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Suisse: Regard de Mgr Rauber sur l’Eglise catholique en Suisse (010596)
La recherche de nouvelles voies ne doit pas affaiblir les liens avec Rome
Fribourg, 1ermai(APIC) Pour Mgr Karl-Josef Rauber, nonce apostolique en
Suisse, l’Eglise catholique en Suisse est parcourue de courants divergents
et parfois contraires. Certains fidèles, dans la ligne de Mgr Lefebvre, en
sont restés à une conception préconciliaire de l’Eglise, tandis que d’autres penchent vers une ecclésiologie «protestante» en cultivant le «Sonderfall» helvétique au détriment des liens avec Rome.
Lors d’une conférence donnée récemment à l’Université de Fribourg, Mgr
Rauber a mis en garde contre les nouveautés hasardeuses, tout en
reconnaissant la nécessité de chercher de nouvelles voies.
La culture démocratique des Suisses est une valeur indéniable, mais vouloir introduire pour l’Eglise le modèle démocratique, et faire reconnaître
le «Sonderfall» helvétique, comme le préconisent certains professeurs de
théologie, présente un risque. Les rapports entre les gens exigent dialogue
et confiance, mais demandent aussi ordre et obéissance, souligne le nonce.
L’Eglise a besoin de la diversité dans l’unité. Au sein de l’Eglise universelle chaque Eglise locale a le droit d’apporter ses richesses religieuses
et culturelles, sa réflexion et de nouvelles orientations. Les Eglises locales doivent cependant savoir s’ordonner dans la communauté harmonieuse
voulue par le Christ.
Mgr Rauber constate en outre un sentiment anti-romain – qui ne touche
cependant pas tous les Suisses – encore renforcé par les événements liés à
l’affaire Haas et à la démission de Mgr Vogel comme évêque de Bâle.
Les progrès réalisées en Suisse dans le domaine oecuménique sont très
positifs. Mais là encore le nonce met en garde. L’attitude des réformés est
différente de celle des catholiques sur de nombreuses questions comme le
mariage des pasteurs, le ministère féminin, l’homosexualité ou la drogue,
relève Mgr Rauber. Par une sorte de «symbiose des Eglises», ces positions
ont trouvé un accès dans le coeur et dans l’esprit des catholiques au point
d’être présentées comme la nouvelle compréhension de l’Eglise catholique
suisse. Ainsi par exemple, relève le nonce, la mise en place de laïcs comme
responsables de paroisse n’est plus considérée comme une mesure
exceptionnelle due au manque de prêtres, mais comme une alternative normale
à la présence d’un ministre ordonné.
Mgr Rauber salue cependant la grande importance de l’engagement des
laïcs dans l’Eglise suisse. Ils apportent sans doute une dynamique pour la
recherche de nouvelles voies pour la théologie, la pastorale et l’administration. Mêmes si au départ ces solutions n’apparaissent pas strictement
conformes au droit et à la discipline de l’Eglise, elles devront peut-être
être acceptées si l’on veut suivre le renouvellement de l’Eglise encouragé
par le Concile Vatican II, conclut le nonce. (apic/gs/mp)
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