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Suisse: L’engagement de l’EPER au Vietnam
Action en faveur des enfants des rues (210796)
Lausanne, 21juillet(APIC) Le Vietnam aussi connaît ses enfants
des rues. L’Entraide protestante suisse (EPER), présente dans ce
pays depuis près de 30 ans, soutient un projet afin de maintenir
des enfants dans une structure de famille. Bilan, avec une responsable vietnamiene de ce programme.
Depuis sa conversion à l’économie de marché, le Vietnam connaît un développement économique spectaculaire avec un taux de
croissance de 9,5% en 1995. Mais seuls 5% de la population bénéficient des bienfaits du « socialisme de marché » à la vietnamienne. Le tissu social s’est dégradé. La course à l’argent et l’individualisme ont fait place aux valeurs traditionnelles de solidarité et d’entraide. Les pauvres et particulièrement les enfants
en sont les victimes toutes désignées.
Présente au Vietnam depuis 1968, l’Entraide protestante suisse
a élaboré avec Fraternité-Vietnam, sa partenaire locale, un projet d’aide aux enfants des rues dont le nombre ne cesse de croître. A l’invitation de l’EPER, qui fête cette année ses 50 ans
d’existence, Madame Le Anh Thu, médecin vietnamienne, coordinatrice du projet, était récemment de passage à Lausanne.
80% de la population vietnamienne est formée de petits paysans, explique d’emblée Mme Thu. Dans les villes, si le revenu
annuel par tête atteint 800 à 900 dollars, la moyenne nationale
ne dépasse cependant pas 300 dollars par année. Pour la grande
majorité des 75 millions d’habitants de ce pays, l’ouverture n’a
pas signifié une amélioration de leurs conditions de vie. Au contraire. Ce qui était gratuit il y a deux ans, comme les soins médicaux ou la formation scolaire, est aujourd’hui payant. Confrontées à ces nouvelles difficultés économiques, de nombreuses familles ne peuvent plus assurer le minimum vital. De plus en plus
d’enfants sont abandonnés, livrés à la rue où ils tentent de survivre.
Famille d’accueil
C’est précisément pour venir en aide à ces enfants que Fraternité-Vietnam, l’association partenaire de l’EPER, soutient à travers tout le pays un réseau de familles d’accueil. Cette formule
permet de maintenir les enfants dans une structure familiale,
plus favorable à l’intégration sociale que l’orphelinat. Près de
deux mille enfants, âgés de 4 à 16 ans, bénéficient aujourd’hui
de ce type de placement. Pour chaque enfant, les familles reçoivent l’équivalent de 10 dollars par mois, précise Mme Thu. Cette
somme couvre la pension, les frais scolaires et médicaux. « Quand
on sait que le revenu mensuel d’un fonctionnaire est compris entre 200’000 et 400’000 dongs, on comprend que pour certaines familles, ces bourses représentent aussi un apport financier non
négligeable », souligne-t-elle.
Depuis le début de cette année, Mme Thu est coordinatrice des
projets de l’EPER au Vietnam. Elle est en outre responsable à Hanoï du centre d’accueil ouvert par Fraternité-Vietnam et l’Entraide protestante suisse. Le pays compte cinq autres centres du
même type, où un personnel formé assure le suivi des enfants, de
leur santé et de leurs études.
Mme Thu est spécialisée en médecine traditionnelle, qui comporte la pratique de la phytothirapie, de l’acupuncture et du
massage oriental. Elle collabore avec Fraternité-Vietnam depuis
la fin de la guerre en 1975. L’oeuvre des Eglises réformées de
Suisse privilégie trois axes d’actions au Vietnam: la sécurité
alimentaire, le développement de la médecine traditionnelle
(moins pratiquée depuis l’introduction de la médecine occidentale) et l’éducation de la jeunesse. (apic/spp/pr)
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