Immeuble de Londres: le cas épineux de Raffaele Mincione

La justice du Vatican considérerait que Raffaele Mincione était responsable d’un «comportement illicite» dans l’achat et la vente de la société possédant l’immeuble de Sloane Avenue à Londres, affirme la vaticaniste Franca Giansoldati dans un article d’Il Messaggero du 14 juillet 2020. Une enquête en cours, ouverte par le promoteur de justice, suspecterait l’homme d’affaires de détournement de fonds et de fraude.

Selon la justice vaticane, Raffaele Mincione, par l’intermédiaire de son entreprise, le fonds Athéna, serait l’intermédiaire qui a tiré le plus grand avantage économique de l’opération financière suspecte dont les premières irrégularités ont été révélées en octobre 2019. Mais ce n’est pas tout, elle met en cause ses investissements, effectués pour le compte du Saint-Siège, dans les entreprises Fiber, Carige, Retelit et Bpm en raison de «pertes énormes». Il aurait enfin agi de concert avec des « fonctionnaires de la Secrétairerie d’Etat ». 

Thèses que conteste fortement l’intéressé, qui affirme aujourd’hui posséder tous les documents permettant de prouver que le Saint-Siège a pris part à toutes les phases de l’acquisition du bien, et qu’il ne serait personnellement impliqué dans aucune transaction litigieuse. Si l’enquête contre lui est bien ouverte, rien ne dit donc qu’elle aboutira à une condamnation comme dans le cas de Gianluigi Torzi, autre intermédiaire emprisonné entre les 5 et le 15 juin derniers dans le cadre d’une enquête pour extorsion, détournement de fonds, fraude aggravée et blanchiment d’argent.

Sûr de son bon droit, le financier a d’ailleurs demandé à la justice britannique de trancher sur son cas à la fin du mois de juin dernier, prenant de court les enquêteurs du Saint-Siège qui avaient pourtant procédé à l’arrestation et l’emprisonnement de Gianluigi Torzi. Raffaele Mincione affirme dans un mémorandum n’avoir jamais été au courant de la «destination spécifique présumée de l’argent investi, le Denier de Saint Pierre». Enfin, il déclare avoir appris tardivement que l’argent investi provenait de deux prêts accordés par le Crédit Suisse et la Banque de Suisse. 

Selon lui, le Vatican a fait de toute façon un bon investissement avec l’achat de l’immeuble londonien, constatant notamment que le petit État n’avait pas répondu à une offre de rachat récente, qui s’élevait à une somme allant entre 308 et 336 millions d’euros. Selon le financier, le pape François aurait en effet peu intérêt à se séparer d’un actif à même de lui rapporter 15 millions d’euros de revenus par an. (cath.ch/imedia/cd/bh)

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