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Italie: La mort du cardinal Suenens dans la presse italienne (070596)

La « mort du primat rouge », le « courageux architecte de Vatican II

Rome, 7mai(APIC) Si dans l’ensemble la presse italienne de mardi ne mentionne que brièvement la mort du cardinal Suenens, « La Stampa » et « Il Sole

24″ rappellent pour leur part l’importance du rôle qu’il joua dans l’Eglise, le premier annonçant « la mort du primat ’rougé », le second saluant « le

courageux architecte de Vatican II ».

« L’Osservatore Romano » retrace dans un long article la vie de l’archevêque. Le quotidien du Vatican souligne d’abord son rôle de théologien marial, « l’un des plus connus et l’un des plus écoutés ». Il évoque ensuite son

rôle au Concile, où il plaida « à plusieurs reprises pour une Eglise en dialogue avec le monde » et souligna « l’absolue nécessité de la fidélité à la

tradition » tout en étant le promoteur d’une « vision de renouveau ».

Dans un très bref article, « L’Avvenire », le quotidien de la Conférence

épiscopale italienne, met également en exergue « l’apostolat marial » du cardinal et son « engagement intense » en faveur « de la collégialité ». Il rappelle aussi qu’il était « particulièrement attentif aux problèmes de la vie

religieuse et de la formation sacerdotale ».

« La Stampa », pour sa part, rappelle sous la plume de l’informateur religieux Domenico Del Rio, que disparaît avec le cardinal Suenens « l’une des

dernières grandes figures du Concile Vatican II », qui avait assumé lors de

cet événement « le rôle de chef du courant progressiste au sein de l’Eglise

et au sein des assises conciliaires ». Le journal rappelle que Paul VI, à

peine élu, avait voulu l’avoir à ses côtés au moment de se présenter sur le

balcon de Saint-Pierre, mais que le débat sur la contraception, suite à

l’encyclique « Humanae Vitae », avait marqué « le début du déclin ».

« Il était toujours en attente de voir le vent de l’Esprit traverser tout

le peuple de Dieu, écrit Del Rio. Un vent qu’il avait imaginé, au moment du

Concile, source de renversements au sein de l’Eglise. Mais c’est peut être

un autre vent qui a prévalu, celui de la bureaucratie conservatrice, contre

laquelle il a tenté de résister ».

Dans « Il Sole 24 », le quotidien économique de référence en Italie, Giancarlo Zizola date le début de « l’exil de Suenens » au 15 mai 1969 quand,

dans sa fameuse interview aux « Informations Catholiques Internationales »,

il critiqua « la politique post-conciliaire de Paul VI, qui avait réduit à

une caricature la proposition conciliaire de transformer la monarchie absolue pontificale en un gouvernement collégial avec des représentants des

épiscopats ».

« Le traumatisme provoqué par cette interview, observe G. Zizola, fut à

ce point profond qu’il porta au grand jour la rupture qui couvait à l’intérieur du bloc réformiste sorti victorieux du Concile Vatican II et qui

avait réussi, non sans compromis, à porter Montini à la papauté au conclave

de 1963. Suenens se présentait comme le garant de cette coalition, au nom

des épiscopats progressistes, et sa prise de position ne fut que la dernière tentative de redonner de l’énergie à la réforme catholique, alors que

les conservateurs avaient pris leur revanche avec « Humanae Vitae » en 1968. »

C’est à ce moment, écrit G. Zizola, que le Cardinal Suenens « lâcha la pression pour la réforme des structures ecclésiales, pour consacrer toute son

énergie au mouvement du Renouveau dans l’Esprit ». (apic/imed/pr)

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