« Golias » reproche enfin aux Pères Blancs de n’avoir pas su
résister à la tentation de servir du pouvoir politique pour
accomplir leur mission: ils font aujourd’hui partie, selon la
revue, de « ces gens aux « mains propres », dont le seul fait de
n’avoir pas tenu la machette pendant le génocide doit leur valoir
une sympathie universelle », alors qú »ils ont été complices et
continuent de l’être ».
Et de dénoncer leur « défense acharnée » de l’abbé Wenceslas
(aujourd’hui en France), « jusqúà fabriquer un faux témoignage et
à pratiquer la désinformation dans la presse internationale », le
silence dont ils entourent l’un des leurs, le P. Bellomi, sur
lequel pèse de graves présomptions de participation au génocie,
leurs « mensonges » pour soutenir un autre confrère « connu de tous
comme un idéologue de l’extrémisme hutu », leur logistique mise à
disposition pour soustraire de la justice et aux regards
indiscrets des prêtres, religieux, religieuses et hommes
politiques « qui ont du sang sur les mains », « leurs manigances
pour faire se rétracter celles (ndr: des bénédictines du
monastère de Sovu) qui ont sur le coeur le comportement assassins
de leurs soeurs en religion », bref « leur « business » humanitaire
avec l’Internationale démocrate-chrétienne ». « Golias » est
particulièrement sévère pour la revue des Pères Blancs
« Dialogue », dont il fait « le carrefour du négationnisme ».
Pourquoi ce réquisitoire ? Christian Terras, envoyé spécial de
« Golias » au Rwanda, n’hésite pas à assimiler l’attitude des Pères
Blancs à celle des « assassins de la mémoire » que sont les
« négotionnistes », auxquels se sont toujours heurté les historiens
des génocides (Arméniens, Juifs, Tsiganes, Tutsis…). Il s’agit,
d-t-il, d’empêcher ceux-ci de contrôler le passé. L’histoire du
génocide peut et doit être faite. Tout ayant été fait pour qúil
n’y ait ni écrits, ni preuves ni organisateurs, les témoignages
des survivants sont de la plus haute importance. Conscient de la
fragilité de ces témoignages dans un climat aussi passionnel,
« Golias » assure n’avoir reproduit que ceux qui avaient été
vérifiés et recoupés au moins cinq fois.
« Revenir sur le Rwanda ce n’est pas acharnement, c’est seulement
vouloir la justice, se faire porte-parole de ceux qui ont vécu le
cataclysme et en ressortent marqués, comme, il y a cinquante ans,
les survivants des camps d’extermination, se justifie « Golias ».
°…§ Ni justiciers ni procureurs, nous ne faisons qúinstruire en
tous les sens du terme. » Et de citer le message adressé par
Jean-Paul II aux responsables de l’Eglise du Rwanda le 20 mars
dernier, à la veille de Pâques: « Tous les membres de l’Eglise qui
ont péché durant le génocide doivent avoir le courage de
supporter les conséquences des faits qúils ont commis contre Dieu
et contre leur prochain. »
nnnn
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse