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« Cri de la terre, cri des pauvres »

Leonardo Boff plaide pour une écologie cosmique (250796)

Rome, 25juillet(APIC) A l’occasion de la parution en Italie, chez « Cittadella », du dernier livre de Leonardo Boff, « Cri de la terre, cri des pauvres, pour une écologie cosmique », le quotidien catholique « Avvenire » de

mercredi donne la parole au théologien de la libération brésilien. Ce dernier, qui a quitté l’ordre franciscain et le sacerdoce il y a quatre ans,

est aujourd’hui professeur d’éthique et de philosophie à la faculté d’Etat

de Rio de Janeiro, au Brésil.

« La vraie question, explique-t-il, n’est pas ce que pourra être l’avenir

de l’Eglise et l’Occident, mais ce que sera celui de la planète et de

l’humanité, et de savoir comment le christianisme pourra aider à la construction d’un lendemain d’espérance. » Ainsi, ajoute-t-il, « les vrais problèmes ne sont plus ceux que j’ai abordé dans ’Eglise, Charisme et pouvoir’

et qui étaient liés à la hiérarchie et à l’infaillibilité ». Au « cri des

pauvres » est venu s’ajouter dans les années 90 « un plus grand cri, celui de

la Terre pillée, saccagée et spoliée. La théologie doit réussir à articuler

ces deux cris pour parvenir à une libération intégrale ».

Le théologien prône une « écologie sociale, où la Nature n’est plus en

dehors de nous mais au dedans » et où « une injustice sociale est toujours

une injustice écologique » due à un modèle « énergivore » qui, à terme, empêche de poursuivre « un développement supportable, c’est-à-dire capable de

satisfaire les besoins de tous en sauvegardant les droits des générations

futures ».

La « Pacha Mama »… cette Mère de tous

Vis-à-vis de la terre, il faut donc retrouver le sens de « Pacha Mama, la

Mère de tous, comme Gaia, un Superorganisme vivant et doté d’une équilibre

fragile », et « retrouver le sens des peuples primitifs que se sentent fils

de la Terre et non des êtres errants qui passent, se servent et s’en vont ».

La tradition judéo-chrétienne doit donc faire son auto-critique, car « elle

a avalisé une mentalité qui nous a conduit à nous considérer comme les maîtres des choses, oubliant, comme les Ecritures nous y invitent, à être les

gardiens du jardin de l’Eden, à collaborer avec Dieu en vue de la préservation de la Terre ».

Leonardo Boff observe encore: « Les indiens disent que l’Esprit dort dans

la pierre, rêve dans les fleurs et s’éveille dans les animaux. Nous trouvons dans le christianisme aussi l’idée que tout est pénétré par Dieu, que

Dieu est dans tout. Jésus n’est pas seulement le représentant de la culture

méditerranéenne, il est un Christ cosmique qui a laissé des signes de sa

présence dans toutes les créatures. Ecologie, théologie et spiritualité ne

sont plus divisibles ».

Et le théologien de conclure: « L’alphabet biologique est le même chez le

colibri que chez une personne. Nous sommes tous reliés, et toutes les choses sont organisées dans un système planétaire. Nous représentons une seule

entité, il n’y a pas de différence entre l’Homme et la Terre, les deux sentent, les deux pensent, les deux aiment, les deux vénèrent. Nous sommes

Terre ». (apic/imed/pr)

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