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Rome: célébration du 4e centenaire de l’Union de Brest
Pas encore prêt pour accueillir le pape en Ukraine (050796)
Rome, 5juillet(APIC) « Nous ne sommes pas encore matériellement
prêts à accueillir Jean-Paul II en Ukraine », a affirmé vendredi à
Rome, Mgr Lubomyr Husar, exarque de l’Eglise gréco-catholique de
Kiev-Vyshorod (Ukraine), à la veille des célébrations dans la basilique Saint Pierre au Vatican, ces 6 et 7 juillet, du 4e centenaire de l’Union de Brest.
Mgr Lubomyr Husar, qui présentaient ces célébrations à la
presse, n’a « pas entendu de protestations du côté orthodoxe » à ce
sujet. Il a rappelé que ces célébrations ont pour objet de « confirmer l’union à Rome et ses conséquences ». Insistant sur la « sérénité » de cette Eglise, il n’a toutefois pas caché son « insatisfaction » sur la question de la restitution des biens, en précisant qúen aucun cas il en ferait un « casus belli ».
L’Eglise gréco-catholique (uniate) ukrainienne revient de
loin. En avril 1945, tous ses évêques furent arrêtés sur ordre
politique de Moscou, qui fit convoquer en mars 1946 un « Synode »
qui décida de l’intégration de cette Eglise dans l’Eglise Orthodoxe Russe. Ceux qui résistèrent – 1’400 prêtres, 800 soeurs et
des fidèles – furent tous arrêtés. Le 1er décembre 1989, l’Eglise
gréco-catholique est officiellement réapparue en Ukraine. La célébration du 4e centenaire de sa création (16 octobre 1596) rappelle la décision unanime des ses évêques de se rallier à l’autorité de Rome, tout en conservant la liturgie byzantine, mais en
refusant de dépendre du Patriarcat Orthodoxe.
Cet automne, des cérémonies auront lieu en Ukraine pour rappeler l’événement. En attendant, c’est Jean-Paul II lui même, qui a
consacré une lettre apostolique à l’Union de Brest (12 novembre
1995), qui célébrera le quatrième centenaire ce week-end à Rome
selon la liturgie byzantine. C’est la seconde fois de son pontificat qu’il célébrera publiquement en rite byzantin. Il l’avait
fait pour le millénaire du baptême de la « Rus ».
L’oecuménisme au jour le jour
Dans ces commémorations « nous évitons tout triomphalisme », explique Mgr Husar. « Il s’agit pour nous de rappeler un événement
très important qui nous rapproche d’une vraie restauration de
l’unité des chrétiens ».
De fait, il y a un an, à Istanboul, les orthodoxes avaient demandé aux catholiques, lors de la réunion de la Commission Interorthodoxe pour le Dialogue Théologique avec les Catholiques,
d’éviter toute « manifestation ostentatoire » en raison des réactions « négatives » suscitées par ce 4e centenaire chez les orthodoxes. De plus, outre le problème culturel lié à l’histoire dramatique de cette Eglise en Ukraine, une question épineuse subsiste avec les autorités orthodoxes et politiques de ce pays: la
restitutions des biens de l’Eglise gréco-catholique, des églises
en particulier, confisqués par le pouvoir en 1946 et attribués à
l’Eglise Orthodoxe.
« La restitution des biens n’est pas encore très satisfaisante,
mais nous ne voulons pas en faire un casus belli. Nous nous référons au droit en vigueur », a confirmé Mgr Husar. Un problème
qu’il juge « complexe » et qui nécessite des études « au cas par
cas ». La difficulté est encore accrue, souligne-t-il, par la restitution d’Eglises de rite latins pour les nombreux ukrainiens
catholiques d’origine polonaise. Le dossier suscite des tensions
entre catholiques latins et gréco-catholiques, admet Mgr Husar,
encore qú »il ne faut pas exagérer ».
Autre sujet délicat: la mémoire de l’histoire. Mgr Husar a observé que depuis deux ans six réunions ont eu lieu avec des orthodoxes et des historiens, mais que « le peuple a peur de ce passé ». Ces travaux sont souhaités par les scientifiques, mais sont
très mal accueillis dans la population.
Le contexte délicat de cette Eglise, qui a joué « un rôle certain » dans la formation de la conscience nationale ukrainienne,
en particulier « dans le réveil national » en 1990, inspire à ses
responsables une attitude prudente. Mgr Lubomyr Husar confie:
« Nous vivons l’oecuménisme au jour le jour, par expérience et non
en théorie. Nous ne sommes pas des maîtres de l’oecuménisme. Nous
en serons toujours les élèves. A l’école de la vie ». (apic/imedpr)
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