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apic/méthodes romaines condamnées par théologiens indiens

Inde: 45 théologiens indiens solidaires (110696)

d’un théologien srilankais menacé d’excommunication

«Le Père Balasuriya n’a pas été entendu de façon équitable»

Bangalore, 11juin(APIC) L’Association théologique indienne qui vient de

tenir à Bangalore, dans le Sud de l’Inde, son 19e Congrès, s’est adressée à

la Conférence épiscopale de Sri Lanka pour lui demander de reconsidérer sa

position à l’égard du religieux oblat, le Père Tissa Balasuriya, auteur du

livre «Marie et la libération humaine».

Ce livre écrit en 1989 a suscité une ardente controverse qui a dépassé

largement les frontières de l’Eglise du Sri Lanka. Les évêques de ce pays

l’avaient jugé «incompatible avec la foi chrétienne». L’affaire avait été

portée ensuite devant la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi.

En 1994, cette dernière avait également élevé des objections contre le contenu du livre et elle avait demandé au Père Balasuriya de souscrire une

profession de foi préparée à l’avance, faute de quoi il risquait la perte

de son statut de théologien catholique, l’excommunication et la réduction à

l’état laïc. Enfin au mois de mai dernier, les évêques du Sri Lanka avaient

demandé aux catholiques du pays de ne pas lire ce livre qui «pouvait porter

préjudice à leur foi».

Les 45 théologiens indiens qui ont signé la lettre aux évêques srilankais se disent «animés pour le souci du bien de l’Eglise dans les pays

d’Asie et par celui de la crédibilité de la hiérarchie ecclésiale». Ils affirment que l’on «n’a pas accordé la justice» à l’auteur du livre contesté

et que l’on ne l’a pas entendu de façon équitable. Toute décision à son sujet devrait être précédée d’un dialogue et d’un procès honnête, ainsi que

d’un enquête impartiale.

Mauvaise utilisation de la profession de foi

Les membres de l’Association théologique expriment aussi leur profond

regret devant une telle utilisation de la profession de foi par la Congrégation romaine. «La profession de foi, écrivent-ils, ne devrait-elle pas

être et rester au contraire un acte suprême liberté et une joyeuse célébration?». La lettre suggère aussi que pour apprécier la valeur des idées

théologiques et pour servir la vérité, la discussion savante vaut mieux que

le secret de la censure et les mesures disciplinaires.

Par ailleurs un groupe de défense des droits de l’homme, basé à Hongkong, avait déjà écrit, avant l’intervention des théologiens indiens, au

Père Marcello Zago, supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, société à laquelle appartient le Père Balasuriya, pour qu’il intervienne à Rome

afin d’empêcher l’excommunication du théologien.

La commission théologique de l’épiscopat srilankais a expliqué, à la fin

du mois d’avril 1996, le pourquoi des ses graves réserves envers le livre

controversé. Elle estime «que l’ouvrage minimise la tradition de l’Eglise

catholique et la valeur de la foi; que le livre «Marie et la libération humaine» présente la doctrine du péché originel d’une manière qui met en doute la divinité du Christ, sa mission de salut ainsi que le rôle de la Vierge Marie dans l’histoire du salut. Selon la commission, «le livre dit de

manière implicite que le rôle de la religion est avant tout d’aider à la

libération humaine». (apic/eda/ba)

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