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Louvain-la-Neuve: Les stéréotypes ont encore « de beaux jours » devant eux
Un obstacle aux relations humaines et culturelles (140596)
Louvain-la-Neuve, 14mai(APIC) Dans la société actuelle, les images occupent une place importante. Ce qui est offert à l’oeil entraîne des représentations mentales qui peuvent être très innocentes, mais aussi véhiculer
de la propagande en tous sens. Par ailleurs, les relations humaines, surtout quand elles mettent en présence des personnes de cultures différentes,
se heurtent à l’obstacle des préjugés et des stéréotypes.
C’est pour rencontrer cette question que le Centre Vincent Lebbe de la
Faculté de théologie de Louvain-la-Neuve, en Belgique, a organisé récemment
un colloque intitulé « Relations personnelles et représentations ». Dans une
faculté où 48% des étudiants sont des non-Belges et où 24 nationalités se
côtoient, la question mérite d’être approfondie: comment tirer le meilleur
parti possible de cette pluralité interculturelle?
Tintin au Congo
Le professeur Jean Pirotte, spécialiste de l’étude des images, a souligné le lien entre l’image que l’on voit et la représentation que l’on se
fait. Il a ensuite présenté le stéréotype comme une forme simplifiée de
l’image: il exprime en même temps la peur de l’autre – « l’autre » pouvant
être le patron, le Flamand, le rural, le protestant… – et l’affirmation
de soi-même. Caractéristique du stéréotype: il est ambigu, comporte des
éléments positifs et négatifs, il évolue très lentement et il a un réel
pouvoir sur les comportements, pouvant même alimenter les violences.
L’orateur a donné quelques exemples. « Tintin au Congo » (1930) présente
une image très valorisante du missionnaire. Par contre, quelques années
plus tard, un disciple du Père Lebbe (sic) a attiré l’attention d’Hergé sur
les risques de caricature dans la présentation des Chinois, ce dont le père
de Tintin tiendra effectivement compte. Autre exemple « missionnaire »: quand
les évangélisateurs de Madagascar ont dit aux habitants du pays qu’ils ne
voulaient pas prendre leurs richesses, mais bien « gagner leurs coeurs », les
Malgaches ont cru que les missionnaires « prenaient les coeurs ».
Attitude critique nécessaire
Face à la multiplication des images et aux possibilités de manipulation
que donnent les techniques actuelles, Jean Pirotte a insisté sur la nécessité d’adopter une attitude critique. Le charme et la vraisemblance des
images rendent le décodage de plus en plus indispensable.
Comme autre cas de stéréotype, Hilaire Mbiye Lumbala, doctorand zaïrois
en communication, a présenté une analyse de quatre bandes dessinées. Editées par l’AGCD, l’administration belge de la coopération au développement,
elles avaient pour but de présenter l’Afrique à des Européens. Pensées par
un auteur du Nord, elles ont été dessinées par un Africain, mais ce dernier
a repris à son compte les stéréotypes du producteur: l’Afrique est mal développée et l’Europe, bon Samaritain, l’aide à sortir de ses difficultés.
L’attention des participants s’est ensuite déplacée vers le continent
américain. Le jésuite Pablo Mella (République Dominicaine) aborde plus précisément la question des Noirs américains. Celle-ci n’a émergé que lentement dans la conscience latino-américaine. Au niveau épiscopal, il faut attendre la Conférence de Saint-Domingue (1992) pour qu’il soit clairement
question des Afro-Américains. A la même époque, un rapprochement s’opère
entre Noirs et Amérindiens: ils refusent tous deux l’écriture officielle de
l’histoire faite par les Occidentaux. (apic/cip/pr)
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