Encadré
L’homme dont la mise a prix a été fixée à 250’000 francs, Patrice Mugny, se
déclare extrêment surpris par cette décision. Qui représente à ses yeux un
dilemne Cornélien: «Je pars et les 250’000 francs arrivent… Mais c’est
aussi quelque part renier la ligne rédactionnelle soutenue par l’ensemble
de la rédaction. Je reste… plus de subvention. Avec le risque de condamner le journal. Je suis piégé. Mais j’ai jusqu’à 1997 pour réfléchir».
Patrice Mugny est d’autant plus surpris «qu’un terrain d’entente avait
été trouvé pendant les négociations. Un accord a été signé avec cette délégation, puis approuvé à l’unanimité par les membres présents lors d’une
réunion du Conseil exécutif. Nous partions du principe que l’assemblée générale allait suivre le secteur pastoral. J’étais par conséquent plutôt serein.»
Depuis des années, «c’est vrai, on nous reprochait, et notamment Mgr
Grab, des écrits sur des questions morales, vis à vis de l’Eglise, (préservatif, sida, divorcés remariés…), mais sur la question sociale, nous
étions en parfait accord avec l’enseignement social de l’Eglise. Or c’est
justement sur cet dernier aspect la Société catholique romaine nous a mis
en cause mercredi. Elle nous a mis en cause sur des questions politiques et
non pas ecclésiastiques. Cela relève de la vision que l’on a de l’Eglise»
En lançant à Genève avec les communautés ecclésiales de base de la ville
la pétition «Nous sommes l’Eglise», le «Courrier» n’est-il pas sorti du rôle attribué à un quotidien d’information, scié en quelque sorte la branche
sur laquelle il est assis? «Non», estime P. Mugny. Et d’ajouter aussitôt:
Cela dépend de quelle branche on parle. Quand des chrétiens, des catholiques me reprochaient nos positions sur les mines-antipersonnel, sur l’exportation de Pilatus ou sur la loi sur le travail, je leur répondais que la
Conférence des évêques, avait le même avis sur ces questions». Et de relever: Est-ce que c’est nous qui n’étions pas en phase avec l’Eglise…
N’était-ce pas plutôt des catholiques en désaccord avec leur propre Eglise?
(apic/pr)
ENCADRE
L’évêché ne désire pas s’exprimer
Contacté à l’évêché, Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et ancien évêque auxiliaire à Genève, n’entend pas s’étendre sur ce sujet. «Je ne tiens pas à m’exprimer sur cette question. C’est
une affaire au sujet de laquelle je ne peux rien dire pour l’instant. Le
porte-parole de l’évêché est habilité à répondre». Un porte-parole que
l’APIC n’avait pas réussi à joindre à l’heure de la parution du bulletin
quotidien. (apic/pr)
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