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Rome: Jean Paul II béatifie trois hommes et trois femmes (120596)

Parmi eux le cardinal Schuster, archevêque de Milan

Rome, 12mai(APIC) Les serviteurs et servantes de Dieu beatifiés ce dimanche par Jean-Paul II sous la fine pluie de la Place Saint-Pierre sont au

nombre de six, trois hommes et trois femmes: un cardinal, deux prêtres et

trois religieuses. Trois d’entre eux ont fondé une nouvelle Congrégation

religieuse.

Alfredo Ildefonso Schuster (1880-1954) qui fut Abbé bénédictin de la basilique majeure romaine de Saint-Paul hors-les-murs, puis archevêque de Milan de 1919 à 1954, a d’abord été un homme de prière, d’étude et d’action

qui ne chercha que le salut spirituel de son peuple. Dans son homélie,

Jean-Paul II a rappelé les paroles du futur Paul VI, Mgr Giovanni Baptista

Montini, alors lui-même archevêque de Milan, et qui introduit la cause de

béatification du cardinal Schuster, son prédécesseur immédiat. « Esprit de

prière et de contemplation » qui a sa source, souligne le pape, dans la tradition bénédictine dans laquelle il a été formé, et en particulier dans la

méditation des Saintes-Ecritures ». Le pape conclut: « il continue encore aujourd’hui à indiquer à tout prêtre et à toute personne appelée à travailler

à la vigne du Seigneur, la valeur suprême de l’amour envers Dieu, fondement

de la communion fraternelle et de l’apostolat ». Jean-Paul II cite Alfredo

Schuster: « A la fin, ce qui compte, pour la vraie grandeur de l’Eglise et

de ses fils, c’est l’amour ».

Il parvient à éviter les bombardements prévus sur Milan

La cause du cardinal italien a connu des ralentissements, en raison de

ses prises de positions jugées favorables, dans sa première phase, au régime de Mussolini, et en particulier lors de l’invasion de l’Ethiopie en

1935. Vers la fin de la dernière guerre mondiale, il exhorta Mussolini à se

rendre et ce fut lui qui sauva Milan de la destruction en parvenant à éviter les bombardements prévus par les alliés.

Né en 1880, entré jeune chez les bénédictins, Schuster est ordonné prêtre à 24 ans, en 1904, avant de se spécialiser en histoire, en liturgie, en

archéologie et en musique sacrée. Il aurait voulu une vie cachée. Ses talents lui font exercer de plus en plus de responsabilités dans l’Eglise y

compris celle d’Abbé du monastère romain de Saint-Paul Hors-les-murs, et,

en 1929, Pie XI le nomme archevêque de Milan, responsabilité qu’il assumera

jusqu’à sa mort en 1954.

L’éloge du cardinal Montini

Dans une entrevue à Radio Vatican, le cardinal Carlo Martini, archevêque

actuel de Milan, a souligné l’importance du message spirituel du cardinal

Schuster pour l’Eglise ambrosienne: « sainteté, zèle pastoral, et charité ».

« Il fut l’homme des cinq visites patorales de cet immense diocèse. Tout

cela démontre une charité héroique, surtout dans les années de la guerre,

des bombardements, des luttes partisanes. » La source de ce zèle: Il est

l’homme de l’éternité, du mystère du Christ, de la liturgie, de la prière

prolongee ». N’écrivait-il pas: « A Milan, on travaille beaucoup, mais on

prie peu! » Il fallait, pour Schuster, « retourner à Dieu ». « Imitez-les

saints! » répétait-il au clergé diocésain.

Les saints évêques de Milan durant 60 ans

Le cardinal Ferrari, qui fut également archevêque de Milan. a été également proclamé bienheureux il y a quelques années et la cause du cardinal

Montini-Paul VI, a été introduite. « Cela veut dire, commente le cardinal

Martini, qu’en un siècle, le diocèse a été dirigé par des saints pendant

plus de 60 ans. » Il s’agit dès lors « de vivre dignes de ce grand don de

Dieu, qui devient communion des saints, grâce répandue dans les paroisses,

dans les prêtres qui ont été ordonnés par ces saints évêques, et dans leur

enseignement, leurs lettres pastorales, leurs décrets. » Et de conclure:

« L’Eglise est construite avec le ciment de la sainteté ».

En faveur de sourds-muets

L’existence de Filippo Smaldone (1848-1923), prêtre, fondateur de la

Congrégation des soeurs salésiennes des Sacrés-Coeurs en faveur des sourdsmuets, fut marquée, souligne Jean-Paul II par « une constante attention aux

pauvres et un extraordinaire élan apostolique ». Apôtre du Mezzogiorno il

prit particulièrement soin de l’éducation des sourds et mal-entendants pour

travailler à leur insertion dans la société. De là l’idée d’offrir pour les

oeuvres du Saint-Père des prothèses acoustiques, plutôt que tout autre don.

Jean-Paul II l’appelle « perle du clergé meridional ». Stimulant à témoigner

« de l’Evangile de la charité »: c’était précisement le thème du Congrès de

l’Eglise d’Italie à Palerme.

Le Père Gennaro Maria Sarnelli (1702-1744), prêtre, fondateur de la

Congrégation du Très Saint Rédempteur, entretenait « une intime communion

personnelle avec le Christ, et ce fut la source constante de son infatigable zèle pastoral. Ami et collaborateur de saint Alphonse de Ligori, il eut

une sensibilité particulière au sort des pauvres. Ecrivain, conseiller,

guide spirituel, il employa aussi des nouveaux moyens d’évangélisation,

souligne Jean-Paul II: un exemple aussi pour notre temps.

Educatrice de l’enfance et de la jeunesse

« Moi pour Dieu seul » disait dès sa jeunesse Candida Maria de Jesus Cipitria y Barriola qui vécut cent ans (1845-1945). Fondatrice de la Congrégation des filles de Jésus, disait à sa mort: « De mes 40 ans de vie religieuse, je ne me souviens pas d’un seul moment qui n’ait été pour Dieu ». La

Congrégation qu’elle fonda est dédiée à l’éducation chrétienne de l’enfance

et de la jeunesse. Elle dit à une des élèves d’un collège « Tu seras fille

de Jésus ».

Cette jeune fille était Maria Antonia Brandes y Elosegui qui mourut

avant elle (1898-1919) et qui est aujourd’hui également béatifiée. Catéchiste, formatrice d’ouvrières, « elle passa sa brève existence, souligne le

pape, à exercer la compassion, aimer et servir les autres ». « Unie au Christ

pendant sa maladie, elle nous a laissé un exemple éloquent de participation

à l’oeuvre salvatrice de la Croix », conclut Jean-Paul II.

Service silencieux des malades

Maria Raffaella Cimati (1861-1945), de la Congrégation des soeurs hospitalières de la Miséricorde, passa sa vie dans le service silencieux des malades. « Elle vécut, souligne le pape, avec esprit de sacrifice et de disponibilité toujours prête pour les humbles fonctions quotidiennes, et toujours à l’écoute de ceux qui recouraient à elle. Modèle de « féminité pleinement accomplie dans le don de soi », elle a témoigné de « l’espérance évangélique » et révèle ainsi le visage de Dieu riche en miséricorde. (apicimed/ba)

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