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New York: Mgr Tauran succède à Jean-Paul II à la tribune de l’ONU
Pour souligner l’»orientation éthique» de l’Organisation (090596)
New York, 9mai(APIC) Le discours prononcé par Jean-Paul II à l’ONU le 5
octobre dernier pour le 50e anniversaire de l’Organisation a fait l’objet
d’un séminaire de travail mercredi au siège de New York. L’occasion pour
Mgr Jean-Louis Tauran, numéro 2 de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège,
de souhaiter que l’ONU soit «ce laboratoire des impératifs universels qui
permettent de bâtir la paix, le développement, la solidarité et finalement
l’unité de la famille humaine».
Mgr Tauran a rappelé les grandes affirmations du discours prononcé par
le pape le 5 octobre dernier à New York. Soulignant que la recherche de la
liberté est autant le fait des nations que des individus, le pape y avait
plaidé pour «le droit des nations». Et cconstaté que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948 traitait de manière éloquente
des droits des personnes, alors qu’il n’existe pas encore d’accord international analogue qui traite des droits des nations dans leur ensemble.
«Une telle suggestion ne peut qu’interpeller la curiosité des intellectuels comme la créativité des praticiens du droit. Il faudra sans doute en
délimiter les contours et bien cibler le contenu d’une Charte de ce type»,
a indiqué Mgr Tauran. Le chef de la diplomatie du Saint-Siège a souligné à
ce propos que le droit à l’autodétermination des peuples, proclamé par la
Charte des Nations Unies, «devrait naturellement trouver place dans un tel
document, tout en observant cependant que l’»autodétermination» ne conduit
pas automatiquement à la création d’Etats nouveaux».
Si le pape a voulu lancer cette proposition à l’ONU, selon Mgr Tauran,
c’est qu’il voit dans cette institution «un centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune
d’être pour ainsi dire une «famille des nations»«. Le pape lui attribue en
effet comme fonction principale non seulement d’être le promoteur efficace
de médiations pour la solution des conflits, mais encore «le centre de la
promotion des valeurs inscrites dans le coeur de l’homme».
De cette orientation éthique dépend donc, selon Jean-Paul II, la condition indispensable d’un nouvel ordre mondial, a rappelé Mgr Tauran, avant
de conclure: «L’ONU devrait être ce laboratoire des impératifs universels
qui permettent de bâtir la paix, le développement, la solidarité et finalement l’unité de la famille humaine dans laquelle chaque peuple pourrait
voir reconnus ses droits, sa liberté et sa dignité. Ceux qui croient en
Dieu peuvent d’ailleurs, par le témoignage et leurs engagements, faire en
sorte que cet avenir de paix et de solidarité ne soit plus un rêve».
Organisée par la Mission permanente du Saint-Siège aux Nations Unies, le
séminaire réunissait notamment le secrétaire général de l’ONU, M. Boutros
Ghali, et le président de l’Assemblée Générale, Diego Freitas do Amaral, le
cardinal O’Connor, archevêque de New York, et Mary-Ann Glendon, chef de la
délégation du Saint-Siège à la Conférence Internationale de Pékin sur la
Femme. (apic/cip/pr)
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