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Burundi:Les évêques dénoncent « l’idéologie de l’ethnie(100796)

Une folie meurtrière s’est emparée du pays

Bruxelles, 10juillet(APIC) Une folie meurtrière s’est emparée

du Burundi:le pays est à feu et à sang et il n’y a pas de jour

sans que de nouveaux massacres provoquent l’exode des population.

« Les horreurs ont dépassé toute limite », écrivent les évêques burundais dans un message publié mercredi à Bruxelles. Les évêques

identifient la racine du mal: l’ »idéologie de l’ethnie », synonyme

d’exclusion.

Le message, dont la version en kirundi a été rendue publique

au Burundi en fin de semaine, a été transmis par le secrétariat

de l’épiscopat burundais. Décrivant l’ampleur du désastre, qui

désormais s’étend à toutes les régions du pays, les évêques rapportent qu’on tue « des enfants, des femmes, des vieux, des vieilles… même des malades dans les hôpitaux…, aussi bien des responsables que de simples gens, les Burundais comme les étrangers,

les innocents comme les malfaiteurs ». On tue le bétail, on détruit les maisons, « constamment, de jour comme de nuit ».

Le crime est devenu quasiment une habitude

Pour les évêques, la racine du mal est « l’idéologie de l’ethnie dans le jeu des intérêts ». L’ethnie est pour les criminels la

« carte déterminante » dans leur lutte pour le pouvoir et l’acquisition des richesses. Une mentalité qui a gagné progressivement

toutes les couches de la population, « au point que beaucoup ont

fini par s’y habituer et par croire que le crime est même autorisé par Dieu et par les hommes ».

Il y a aussi le prétexte: protéger son ethnie et rétablir ses

membres dans leurs droits, ce qui n’est pas un mal. Le mal, affirment les évêques, est dans l’exclusion, dans l’extermination

de ceux qui appartiennent à une autre ethnie ou qui « n’ont pas

les mêmes idées ». Ceux qui mettent en avant l’ethnie ne poursuivent en réalité qu’un objectif: richesse et pouvoir politique.

Une guerre d’extermination ethnique

Les évêques rappellent que la lutte pour le pouvoir ne date

pas d’hier: au temps de la monarchie, des frères issus de la même

famille royale se faisaient la guerre. Si les divisions ethniques

se sont aggravées après l’indépendance, au point que « les assassinats ont commencé à se commettre pour des motifs simplement

ethniques », ceux qui en concluent que la haine entre Hutus et

Tutsis « a toujours été irréductible » trompent le peuple, spécialement les jeunes.

Ce qui différencie la guerre actuelle d’autres conflits de

conquête du pouvoir, c’est, aux yeux des évêques, qu’il s’agit

d’une guerre d’extermination ethnique. Ces tueries provoquent le

climat de haine implacable qui existe entre les gens d’ethnies

différentes. A l’heure actuelle, ces attaques meurtrières sont

menées jusque dans les régions où les Hutus et les Tutsis vivent

encore ensemble, « pour les pousser à briser leur solidarité ».

Désobéissance civile et refus de toute autorité

Les évêques mettent le doigt sur un phénomène nouveau: la désobéissance civile, le refus de toute autorité. Cette désobéissance a éclaté au grand jour lors de l’assassinat du chef de

l’Etat « choisi par la majorité des Burundais ». De même aujourd’hui, l’accord que les membres des partis avaient conclu

pour la formation du gouvernement, sur la base d’un partage du

pourvoir, n’a pas été accepté par tous, « alors que son objectif

était de libérer les Burundais de la guerre et de l’insécurité

permanentes et de leur permettre de préparer avec plus de sérénité les institutions qui conviennent le mieux au Burundi ».

« Pour que les Burundais puissent de nouveau avoir confiance

dans leurs dirigeants, ajoute le message, il faudra un vrai pouvoir et un pouvoir fort. Il faudra des responsables politiques

qui partagent le même souci du bien commun et acceptent de collaborer à l’élaboration et à l’exécution des projets destinés à

sauver le Burundi. Ce qui fait durer la guerre dans notre pays,

ce sont les querelles de nos dirigeants et leurs divergences continuelles. »

Un pouvoir dans l’ombre

Les évêques soulignent la lourde responsabilité de ceux « certains se sont déjà déclarés, d’autres se cachent encore, soit

dans les postes de l’administration, soit dans le monde des affaires » – qui commandent aux milices, désignent qui abattre et

où, fournissent les armes… Ils les avertissent que, tôt ou

tard, ils auront à répondre de leurs crimes, que, une fois sorti

de cette période de ténèbres, le peuple les condamnera.

Après avoir adressé leurs exhortations aux responsables des

partis politiques, de l’armée et de la justice, les évêques disent où trouver la solution qui sauvera la Burundi: « Nous croyons

que ce remède n’est pas à chercher ailleurs qu’en Dieu et auprès

des personnes animées de la volonté de faire le bien, les personnes qui observent les commandements de Dieu, en particulier celui

du respect de la vie de tout homme. Dieu nous sauvera de la violence meurtrière et de la guerre si nous voulons marcher fidèlement dans ses voies. En effet, Dieu, à qui rien n’est impossible,

peut redresser le coeur des gens, même de ceux qui ont été gagnés

à l’esprit du crime. » (apic/cip/be)

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