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«Courrier» de Genève: Réaction de la NAC à la décision de la SCR (200696)
«Inacceptable», «irrecevable»: tir groupé contre le chantage du 12 juin
Décision juridique contestable? Vers une nouvelle assemblée de la SCR?
Genève, 20juin(APIC) La «Nouvelle association du Courrier» (NAC), organe
éditeur du quotidien genevois «Le Courrier» juge «inacceptable et irrecevable» la condition de la Société catholique romaine de Genève (SCR) liant
l’octroi de sa subvention au départ du rédacteur en chef.
Entretemps les réactions continuent de pleuvoir. La Ville de Genève et
les journalistes TV disent leur désaprobation, à l’heure où de sérieux doutes commencent à planer sur la légitimation juridique de la SCR pour prendre la décision du 12 juin dernier. Sous la pression de certains membres,
une nouvelle assemblée pourrait être convoquée d’ici au 30 juin.
Réunie mercredi soir en assemblée générale extraordinaire, la NAC a en
effet adopté par 35 oui contre 2 abstentions une résolution par laquelle
elle affirme son refus d’entrer en matière sur cette condition.
La NAC a réagi à la décision «injuste» de la SCR d’exercer un chantage
en subordonnant sa subvention de 250’000 francs à la tête de Patrice Mugny,
rédacteur en chef. Son président, Georges Albert, n’a du reste pas mâché
ses mots: «La prise de position de la SCR bafoue la moralité. On peut même
considérer cette attitude comme une bavure morale».
Dans la foulée, la Société éditrice redit sa confiance au rédacteur en
chef, à l’équipe rédactionnelle et à l’ensemble du personne du quotidien.
Elle réaffirme en outre son accord avec la ligne rédactionnelle actuelle
telle qu’elle est exprimée dans la charte, laquelle stipule notamment que
«la rédaction doit être tenue à l’abri de toutes les pressions, en particulier économiques et politiques».
La NAC, peut-on lire dans sa résolution, réaffirme que les prises de position du «Courrier» correspondent à ses convictions et à celles d’une partie importante des catholiques de Genève. Elle «mettra tout en oeuvre pour
que ’Le Courrier’ puisse continuer à vivre quelle que soit l’issue de la
crise». Elle se déclare «choquée» de voir que l’accord – entériné par le
Conseil exécutif à la quasi unanimité, 9 oui et une abstention – signé entre des représentants de la NAC et une délégation de l’Eglise catholique de
Genève, a été trahi par le vote de la SCR.
Aucune condition dans l’accord
L’objectif de ces discussions était d’arriver à un rapprochement et une
amélioration des rapports entre l’Eglise et le journal. Le journal, a-t-on
appris, avait proposé la collaboration du Père Albert Longchamp, rédacteur
en chef de «L’Echo Illustré», comme conseiller en ce qui concerne les questions religieuses touchant au journal. Or l’accord signé par le Conseil
exécutif ne faisait état d’aucune condition à l’octroi de la subvention. La
NAC engage cependant toute l’Eglise à trouver les moyens de rétablir la
confiance.
La NAC dit enfin ne pas comprendre comment des divergences sur certains
points peuvent être interprétées par l’Eglise comme une remise en cause de
la foi.
Encore des réactions
Les réactions au coup de force de la SCR continuent. Toutes de désapprobation à l’égard de la SCR. Réuni mercredi soir en session ordinaire, le
Parlement de la Ville de Genève a voté à la majorité une résolution urgente
interparti de soutien au «Courrier». Le texte invite l’Exécutif à intervenir auprès de la SCR «pour lui transmettre la désapprobation des autorités
de la ville face aux procédés utilisés et lui demander de revoir sa position».
Indignation également du côté des journalistes de la Télévision suisse
romande (TSR), qui expriment leur indignation face à la décision «choquante» de la SCR. Cette décision «attente à la liberté et à la pluralité de la
presse». L’existence du «Courrier» est d’autant plus nécessaire, concluent
les journalistes de la TSR que la diversité de la presse romande est déjà
durement touchée par les fusions, regroupements et autres disparitions de
titres». Quant au groupe des informateurs religieux de la Suisse romande, à
l’heure où nous écrivons ces lignes, il ne s’est pas encore prononcé au sujet de la décision de la SCR pourtant prise le 12 juin déjà.
Vers une nouvelle assemblée extraordinaire de la SCR
La levée de boucliers contre la SCR a sans doute surpris plus d’un membres de la Société catholique-romaine genevoise. Et le coup de force opéré
par la majorité des membres de la SCR pourrait bien être revu et corrigé.
Parce qu’on estime que la décision précédente est discutable d’un point de
vue juridique. Des membres de la SCR exigent aujourd’hui une assemblée extraodinaire. La demande doit être formulée par un cinquième des membres, 7
sur 35. Ce qui serait déjà fait, dit-on du côté de Genève. Onze voix contre
19 s’étaient élevées contre le procédé de la SCR au soir du 12 juin. Cette
Assemblée extraordinaire pourrait se tenir dans les 6 à 8 prochains jours,
assure-t-on en conclusion. (apic/arl/pr)
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