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Violations des droits de l’homme au Guatémala et complicité de la CIA

Près de 40 jours de « combat » pour Soeur Ortiz afin obtenir

la vérité sur les tortures et le viol subis au Guatémala en 1989 (100596)

New York, 10mai(APIC) La religieuse catholique américaine, Dianna Ortiz,

qui s’était installée, le dimanche des Rameaux, le 31 mars, devant la Maison-Blanche, a décidé de mettre un terme à sa « veille de protestation »,

mais elle est décidée à poursuivre son combat pour obtenir des informations

sur les violations des droits de la personne au Guatemala et sur le rôle

complice des Etats-Unis.

En décidant le 6 mai de mettre fin à sa veille de protestation de près

de 40 jours, elle a annoncé qu’elle allait poursuivre en justice la CIA

(Central Intelligence Agency/ Agence centrale de renseignements), le département de la Défense et le FBI (Federal Bureau of Investigation/Bureau fédéral d’enquêtes), ainsi que le Département d’Etat, pour obtenir des informations sur la situation des droits de l’homme au Guatemala, en particulier

sur les tortures et le viol dont elle fut la victime il y a 7 ans alors

qu’elle était missionnaire au Guatémala.

Dianna Ortiz, âgée de 37 ans, de l’ordre des ursulines, a fait la une de

plusieurs médias qui ont couvert « sa veille silencieuse pour la vérité » devant la Maison-Blanche. A ses côtés, une pancarte, sur laquelle on pouvait

lire: « Qui est Alejandro? ». Sa rencontre avec Hillary Clinton, épouse du

président des Etats-Unis, n’est pas passée inaperçue non plus.

Dianna Ortiz, qui était missionnaire au Guatemala, a rapporté qu’elle

avait été enlevée en 1989 par des membres des forces de sécurité qui l’ont

torturée et violée. Lorsque celui qu’ils traitaient comme leur chef, un

certain Alejandro, est arrivé, il a ordonné à ses bourreaux d’arrêter les

tortures parce qu’elle était américaine, a-t-elle expliqué. Admettant que

son enlèvement avait été une « méprise », le dénommé Alejandro lui a demandé

d’oublier tout ce qu’elle avait vu dans le camp où elle était retenue.

La promesse de l’épouse du président

Or, cet homme s’exprimait avec un fort accent américain, et « j’ai toujours pensé que si je pouvais l’identifier, je pourrais aussi conna?tre le

nom de ceux qui m’ont torturée », a affirmé Soeur Ortiz.

La religieuse est déjà parvenue à obliger le gouvernement à remettre

certains documents sur le Guatemala. Mme Clinton, photographiée avec Dianna

Ortiz le 4 avril, a promis que « même les informations classées secrètes me

seraient remises », a déclaré la missionnaire.

Selon l’Agence de presse oecuménique ENI, Patricia Davis, de la Commission des droits de la personne au Guatemala, rapporte que le Département

d’Etat américain avait remis des documents (plusieurs milliers de pages) le

3 mai à Dianna Ortiz ainsi qu’à d’autres victimes. Ces documents pourraient

être rendus publics prochainement, dit-on.

Selon un porte-parole du Département d’Etat, les documents ne contiennent aucune preuve de la présence d’un fonctionnaire des Etats-Unis lorsque

Dianna Ortiz a été torturée. Mais, a fait observer cette dernière, deux pages ont été arrachées du seul document qui semble faire référence à Alejandro.

Par ailleurs, selon elle, ces documents indiquent que l’ambassade des

Etats-Unis au Guatemala a fait preuve de parti pris à son encontre. Elle a

cité entre autres un document sur lequel un membre de l’Ambassade, Sue Patterson, avait écrit: « Une des croix que nous avons à porter ici est le cas

de soeur Dianna Ortiz… un grand problème politique pour le gouvernement

guatémaltèque parce qu’ici tout le monde croit plus une religieuse que le

gouvernement. Sur ce cas, comme tous ceux qui connaissent bien cette affaire, je ne la crois pas – car il y a trop de contradictions dans ce qúelle

dit ».

Or, pour Dianna Ortiz, c’est l’attitude de l’Ambassade qui est « contradictoire et, en fait, décevante, car, dit-elle, « elle n’accorde aucune importance à mon cas, et en secret, elle fait tout pour saper ma crédibilité ». (apic/eni/pr)

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