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Algérie:Funérailles du cardinal Duval et des sept (020696)

trappistes à la Basilique de Notre-Dame d’Afrique

Ces événements tragiques ne compromettent pas les relations

islamo-chrétiennes, affirme le cardinal Arinze, délégué du pape

Alger, 2juin(APIC) Mgr Henri Teissier, archevêque d’Alger, a présidé dimanche soir dans la Basilique Notre-Dame-d’Afrique d’Alger les funérailles

solennelles des sept moines trappistes français assassinés par le GIA et du

cardinal Léon-Etienne Duval, ancien archevêque d’Alger, décédé jeudi à

l’âge de 92 ans. Les dépouilles mortelles des moines martyrs seront ensuite

inhumées au monastère de Notre-Dame de l’Atlas, à Tibhirine.

Plusieurs personnalités religieuses avaient fait le déplacement d’Alger,

notamment le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Joseph

Duval (neveu du cardinal Duval), le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, et Mgr Bernard Panafieu, archevêque de Marseille.

Le pape Jean Paul II avait délégué pour la circonstance le cardinal

Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Dans l’homélie prononcée au cours de la messe, évoquant la «violence

inouïe» dont ont été victimes les sept moines trappistes, le cardinal Arinze a déclaré que ces événements tragiques ne compromettent pas les relations islamo-chrétiennes. «Au contraire, ils mettent en relief la nécessité

de les promouvoir». Il est réconfortant, a-t-il souligné, de voir que tous

les chrétiens et tous les musulmans de bonne volonté condamnent la violence, surtout quand elle est pratiquée au nom de la religion.

Hommage au cardinal Duval, «un homme de Dieu»

Evoquant la grande figure du cardinal Duval, qui a occupé le siège archiépiscopal d’Alger de 1954 à 1988, le cardinal Arinze a rappelé le rôle

important qu’il a joué lors du Concile Vatican II. Le 8 décembre 1965, au

cours de la messe de conclusion, c’est lui qui a lu le message du Concile

aux femmes. «Le cardinal se distinguait comme un homme de Dieu (…) Il est

devenu un évêque et cardinal très respecté en Afrique et à travers le monde

entier. Avec un grand amour pour l’Algérie, son pays d’adoption, il s’y est

identifié dans les joies et dans les douleurs, spécialement aux jours d’incertitude, de mésentente et de souffrance».

Le cours des événements dans le pays ces dernières années l’a beaucoup

attristé, a souligné le cardinal Francis Arinze, qui s’est demandé si l’enlèvement des moines et en particulier la nouvelle de leur meurtre n’ont pas

été un coup sévère qui a accéléré sa mort.

La violence ne rend pas honneur à Dieu

Rappelant l’insertion des moines de Médéa dans la vie de leur région et

l’intérêt porté aux populations musulmanes des environs du monastère auxquels ils prêtaient leurs services, spécialement dans le domaine médical,

Mgr Arinze a estimé qu’ils ont aussi contribué au développement du dialogue

spirituel. Ils ont ainsi témoigné que des musulmans et des chrétiens sincères peuvent se rassembler et s’enrichir mutuellement, même dans le domaine

de l’esprit. «Chers frères et soeurs, a-t-il lancé, n’est-il pas triste de

voir que précisément ces hommes de Dieu et ces amis du peuple ont été enlevés et ensuite tués?»

Puis le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux

a rappelé que Dieu n’aime pas la violence: «Ce n’est pas en assassinant des

gens que l’on promeut la justice, la paix, l’ordre social et la religion.

Dieu est le Dieu de la vie et non de la mort!» (apic/bol/kap/be)

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