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Rome: Canonisation de Jean-Gabriel Perboyre, (030596)

missionnaire lazariste mort sur le gibet en Chine

Rome, 3mai(APIC) Après Eugène de Mazenod, un autre bienheureux français

sera canonisé par Jean-Paul II le dimanche 2 juin prochain: le bienheureux

Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840), lazariste, missionnaire en Chine, où il

est mort martyr après de longues tortures.

Originaire d’une famille de paysans de la région de Cahors, ordonné prêtre en 1826, à l’âge de 24 ans, dans la chapelle des Filles de la Charité

de la Rue du Bac à Paris, Jean-Gabriel Perboyre rêve d’aller en Chine, où

un de ses confrères, François-Régis Clet, vient de mourir martyr. Sa demande de départ est refusée en raison de sa santé. D’abord nommé professeur de

théologie dogmatique au séminaire de Saint-Flour, puis supérieur du petit

séminaire, il est appelé à Paris comme sous-directeur du noviciat. Il voit

son jeune frère Louis partir pour la Chine en 1831, sitôt ordonné, mais il

meurt au cours du voyage. Jean-Gabriel réitère sa demande, mais n’obtient

le feu vert du médecin que quatre ans plus tard.

En mars 1835, Jean-Gabriel embarque au Havre pour Macao, où il apprend

le chinois. Il part à la fin de l’année pour la mission du Honan, sur une

simple barque, puis voyage de façon semi-clandestine avec le Père Delamare,

des Missions Etrangères sur une jonque, caché derrière des marchandises.

Après deux mois de cabotage, il continuent à pied ou en barque. Pour ne pas

être repéré, Jean-Gabriel se fait passer pour un homme en deuil (ne devant

donc pas parler) ou pour un marchand foquinois (le dialecte du Foquien

n’est pas compris dans les autres provinces). A la mi-août 1836, il arrive

épuisé à la résidence de Nan Yang Fou et tombe malade. Il lui aura fallu

deux fois six mois de voyage pour toucher au but.

Rétabli, il se remet à l’étude du chinois. Bientôt il prêche et confesse

en chinois. Avec ses trois confrères chinois, il visite les chrétiens d’un

immense territoire, organisant des missions dans chaque communauté. En

1837, il travaille dans la province voisine de Houpé: 2000 chrétiens répartis sur 15 villages pauvres et éprouvés par une invasion de sauterelles. Il

circule à pied. Une épreuve intérieure l’assaille: sa vie lui paraît vide,

il craint d’être réprouvé, cela lui ôte l’appétit et le sommeil. Il est délivré de cette agonie par une apparition du Christ en croix.

A l’automne 1839, une persécution éclate. Le 8 septembre, en compagnie

de deux confrères le P. Baldus et le P. Wang, et d’un franciscain de passage, le P. Rizzolati, Jean-Gabriel célèbre la Nativité de la Vierge avec

1500 fidèles. Peu après, on les avertit de l’avancée de troupes: ils se cachent. Commandées par deux mandarins, les troupes pillent et saccagent la

mission et l’incendient, ainsi que des maisons de chrétiens. Jean-Gabriel

est trahi et découvert. Transporté à la préfecture, il subit des interrogatoires. Pour le faire parler, on le met à genoux de longues heures sur des

chaînes de fer, on le suspend par les pouces, on lui assène 40 coups de semelle de cuir sur le visage pour lui faire renier sa foi.

Des chrétiens arrêtés faiblissent et sont relâchés. D’autres persévèrent, qui seront exilés. Jean-Gabriel est envoyé devant le vice-roi de Ou

Tchang Fou. Une vingtaine d’interrogatoires. Le vice-roi veut l’obliger à

marcher sur un crucifix et lui faire avouer un comportement immoral. Il refuse et est battu à coup de lanières de cuir et de bâton de bambou jusqu’à

épuisement. Le croyant insensible par l’effet d’un charme, on lui fait avaler le sang bouillant d’un chien égorgé. Le vice-roi est à bout! Il se jette sur le prévenu pour le frapper violemment. «Signez votre propre condamnation en traçant de votre main une croix sur cette feuille», lui dit-on le

15 juillet 1840. Sans hésiter, Jean- Gabriel Perboyre trace la croix.

Dès lors, on adoucit le régime carcéral. Un médecin chinois soigne ses

blessures. Le 11 septembre arrive le courrier impérial. Jean-Gabriel sera

exécuté ainsi que 7 criminels. On forme un cortège avec les condamnés et on

ameute la population par des cymbales: «Voilà l’Européen qui prie!». Le

bourreau lui met au cou une sorte de collier de corde qu’il serre avec une

lenteur calculée. Trois torsions et la prière du martyr se tait. C’est un

vendredi après-midi. Le corps reste sur le gibet; des chrétiens soudoient

le bourreau et le récupèrent, étonnamment serein malgré la mort par strangulation. Il est enterré avec honneur par les chrétiens qui reçoivent comme

des reliques les habits de leur martyr. Il est proclamé bienheureux le 10

novembre 1889. (apic/cip/mp)

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