apic/Maribor/ Jean Paul II
Maribor: « L’heure de vérité a sonné pour l’Europe » (190596)
Jean Paul II invite à lutter contre la superstition et la magie
Maribor, 19mai(APIC) « L’heure de vérité a sonné pour l’Europe ». A Maribor, dernière étape de son voyage en Slovénie, le pape Jean Paul II a mis
en cause la « dangereuse dérive sceptique » du vieux continent qui doit aborder sous un angle nouveau le rapport entre christianisme et culture afin de
sortir de sa profonde crise culturelle. L’Eglise doit en particulier lutter
contre la fascination de l’occulte, de la superstition et de la magie, a-til souligné devant les 100’000 participants à la messe.
Rencontrant le monde de la culture quelques heures avant son départ,
Jean Paul II a rappelé qu’après le vide laissé par les idéologies et après
le réveil significatif de la mémoire des racines, l’heure de vérité a sonné
pour l’Europe. « Les murs se sont écroulés, il n’y a plus le rideau de fer,
mais le défi du sens de la vie, et de la liberté reste plus fort que jamais
dans l’intimité des intelligences et des consciences. Comment ne pas voir
que l’interrogation sur Dieu est au centre de ce problème? » se demande Jean
Paul II.
Soit l’homme se considère comme crée par Dieu, ce qui lui ouvre d’immenses possibilités, mais lui impose des devoirs précis, soit il refuse cette
vision et il s’abandonne à toutes sortes d’impulsions, se repliant dans le
narcissisme et l’hédonisme, explique le pape.
Pour Jean Paul II la chute des grandes idéologies a mis à rude épreuve
l’optimisme d’un certain humanisme laïc qui a longtemps dominé la scène
culturelle. « Aujourd’hui la tentation dominante n’est plus celle de tout
vouloir fonder sur la seule raison, mais plutôt celle de renoncer à toute
fondation, quelle qu’elle soit, pour se laisser aller à une dangereuse dérive sceptique marquée par la lassitude et la frustration. »
La crise culturelle pousse de nombreux scientifiques à penser aujourd’hui que science et foi ne peuvent plus s’ignorer et qu’il faut construire des ponts entre l’une et l’autre. Le scientisme a vécu, conclut Jean
Paul II. Science et foi ne s’opposent pas, elles se fécondent.
Le pape a appelé les Slovènes à travailler sur trois pistes: la défense
de la foi et des valeurs chrétiennes chez les jeunes; la reconnaissance de
la place de la foi et de l’Eglise dans la vie publique et la préservation
de la culture nationale. A l’heure où les relations Eglise-Etat sont difficiles en Slovénie, Jean Paul II souligne que la place de l’Eglise dans la
vie publique est non seulement une exigence de la justice dans un Etat de
droit, mais une des conditions de la sauvegarde de l’identité du pays.
Juste avant la rencontre, le pape s’est d’ailleurs reccueilli sur la
tombe de Mgr Anton Martin Slomsek, évêque de Maribor (1800-1862), haute figure de la culture slovène et pionnier de l’oecuménisme, dont les Slovènes
attendent la béatification.
Le monde a besoin de saints
Lors de la messe de dimanche matin sur l’aéroport de Maribor à laquelle
assistaient 100’000 personnes, Jean Paul II a insisté sur la nouvelle demande spirituelle de la société contemporaine. « Notre époque est marquée
par de surprenantes découvertes scientifiques et technologiques, pas assez
par des saints ». Sans le Christ, relève Jean Paul II, toutes ces conquêtes
restent insignifiantes, voire dangereuses parfois. « Notre époque demande
des personnes matures qui ayant compris la valeur de la sainteté, cherchent
à la réaliser dans la vie quotidienne. »
Pour le pape l’attrait actuel pour les questions occultes manifeste un
profond besoin de saints. Car les personnes qui se lancent dans ces recherches interprètent mal un besoin qui est celui de sentir la présence de
Dieu. Jean Paul II ajoute: « Les superstitions et la magie attirent de nombreuses personnes qui sont en recherche de réponses simples et immédiates
aux problèmes complexes de l’existence. Pour ces personnes en recherche,
précise le pape, les saints constituent un point de référence accessible et
sûr ». (apic/jean-marie guénois/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse