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Paris:Immigrés en situation irrégulière (030796)
réfugiés dans l’église de St-Hippolyte
Huit délégués des sans papiers ont entamé lundi une grève de la faim
Paris, 3juillet(APIC) Depuis l’affaire des Maliens de St-Ambroise, expulsés manu militari en mars dernier de l’église parisienne où ils avaient
trouvé refuge, il ne se passe guère de semaines sans que des immigrés en
situation irrégulière en France ne cherchent la protection d’une paroisse.
Depuis lundi, huit sans-papiers sont en grève de la faim dans la paroisse
de St-Hippolyte, dans le 13e arrondissement de Paris.
Le 19 juin, quinze personnes sans papier représentant plus de 100 familles immigrées se sont en effet réfugiées dans la paroisse de St-Hippolyte.
Huit délégués de ces familles ont entamé le 1er juillet une grève de la
faim, leur dossiers n’ayant pas été rééxaminés par la Préfecture.
Sur place, l’équipe pastorale de St-Hippolyte s’est mobilisée pour sensibiliser les fidèles et les habitants du quartier. 15.000 tracts ont été
distribués dans la rue, une exposition expliquant les motivations du collectif et les raisons du soutien de la paroisse a été montée dans l’église,
des interventions ont également eu lieu lors des messes dominicales.
A l’invitation du Service interdiocésain de tous les immigrés (SITI),
chargé de la pastorale des migrants des diocèses d’Ile-de-France, près de
200 chrétiens sont venus prier et jeuner toute la journée de samedi en leur
compagnie pour soutenir ces 15 réfugiés. Ils ont adressé un message «aux
chrétiens de Paris et à tous les hommes de bonne volonté».
Mardi dernier, Mgr Frikart, évêque auxiliaire de Paris chargé des migrants, accompagné du pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération
protestante de France, a apporté son soutien à cette délégation de 15 personnes «victimes des lois Pasqua» et réfugiées dans la paroisse de St-Hippolyte.
Originaires d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie, la centaine de familles réclament le droit de vivre en famille en France. Leur situation reflète bien les disfonctionnements occasionés par les lois Pasqua sur les
conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France.
Le droit fondamental à vivre en famille bafoué
Le Père Yves de Mallmann, directeur du SITI, considère que ces nouvelles
lois font entrer dans la clandestinité des personnes qui ne l’étaient pas
auparavant. «De surcroît», souligne-t-il, «le droit fondamental à vivre en
famille n’est à aucun moment pris en compte puisque les situations ne sont
examinées qu’individuellement. Entre les jusqu’au-boutistes qui réclament
des papiers pour tous et ceux qui agitent le fantasme d’une France envahie,
il y a place pour une position responsable sur laquelle nous travaillons en
collaboration avec le Secours catholique et la CIMADE».
Certains commentateurs ne manquent pas dans cette affaire de remarquer
que les éléments gauchistes sont nombreux dans le Comité de soutien aux
sans-papiers, et les méthodes utilisées enferment les parties dans des positions figées.
Concernant le sort des 300 sans-papiers réfugiés dans l’église de St-Ambroise en mars dernier, le Père de Mallmann estime lui aussi que les médiateurs chargés de faire évoluer leurs dossiers «ont été roulés dans la farine», selon les mots de Stéphane Hessel, leur porte-parole. Ces médiateurs,
des personnes indépendantes et qui font autorité, avaient avancé des critères précis (sérieux du dossier, durée du séjour en France, absence de casier judiciaire de droit commun, nationalité d’un pays ayant combattu pour
la France) pour examiner au cas par cas les possibilités de régularisation.
A l’évidence, ils n’ont pas été entendus, puisqu’au moment même où ils
étaient reçus par un conseiller du Premier ministre, le ministère de l’Intérieur publiait un communiqué annonçant sa décision ferme. Le Père de
Mallmann y voit «une nouvelle preuve du mépris envers les étrangers et ceux
qui se mobilisent pour dénouer des situations souvent dramatiques.»
Outre les églises St-Bernard de la Chapelle et St-Hippolyte à Paris, des
locaux jouxtant la basilique St-Denis, en région parisienne, ainsi que des
églises ou locaux d’église de Lille et Lyon sont actuellement occupés. Les
villes de Nantes, Versailles et Toulouse ont connu aussi récemment des occupations d’église. (apic/jcn/lb)
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