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Embryons congelés: « L’Osservatore Romano »
préconise des « adoptions prénatales » (230796)
Rome, 23juillet(APIC) S’il n’est pas possible de réimplanter les embryons
congelés chez la mère, il faut organiser en « dernière instance » une « adoption prénatale » de ces embryons par une mère désireuse d’adopter: la proposition est formulée par le Saint-Siège et exposée dans « L’Osservatore Romano ».
Fait exceptionnel, l’article, signé par le frère Maurizio P. Faggioni, a
été distribué, lundi 22 juillet avant parution, par la salle de presse du
Vatican. Il confirme au préalable la condamnation par l’Eglise de toute fécondation in vitro et congélation d’embryons.
« Une fois l’embryon conçu in vitro, il est certain qu’il y a obligation
de le transférer chez la mère, écrit le frère Faggioni, un franciscain.
S’il ne peut pas être transféré immédiatement, il pourra être congelé mais
dans la seule intention de le transférer dès que possible dans le sein maternel, qui est l’unique lieu digne de la personne et où l’embryon puisse
avoir une espérance de survivre, en reprenant spontanément les processus
évolutifs qui ont été interrompus artificiellement ».
S’il advient que la mère ne peut recevoir l’embryon ou le refuse, « quelques auteurs catholiques, signale Maurizio P. Faggioni, ont considéré la
possibilité de transférer les embryons à une autre femme. Il s’agirait
d’une ’adoption prénatalé, à distinguer de la pratique des mères porteuses
et de la fécondation hétérologue avec don des ovocytes. L’adoption prénatale ne compromet pas l’unité matrimoniale et l’équilibre des relations parentales, car l’embryon se trouverait, du point de vue génétique, dans un
rapport similaire à celui qui existerait avec les parents adoptifs ».
Impossible de taire…
Conscient des risques et difficultés de la proposition, l’auteur écrit:
« Cette solution est suggérée en dernière instance pour sauver des embryons
promis à une mort certaine. Elle a le mérite de prendre au sérieux la valeur de la vie déjà fragile des embryons et d’aborder avec courage le défi
de la congélation. Cette solution tente de limiter les effets néfastes
d’une situation désordonnée, mais dont les désordres marquent profondément,
par le fait même, les tentatives de solution ».
Pour le chroniqueur, « il n’est pas possible, en effet, de taire des éléments de perplexité qui subsistent avec, en premier lieu, la crainte que
cette adoption singulière ne puisse échapper aux critères inhumains et utilitaristes qui régulent les techniques de la reproduction artificielle ».
L’auteur ne voudrait pas, en effet, « courir le risque de légitimer, ou
de promouvoir inconsciemment ou paradoxalement, une nouvelle manière de réduire l’embryon à un objet ou de le manipuler ».
L’auteur précise qu’en cas de divorce le mari ne peut s’opposer à la demande de la mère de recevoir l’embryon déjà conçu: « Une fois que la vie humaine a commencé, les parents n’ont plus aucun droit de s’opposer à son
existence et à son développement. Le droit d’exister de l’embryon ne dérive
pas en effet de l’accueil de ces parents, ni de l’acceptation par sa mère,
ni d’un statut légal, mais de sa condition d’être humain ».
Ces considérations sont développées dans la dernière partie de l’article
qui répond à la question: « Que faire des embryons congelés ? » Dans une première partie, intitulée « Une logique de mort », l’auteur rappelle la demande
de Jean-Paul II d’ »arrêter » la production d’embryons congelés, formulée le
25 mai dernier.
Catastrophe prénatale
Il note au passage « les différences morpho-fonctionnelles et comportementales significatives » observées chez des animaux adultes issus d’embryons congelés, ce qui sous-entend ainsi un risque possible pour l’homme devenu adulte. L’auteur constate enfin une grande différence dans les législations en Angleterre, où l’on peut produire des embryons pour la seule recherche, et en Allemagne, où seuls trois embryons peuvent être produits à
la fois, « tous implantés chez la mère génétique pour éviter le surplus
d’embryons ».
Dans tous les cas, l’article souligne « que désormais, et chaque année,
des dizaines de milliers d’embryons inutilisés, des dizaines de milliers de
vies innocentes seront brisées par des lois. Il s’agit d’une catastrophe
prénatale, d’un meurtre programmé et commandé par le législateur civil,
transformé, comme l’ancien Pharaon, en un instrument de logique perverse de
violence et de mort ».
Une deuxième partie de l’article, qui traite des « droits de l’embryon »,
met le doigt sur « le noeud éthique et juridique fondamental » du problème,
qui est « la reconnaissance de la qualité humaine de l’embryon ». L’article
s’oppose en particulier à la notion de « pré-embryon » développée en 1986 par
l’embryologiste A. McLaren, dont l’usage est « idéologique et instrumentale
pour justifier a posteriori des manipulations auxquelles on ne veut pas renoncer ».
Pour « L’Osservatore Romano », la pratique de la congélation de l’embryon,
« antichambre de la mort », ne peut en aucun cas se justifier, car elle est
« en soi » une atteinte à la dignité de la personne humaine et au « droit de
l’embryon de développer sa téléologie immanente et d’atteindre de façon autonome vers sa propre finalité ». (apic/imed/pr)
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