apic/Commission COE/Colombie
Le COE brosse un sombre tableau de la Colombie: (290796)
Le pays le plus violent d’Amérique latine
Bogota, 29juillet(APIC) 30’000 personnes meurent chaque année en Colombie
suite à des violences. Le pays le plus violent d’Amérique latine paye un
lourd tribu aux exactions de l’armée et de la police, de la guérilla et des
trafiquants de drogue.
« La Colombie connaît actuellement la situation la plus violente et la
plus dramatique de toute l’Amérique latine et les Eglises à travers le monde doivent soutenir d’urgence les efforts de paix entrepris dans ce
pays »… C’est en ces termes que s’est exprimé le pasteur Emilio Castro,
ancien secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), à son
retour d’une mission d’enquête effectuée en Colombie.
Emilio Castro représentait le COE au sein d’une délégation oecuménique
qui s’est rendue en Colombie du 14 au 21 juillet 1996, et dont la visite
avait été organisée par le Conseil des Eglises d’Amérique latine à la demande des Eglises luthérienne, mennonite, et presbytérienne de Colombie.
La Fédération luthérienne mondiale, le Conseil national des Eglises des
Etats-Unis et l’Alliance réformée mondiale étaient également représentés
dans l’équipe.
Lors d’une interview donnée au siège du COE à Genève, Emilio Castro a
déclaré que la délégation avait lancé un vigoureux appel à la communauté
chrétienne internationale, l’exhortant à prier pour la Colombie et à apporter son soutien à ceux et celles qui travaillent pour la paix dans le pays
malgré d’énormes difficultés.
L’ancien responsable du COE a indiqué que l’équipe avait rencontré des
gens de tous les secteurs de la société colombienne et entendu de nombreux
témoignages douloureux faisant état de persécutions, de harcèlements et
d’assassinats. « Une organisation de défense des droits de l’homme nous a
déclaré que quatre-vingts de ses collaborateurs avait été tués depuis
1989″.
Le paroxisme de la violence
« Le paroxysme de violence que l’on a atteint aujourd’hui dans la société
colombienne est la conséquence des combats menés entre les groupes de la
guérilla et l’armée; mais il est également le résultat de la prolifération
des groupes paramilitaires et de la présence corruptrice de ceux qui sont
impliqués dans l’industrie illégale mais extrêmement lucrative du trafic de
drogues ».
Soulignant que l’an dernier, 38’000 personnes sont décédées de mort violente dans le pays, Emilio Castro a mentionné que 10% seulement d’entre elles ont été tuées dans des affrontements directs entre l’armée et les groupes de la guérilla. « Ainsi », a-t-il dit, « c’est la population civile qui
souffre le plus ».
Au cours de sa visite, la délégation a pu lire tous les jours dans la
presse locale l’annonce de la mort de nouvelles victimes, notamment celle
de deux pasteurs pentecôtistes colombiens qui travaillaient dans une zone
rurale.
Selon Emilio Castro, la précarité de la vie en Colombie est un terrain
particulièrement favorable au développement du commerce illégal de la drogue et à la prolifération des groupes paramilitaires. (apic/com/pr)
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