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APIC – Dossier
Emmaüs Suisse fête ses quarante ans (030696)
Dans la foulée de l’»insurrection à la bonté» lancée par l’abbé Pierre
Fribourg, 3juin(APIC) Emmaüs Suisse fête son quarantième anniversaire.
Puisque créé en 1956. Dans la foulée ou presque de l’hiver 54… et de
l’»insurrection à la bonté» provoquée par l’abbé Pierre, l’apôtre des cabossés de la vie. Notre dossier.
Les groupes ou communautés Emmaüs en Suisse fêtent cette leur quarantième anniversaire. Quarante ans passés au service des nécessiteux, des plus
démunis et des cabossés de la vie qui, aujourd’hui comme hier, ont besoin
de l’aide de la communauté fondée en France par l’abbé Pierre au cours de
l’hiver glacial de 1954. Année qui vit du reste le fondateur des chiffonniers donner une conférence à Genève, immédiatement suivie de la création
d’une Association «Fonds permanent en faveur de l’abbé Pierre» et de l’envoi de jeunes sur un chantier de bâtisseurs d’Emmaüs dans la région parisienne.
L’étincelle de 1954 fut à l’origine de la création de nombreux groupes
et communautés Emmaüs dans le monde entier. Et donc en Suisse aussi. Puisque les premières associations se formeront dès 1956, d’abord à Genève,
Berne et Zurich. Puis également dans les cantons du Jura, de Vaud, Valais,
Tessin, Fribourg et Neuchâtel. Onze groupes aujourd’hui, dont six comunautés qui occupent plusieurs employés, certes, mais surtout un grand nombre
de volontaires, qui «retrouvent ainsi leur dignité par le travail».
Mouvement Emmaüs et Confédération… Mots inconciliables? «La Suisse,
assurément se trouve fort bien d’avoir au coeur de sa vie, c’est-à-dire au
coeur de l’attention aux plus souffrants ou exclus, six communautés d’Emmaüs, soit à peu près une centaine de compagnons redevenus des hommes debout selon la règle universelle d’Emmaüs», écrit, dans le cadre de ce 40e,
Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, toujours actif et lutteur à l’âge de 83
ans.
Quarante ans après, la racine du foisonnement des branches rassemblées
dans une ONG dite «Emmaüs international» travaillant dans 42 pays, restent
toujours la vie et l’offrande des compagnons, assure l’abbé Pierre, qui se
souvient que c’est à Berne que s’est déroulée en mai 1969 l’Assemblée constituante d’Emmaüs international. Et de se rappeler du titre d’un quotidien
bernois au lendemain des trois jours de Pentecòte pour lesquels le Conseil
fédéral avait accordé le Palais fédéral pour lieu de rendez-vous et de débats: «Pendant trois jours, le plus haut sanctuaire politique de la patrie
des banques est devenu le parlement des pauvres du monde».
Organisation d’Emmaus en Suisse, son histoire
Sous la devise «Sers en premier les plus souffrants!», l’organisation en
Suisse se développe. Genève va voir en outre naître, en 1957, une communauté de chiffonniers d’Emmaüs à l’image de celles fondées par l’abbé Pierre
en France.
En 1958, tous les groupements d’Emmaüs vont constituer la «Fédération
Emmaus-Suisse» qui, outre ses activités locales, va assurer l’organisation
de la première Assemblée générale de la Fédération internationale des Associations contre la lèpre, en 1966, sans parler de l’organisation de la première réunion d’Emmaüs international, dont parle l’abbé Pierre dans son
billet du 40e. Ni du lancement, en 1959, du bulletin «Plus de joie», qui
deviendra, dès 1962, l’organe de la Fédération Emmaüs-Suisse.
En 1975, suite à la création d’une communauté de chiffonniers d’Emmaüs à
Etagnières, près de Lausanne, décision sera prise de fonder avec les chiffonniers de Genève une «Association romande des communautés Emmaüs» (ARCE),
à laquelle vont se joindre quatre autres communautés, dès 1978.
La Fédération Emmaüs-Suisse exerce un contrôle sur l’activité de ses
groupements membres et coordonne au besoin les projets de développement
qu’ils financent: «Amis d’Emmaüs, Berne», «Aide aux lépreux Emmaüs-Suisse,
Berne», «Dessins et parrainages Emmaüs, Berne»; «Amis d’Emmaüs, Zurich» et
«Emmaüs-Jura, Boncourt». Elle s’occupe pour son compte ou celui des groupements de réalisations sociales humanitaires et de développement en Suisse
et à l’étranger.
Ces cinq groupements sont composés de quelques permanents et de nombreux
volontaires ayant tous une activité professionnelle ou ménagère. Les besoins matériels de ces groupes sont généralement couverts par des dons en
espèces et des legs, par des parrainages et par des recettes provenant de
manifestations publiques, de ventes d’objets usagés – meubles, vêtements,
vaisselle… – ou de produis du tiers monde. Depuis quinze ans, la Fédération Emmaüs-Suisse, avec l’aide des groupement affiliés, finance surtout
les projets de développement «Emmaüs Community Welfare Fund» en Inde. Depuis 1982, cet investissement est supérieur à 1,9 million de francs.
Le rammasage d’objets de tous genre
Quant à l’Association romande des communautés Emmaüs (ARCE), elle regroupe les communautés d’Emmaüs de Suisse romande et du Tessin (Genève,
Etagnières, Fribourg, Sion, La Chaux-de-Fonds et Rivera). Cette association
a été fondée afin d’assurer une direction commune à toutes les communautés,
tout en préservant l’autonomie de chacune. L’ARCE engage les responsables
des communautés, acquiert et gère les biens immobiliers de celles-ci.
Les six communautés de chiffonniers comprennent aussi des hommes «rejetés» par la société ou présentant des difficulté d’intégration. Ces personnes vivent et travaillent ensemble dans la communauté, procède au ramassage
d’objets de tous genres, à leur réparation parfois et à leur revente. Le
travail des chiffonniers ne s’arrête pas à cette action, puisqu’ils donnent
de sérieux coups de pouce à des personnes ou à des familles n’appartenant
pas à la communauté, tout en participant à des actions d’aide sur le plan
international.
Le regard d’un témoin
L’histoire d’Emmaüs en Suisse a commencé bien vite après l’»insurrection
de la bonté» provoquée en 54 par l’abbé Pierre en France, rappelle de son
côté Marcel Farine (Berne), président fondateur d’Emmaüs-Suisse. Une histoire dont le sens est ainsi résumé par le témoin privilégié qu’est Marcel
Farine, auteur de «Les rendez-vous de l’espoir. Sur le chemin de la misère»: «Le message s’est étendu aussi bien dans notre pays, en faveur des réfugiés, des isolés ou des familles dans la gêne, des prisonniers, des handicapés et des vieillards, qu’à l’étranger, pour susciter des projets d’aide humanitaire et de développement dans quelque 80 Etats, apportant la santé, du travail et l’espoir d’une vie meilleure à des millions d’êtres humains».
ENCADRE
Les compagnons de Fribourg
Créée en 1985, la Communauté des chiffonniers d’Emmaüs à Fribourg a essayé, avec ses modestes moyens, de donner un exemple humanitaire, social et
économique. Sans aucune subvention ou aide extérieure, le travail des chiffonniers de Fribourg, a permis d’accueillir, de nourrir et d’aider bien des
personnes. Grâce à son organisation, bien du matériel voué à la destruction
a rendu de multiples services. Des familles se sont meublées. Des jeunes
ont aménagé leur premier logement sans emprunt. D’autres ont acquis l’objet
de leur rêve ou un souvenir d’enfance, relève le responsable fribourgeois,
Daniel Mauron.
Les compagnons d’Emmaüs Fribourg contribuent en outre largement à donner
une dimention nationale et internationale à leurs activités. En attestent
les envois de conteneurs pour le Bénin, Haïti et l’Europe de l’Est, ainsi
que l’aide financière à la création financière d’autres communautés d’Emmaüs. (apic/pierre rottet)
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