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Argentine: Rôle de l’Eglise durant la dictature militaire (100696)

Après le pardon des évêques, Mgr Delgado

invitent d’autres secteurs à faire leur autocritique

Buenos Aires, 10juin(APIC) Après la prudente autocritique des évêques argentins pour leur rôle durant la dictature, Mgr Alfonso Deldago Evers, évêque de Posadas, a invité d’autres secteurs de la société à avoir le courage

de faire de même.

Un bon mois après la déclaration des évêques, demandant publiquement

pardon pour le rôle qu’ils ont joué, ou plutôt qu’il n’ont pas joué, dans

la « sale guerre » que la junte militaire a menée contre l’opposition entre

1976 et 1983, Mgr Alfonso Evers Delgado, évêque de Posadas et porte-parole

de la Conférence épiscopale, a déclaré à Buenos Aires que « c’est maintenant

au tour d’autres secteurs de la société » de se pencher sur leur passé pour

faire un examen de conscience sur leur attitude durant la dictature.

Mgr Delgado Evers s’est étonné de la « disproportion » entre l’attitude

des évêques et « le manque presque total de responsabilité de la part de

tant d’autres ». Et de viser « les syndicats, les faiseurs d’opinion et les

journalistes, qui ont eux aussi une conscience et auxquels jamais personne

n’a demandé ce qu’ils avaient dit ou fait dans les années de la sale guerre ».

Pour l’évêque de Posadas, c’est aussi le cas « des critiques les plus féroces des évêques, qui sont restés durant de longues années dans un exil

confortable pendant que les évêques restaient en Argentine ». Les mettre face à leurs responsabilités n’est « pas une question de vengeance, mais

d’équité », a-t-il indiqué.

Les évêques ont été longtemps divisés au sujet de cette demande de pardon, les uns estimant que l’Eglise, par sa passivité, avait indirectement

acquiescé à la torture et aux assassinats, d’autres protestant que l’Eglise

n’avait jamais couvert les responsables de la dictature militaire. Pour Mgr

Miguel Hesayne, ancien évêque de Viedma, et pour son confrère de Moron, Mgr

Justo Laguna, en tout cas, l’autocritique de l’Eglise, adoptée par 71 des

75 évêques, n’allait pas été assez loin.

Plusieurs aspects, comme le fait que des prêtres et des évêques étaient

directement au courant des tortures et des assassinats, n’ont pas été discutés ouvertement. Quant à la responsabilité de l’Eglise dans de nombreuses

violations des droits de l’homme, elle n’a pas été suffisamment reconnue,

déploraient-ils. (apic/cip/pr)

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