Apres saint Eugene de Mazenod, un autre bienheureux francais sera canonise
Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840) originaire d’une famille de paysans de la
region de Cahors, Lazariste, et missionnaire en Chine a partir de 1835.
Ordonne pretre en 1826 (a 24 ans), dans la chapelle des Filles de la
Charite de la Rue du Bac, a Paris, il reve d’aller en Chine ou son heroique
confrere Francois-Regis Clet vient de mourir martyr, mais sa demande de
depart est refusee en raison de sa sante. D’abord nomme professeur de
theologie dogmatique au seminaire de Saint-Flour puis superieur du petit
seminaire, il est appele a Paris pour comme sous-directeur du noviciat.
Son jeune frere Louis a suivi ses traces il est envoye en Chine en 1831
apres son ordination, mais meurt au cours du voyage. Jean Gabriel reitere
sa demande, mais on craint pour sa sante. Le 2 fevirier 1835 arrive le
decisif feu vert du medecin.
Jean-Gabriel embarque le 21 mars au Havre pour Macao, ou il apprend le
chinois (difficile a 33 ans!). Il part a la fin de l’annee pour la mission
du Honan, sur une simple barque. Il voyage ensuite de facon
semi-clandestine avec le P. Delamare des Missions Etrangeres sur une jonque
se cachant derrriere des marchandises. Apres deux mois de cabotage, il
continuent a pied ou en barque. Pour ne pas se faire reconnaitre,
Jean-Gabriel se fait passer pour un homme en deuil (ne devant donc pas
parler) ou pour un marchand foquinois (le dialecte du Foquien est
particulier et n’est pas compris dans les autres provinces). A la mi-aout
1836, il arrive epuise a la residence de Nan Yang Fou, et tombe malade. Il
aura fallu deux fois six mois de voyage pour toucher au but.
?Retabli, il se remet a l’etude du chinois. Bientot il preche et confesse
en chinois. Avec ses trois confreres chinois, il visite les chretiens d’un
immense territoire, organisant des missions dans chaque communaute. En
1837, il travaille dans la province voisine de Houpe: 2000 chretiens
repartis sur 15 villages pauvres et eprouves par une invasion de
sauterelles. Il circule a pied. Une epreuve interieure l’assaille, sa vie
lui parait vide, il craint d’etre reprouve, cela lui ote l’appetit et le
sommeil. Il est delivre de cette agonie par une apparition du Christ en
croix.
?Automne 1839, une persecution eclate. Le 8 septembre, en copmpagnie de
deux confreres le P. Baldus et le P. Wang, et d’un franciscain de passage,
le P. Rizzolati, Jean-Gabrile celbre la Nativite de la Vierge avec 1500
fideles. Peu apres on les avertit de l’avancee de troupes: ils se cachent.
Commandees par deux mandarins, les troupes pillent et saccagent la mission
et l’incendient ainsi que des maisons de chretiens. Jean-Gabriel est trahi
et decouvert. Transporte a la prefecture, il subit des interrogatoires.
Pour le faire parler, on le met a genoux de longues heures sur des chaines
de fer, on le suspend par les pouces, on lui assene 40 coups de semelle de
cuir sur le visage pour lui faire renier sa foi.
?Des chretiens arretes faiblissent et son relaches. D’autres perseverent,
ils seront exiles. Jean-Gabriel est envoye devant le vice-roi de Ou Tchang
Fou. Une vingtaine d’interrogatoires. Le vice-roi veut l’obliger a marcher
sur un crucifix et lui faire avouer un comportement immoral. Il refuse, il
est battu a coup de lanieres de cuir et de baton de bambou jusqúa
epuisement. Le croyant insensible par l’effet d’un charme, on lui fait
avaler le sang tout chaud d’un chien egorge. Le vice-roi est a bout! Il se
jette sur le prevenu pour le frapper violemment. «Signez votre propre
condamnation en tracant de votre main une croix sur cette feuille». Sans
hesiter, Jean-Gabriel Perboyre trace la croix. 15 juillet 1840.
?Des lors, on adoucit le regime carceral. Un medecin chinois soigne ses
blessures. Le 11 septembre arrive le courrier imperial. Jean-Gabriel sera
execute ainsi que 7 criminels. On forme un cortege avec les condamnes et on
ameute la population par des cymbales. On dit: «Voila l’europeen qui
prie!». Le bourreau lui met au cou une sorte de collier de corde qúil serre
avec une lenteur calculee. Trois torsions et la priere du martyr se tait.
C’est un vendredi apres-midi. Le corps reste sur le gibet; des chretiens
soudoient le bourreau et le recuperent, etonnament serein malgre la mort
par strangulation. Il est enterre avec honneur par les chretiens qui
recoivent comme des reliques les hqbits de leur martyr.
Il est proclame bienheureux le 10 novembre 1889.
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