apic/Atlanta/Rapport AI
signes.
EMBARGO: mardi 15 heures
Atlanta: La peine de mort à l’ombre des Jeux Olympiques»
Rapport accusateur d’AI contre la Géorgie
La violence raciste d’un Etat à l’égard des minorités (220796)
Atlanta, Berne, 22juillet(APIC) Un accusé noir a beaucoup plus
de risques d’être condamné à mort qu’un Blanc inculpé pour des
faits similaires dans l’Etat américain de Géorgie. L’accusation
fuse. Et le nouveau rapport d’Amnesty International (AI) est accablant, à l’heure où le monde a son regard tourné sur Atlanta,
ville Olympique et capitale de cet Etat.
Selon AI, il existe dans cet Etat une longue tradition de violence raciste à l’égard des minorités. Un pavé dans la mare de
l’»idéal Olympique» au pays du bussiness.
Plus de 100 prisonniers attendent aujourd’hui en Géorgie
l’exécution de leur sentence dans le couloir de la mort d’une
prison située à 65 km à peine du stade olympique. «L’hypocrisie
des autorités de cet Etat est sans bornes: elles ont déclaré dans
leur candidature aux Jeux Olympiques qu’Atlanta symbolise la capitale moderne des droits de l’homme, mais elles continuent d’envoyer des détenus sur la chaise électrique», a déclaré mardi 23
juillet Pierre Sané, secrétaire général d’Amnesty International,
au cours d’une conférence de presse à Atlanta.
Selon lui, «les autorités géorgiennes invoquent continuellement la volonté des citoyens pour justifier la peine de mort.
C’est ce même argument qui était avancé pour perpétuer l’esclavage et le lynchage en Géorgie. Il existe dans cet Etat une longue
tradition de violence raciste à l’égard des minorités, qui prend
de nos jours la forme de la peine de mort».
Pétition au gouvernement
Amnesty International a adressé à Zell Miller, gouverneur de
Géorgie, une pétition signée par près de 500’000 personnes originaires de 15 pays. Les signataires demandent au gouvernement de
cet Etat, qui se place au cinquième rang pour le nombre de prisonniers exécutés aux Etats-Unis, de faire cesser les condamnations à mort et commuer les peines existantes.
La défense des condamnés à mort de race noire est souvent mal
assurée, indique en outre AI dans son rapport intitulé «Etats-Unis d’Amérique. La peine de mort en Géorgie-une pratique raciste,
arbitraire et inique». L’application de la peine capitale semble
davantage motivée par des considérations d’ordre politique que
par l’atrocité des crimes commis. Les procureurs, désireux d’accroître leurs chances d’être élus ou réélus au poste de procureur
de district ou de juge, veulent donner une image d’intransigeance
en matière de lutte contre la criminalité et demandent ou imposent la peine capitale de façon médiatique. «Aux yeux des autorités judiciaires de Géorgie, le vie d’un Blanc a plus de valeur
que celle d’un Noir, ajoute Amnesty International. Sur les 20
condamnés exécutés depuis 1983 en Géorgie, 19 prisonniers étaient
inculpés du meurtre d’un Blanc. Aucun Blanc n’a jamais été exécuté pour le meurtre d’un Noir dans cet Etat».
Avocats ouvertement racistes…
Les accusés risquant la peine capitale sont en général mal dé
fendus, qui plus est par des avocats ouvertement racistes. Eddie
Lee Ross, un Afro-américain, a été condamné à mort après avoir
été défendu par un avocat qui, pendant cinquante ans, avait occupé le fonction de «sorcier impérial» au sein du Ku Klux Klan, et
qui avait déclaré antérieurement que «les Noirs étaient responsables de la plupart des viols et des meurtres commis à l’encontre
des Blancs mais qu’ils s’en sortaient devant les tribunaux. Quant
à Wilburn Dobbs, condamné à mort en 1983, il a été défendu par un
opposant à l’intégration des Noirs qui laissait entendre que les
«nègres» avaient une moralité relâchée.
Un rapport publié en 1990 par les autorités fédérales parvenait à la conclusion que des éléments raciaux interfèrent dans
l’application de la peine de mort; pourtant, aucune action n’a
été entreprise pour y rémédier.
Amnesty International, qui se déclare «hostile au châtiment
cruel et inhumain que contitue la peine de mort», prend pour
exemple l’exécution, le 12 décembre 1994, en Géorgie, de Alpha
Otis Stephen, condamné à la chaise électrique. «Malgré une décharge de deux minutes, le prisonnier a pu bouger la tête et les
doigts. Mais les médecins n’ont pas été en mesure de l’examiner
car son corps était trop chaud. Un journaliste raconte la scène :
«On aurait presque dit qu’il essayait de se réveiller, comme
après avoir été sonné.» Six minutes plus tard, les médecins ont
pu l’examiner et ont constaté qu’il était encore vivant. Alpha
Otis Stephen a reçu une autre décharge électrique et a finalement
été déclaré mort, presque vingt minutes après la première décharge».
Plus de 3’000 hommes et femmes attendent dans le couloir de la
mort dans 34 Etats des Etats-Unis. Au 11 juillet 1996, 331 prisonniers avaient été exécutés aux Etats-Unis depuis 1977. La
peine de mort est légale dans 38 Etats américains, alors que 41
Pays dans le monde ont pratiqué des exécutions en 1995. (apic/blpr)
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