conseil de communauté formé majoritairement de laïcs.

Les tenants du projet «Ouverture» sont allés moins loin dans leur démarche, se contentant de donner quelques principes et indications et en souhaitant l’appel à des consultants extérieurs. Parmi les principes, la préoccupation constante des attentes et besoins de la population est prioritaire. Cela exige des agents pastoraux une formation spécifique dans le domaine de la relation, sans pour autant faire des pasteurs des psychologues

ou des assistants sociaux. Pour favoriser le contact avec la réalité vécue

par la population, le projet propose que les pasteurs et diacres travaillent à temps partiel hors de l’Eglise. Enfin l’appel à des consultants extérieurs doit permettre d’avoir la distance critique qui risque de manquer

aux gens trop impliqués dans les structures de l’Eglise.

La dernière des réformes, et peut-être pas la moindre au niveau symbolique, concerne le nom de l’Eglise genevoise. La commission estime qu’il faut

faire le deuil du terme «nationale» qui ne correspond plus à la mission actuelle de l’Eglise. Elle propose soit Eglise réformée de Genève, soit Eglise réformée à Genève ou encore Eglise protestante de Genève. (apic/mp)

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