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Genève: Le COE va devant de profonds changements (210796)

Crise finanière oblige

Rapport financier alarmant de l’organisation oecuménique

Genève, 21juillet(APIC) Restructuration en vue, diminution du

nombre de postes et reformulation du COE… L’Avenir du Conseil

oecuménique des Eglises n’est pas menacé, mais il faudra changer,

affirme le Secrétaire général de l’organisme oecuménique, Konrad

Raiser, dans une interview accordée à l’Agence ENI. Même les

« coùteux » colloques d’une semaine organisés « aux quatre coins du

monde » sont appelés à être repensés.

Le COE tire la sonnette d’alarme dans son rapport des finances

envoyé aux Eglises partenaires. Un rapoort accompagné d’une lettre du pasteur Raiser dans laquelle il évoque « la grave situation

financière » du Conseil et demande aux Eglises membres qu’elles

aident ce dernier à s’en sortir.

Le COE a sous-estimé la détérioration à long terme de sa

structure financière, constate le secrétaire général, qui explique les raisons d’une mauvaise situation financière. 1992 et 1993

furent de bonnes années. En 1994 par contre, la situation s’est

gravement dégradée, et cette tendance s’est confirmée en 1995.

« Nous aurions sans doute pu nous rendre compte plus tôt qu’il

ne s’agissait pas simplement d’une de ces fluctuations qui se

corrigerait d’elle-même. Mais nous avons suivi les conseils des

experts financiers et avons méjugé de la vraie nature du problème ».

Riches et mauvais payeurs?

Depuis un certain temps admet Konrad Raiser, les revenus du

Conseil diminuaient. « Je crois que cela est dû principalement au

fait que les Eglises et les agences qui leur sont rattachées et

qui sont des donateurs de longue date du COE, connaissent actuellement, elles aussi, des difficultés financières. Ce n’est pas

qu’elles ne contribuent pas. Au contraire beaucoup d’entre elles

contribuent davantage. Mais dans l’ensemble, le total des contributions n’a pas augmenté dans les proportions requises »

Reste, fait encore remarquer le pasteur Raiser, que le rapport

des finances montre que moins de la moitié des Eglises membres 330 à travers le monde – cotisent au Conseil. Et dans la moitié

qui ne cotise pas, déplore-t-il, il y a quelques très grandes

Eglises, dont certaines Eglises des Etats-Unis. « Quelque chose

doit changer dans l’attitude des Eglises membres ».

L’avenir du COE n’est cependant pas menacé, estime son secrétaire général « Il jouit d’une solide base de soutien, et, à moins

que l’avenir de la plupart de ses Eglises membres soit menacé, je

crois que le Conseil surmontera la crise qu’il traverse aujourd’hui. Mais il devra changer. Nous avons commencé à réfléchir

aux changements qu’il faudrait opérer. Le prochain Comité central, à Genève, en septembre, sera l’occasion de réfléchir à tout

cela. Le Conseil peut, sans trahir son mandat, réduire son niveau

d’activité du point de vue du personnel et du point de vue financier, tout en continuant à jouer le rôle pivot de catalyseur du

mouvement oecuménique.

Réduction, reformulation… bref du changement

Réduction de personnel? Coupures dans les programmes? « Je préférerais voir les choses non pas en termes de réductions mais en

termes de reformulation. Je crois que ce qu’il nous faut, c’est

une reformulation du Conseil dans son ensemble: dans la façon

dont travaillent ses organes directeurs et leur composition, dans

les méthodes de travail qu’il utilise. Il nous faudra peut-être

repenser tout le mécanisme des colloques internationaux parce

qu’il existe des manières plus efficaces de communiquer les uns

avec les autres que d’inviter un nombre restreint de personnes

des quatre coins du monde à se retrouver dans un même lieu pendant une semaine. C’est une formule très coùteuse ».

Le secrétaire général estime que le COE devra peut-être

travailler avec beaucoup moins de collaborateurs permanents dotés

de contrats de longue durée, et avoir davantage recours à des

personnes à qui confier des mandats limités dans le temps. « Il

nous faudra peut-être imaginer une manière plus décentralisée de

fonctionner. Je n’aime pas le terme de régionalisation parce

qu’il laisse penser que le COE va ouvrir des bureaux en parallèle

des organisations oecuméniques régionales existantes. Mais il y a

des façons de décentraliser nos opérations et nous devrons les

examiner beaucoup plus sérieusement ».

Le pasteur Raiser ne pense pas qu’il y aura moins de personnes

impliquées dans les activités du COE. Il estime en revanche

qu’elles seront à l’avenir impliquées différemment, mais toujours

dans le cadre d’une organisation assez importante qui restera dotée de structures institutionnelles. (apic/pr)

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