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Rwanda: Graves accusations de «Golias» contre les Pères Blancs

180 pages d’un dossier explosif:

pétard mouillé ou bombe à retardement? (190796)

Bruxelles, 18juillet «L’Eglise catholique et des missionnaires en particulier les Pères Blancs – en étroite liaison avec l’Internationale démocrate-chrétienne, étaient au courant des préparatifs du génocide. Cinquante ans après la shoah, ils savaient…

Ils se sont tus» : l’accusation est lancée par le magazine «Golias» dans un dossier de 180 pages intitulé «Rwanda: l’honneur perdu des missionnaires» et présenté à la presse jeudi à Bruxelles.

Golias met en cause un ancien missionnaire suisse à Kabgayi,

accusé d’avoir mis au vert un certain nombre de prêtres rwandais

ainsi qu’une religieuse rwandaise en particulier, actuellement

établis entre Genève, le Valais et Fribourg. La revue accuse ces

derniers de faire partie d’un «réseau» que «Golias» nomme les

«Taupes de l’ombre».

De graves accusations sont ainsi lancées contre une religieuse, ancienne secrétaire de l’abbé Sibomana, actuellement à Frivbourg, ainsi que contre un prêtre, rwandais également, accusé

d’avoir organisée dans les annéàes 1988/90 un «trafic de machettes estinées à exterminer les tutsis». Ce prêtre exerce actuellement dans le canton de Fribourg.

Raison d’Etat, raison d’Eglise…

Deux ans après un génocide «minutieusement programmé et systématiquement organisé par les nazis rwandais», la revue prétend

apporter «la preuve» que les responsables politiques de la France

et de la Belgique portent une lourde responsabilité dans la tragédie. «A l’heure où certains «désinformateurs» professionnels utilisant des erreurs du nouveau pouvoir à Kigali – jouent de la

fameuse thèse du «double génocide», à l’heure où, en Belgique,

des voix multiples exigent une commission d’enquête parlementaire, à l’heure encore où 250’000 citoyens belges demandent, par

voie de pétition, une telle commission», «Golias» entend dénoncer

«non seulement la raison d’Etat, mais aussi la raison d’Eglise».

La revue propose «12 clés pour comprendre la tragédie rwandaise». Elle reproche aux Belges et aux Français d’avoir «toujours

entretenu au Rwanda la confusion du sabre et du goupillon». Suit

la publication de documents «secrets» annonçant le génocide tutsi: «Les «nazis noirs» avaient bel et bien programmé leur «travail», au moins avant le début des grands massacres, affirme la

revue. Or, les puissances occidentales, régulièrement informées

par leurs services secrets sur place, et malgré l’insistance de

ces derniers – trois mois avant les «événements» – ne bougeront

pas», comme les Pères Blancs ne révéleront rien quand, un mois

avant, «ils seront informés de la planification du génocide par

les ultras de la CDR».

Un lobby ethnico-clérical

Pour «Golias», la tragédie rwandaise a révélé l’existence

d’»une mouvance puissante et organisée animée d’un socio-racisme

militant couplée avec un paternalisme clérical prolongé». La revue vise un «lobby ethnico-clérical», lequel, dit-elle, «entretient l’obsession d’une opposition naturelle des ethnies, réduit

le génocide à une simple manipulation «politique» (permettant de

renvoyer dos à dos le gouvernement intérimaire de Kambanda, responsable du génocide, et le gouvernement actuel) – la fameuse

thèse du double génocide -, complote, exploite toutes les erreurs

du régime actuel, non sans les caricaturer et tout en prônant un

embargo contre le régime qui ne fait que rendre la situation

moins gérable», bref «banalise tout dans un jargon moralisant:

les «affrontements» ont été «l’oeuvre du Diable» et il faut d’urgence «se réconcilier» en évacuant toute question de justice et

de responsabilité et surtout en ne posant pas le problème du racisme à la rwandaise, car cela compromettrait les manigances de

la «troisième voie» soutenue ouvertement par les Pères Blancs et

l’Internationale démocrate-chrétienne».

La revue reproche ici à l’Eglise d’avoir organisé les «exfiltrations» de nombreux génocidaires. Elle cite entre autres le cas

de deux religieuses bénédictines rwandaises aujourd’hui «protégées et abritées» dans le diocèse de Namur, alors qu’elles sont accusées d’être impliquées dans le massacre de 7’000 personnes qui

avaient cherché refuge dans leur monastère de Sovu. D’autres prêtres et religieux sont cités, comme l’abbé André Sibomana, directeur du journal catholique «Kinyamateka» et ancien administrateur

apostolique du diocèse de Babgayi.

Assassins de la mémoire

«Golias» reproche enfin aux Pères Blancs de n’avoir pas su résister à la tentation de servir du pouvoir politique pour accomplir leur mission: ils font aujourd’hui partie, selon la revue,

de «ces gens aux «mains propres», dont le seul fait de n’avoir

pas tenu la machette pendant le génocide doit leur valoir une

sympathie universelle», alors qu’»ils ont été complices et continuent de l’être».

Et de dénoncer leur «défense acharnée» de l’abbé Wenceslas

(aujourd’hui en France), «jusqu’à fabriquer un faux témoignage et

à pratiquer la désinformation dans la presse internationale», le

silence dont ils entourent l’un des leurs, le P. Bellomi, sur lequel pèse de graves présomptions de participation au génocie,

leurs «mensonges» pour soutenir un autre confrère «connu de tous

comme un idéologue de l’extrémisme hutu», leur logistique mise à

disposition pour soustraire de la justice et aux regards indiscrets des prêtres, religieux, religieuses et hommes politiques

«qui ont du sang sur les mains», «leurs manigances pour faire se

rétracter celles (ndr: des bénédictines du monastère de Sovu) qui

ont sur le coeur le comportement assassins de leurs soeurs en religion», bref «leur «business» humanitaire avec l’Internationale

démocrate-chrétienne». «Golias» est particulièrement sévère pour

la revue des Pères Blancs «Dialogue», dont il fait «le carrefour

du négationnisme».

Pourquoi ce réquisitoire ? Christian Terras, envoyé spécial de

«Golias» au Rwanda, n’hésite pas à assimiler l’attitude des Pères

Blancs à celle des «assassins de la mémoire» que sont les «négationnistes», auxquels se sont toujours heurté les historiens des

génocides (Arméniens, Juifs, Tsiganes, Tutsis…). Il s’agit, dt-il, d’empêcher ceux-ci de contrôler le passé. L’histoire du génocide peut et doit être faite. Tout ayant été fait pour qu’il

n’y ait ni écrits, ni preuves ni organisateurs, les témoignages

des survivants sont de la plus haute importance. Conscient de la

fragilité de ces témoignages dans un climat aussi passionnel,

«Golias» assure n’avoir reproduit que ceux qui avaient été vérifiés et recoupés au moins cinq fois.

«Revenir sur le Rwanda ce n’est pas acharnement, c’est seulement vouloir la justice, se faire porte-parole de ceux qui ont

vécu le cataclysme et en ressortent marqués, comme, il y a cinquante ans, les survivants des camps d’extermination, se justifie

«Golias». °Ni justiciers ni procureurs, nous ne faisons qu’instruire en tous les sens du terme.» Et de citer le message adressé par Jean-Paul II aux responsables de l’Eglise du Rwanda le 20

mars dernier, à la veille de Pâques: «Tous les membres de l’Eglise qui ont péché durant le génocide doivent avoir le courage de

supporter les conséquences des faits qu’ils ont commis contre

Dieu et contre leur prochain».

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