Al-Azhar condamne la reproduction des caricatures de Mahomet

L’Observatoire d’Al-Azhar pour la lutte contre l’extrémisme, au Caire, a exprimé le 2 septembre 2020 son «rejet total et sa ferme condamnation» de la décision du magazine satirique français Charlie Hebdo de republier des caricatures «offensantes» du prophète Mahomet.

Si Tareq Oubrou, Grand Imam de Bordeaux, réagissant à la republication des caricatures du prophète de l’islam, a défendu la liberté d’expression «tant que celle-ci ne trouble pas l’ordre public» et appelé les musulmans «plutôt à l’indifférence», d’autres ont fait part de leur colère, de l’Iran au Maroc, en passant par la Turquie.

Musulmans de France divisés

En France, selon un sondage IFOP publié le 2 septembre 2020, 21% des jeunes Français et 26% des jeunes Français musulmans ne condamnent pas les djihadistes. En moyenne, 18% des musulmans vivant en France et interrogés par l’IFOP ne condamnent pas les attentats de 2015, selon ce sondage.

L’Observatoire d’Al-Azhar (AOFCE), lié à l’une des plus anciennes universités islamiques au monde, a vivement condamné la réédition en Une de Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet à l’occasion du procès des attentats djihadistes de janvier 2015 en France. Cette institution islamique sunnite, inaugurée en 2015, s’adresse aux pays du monde entier en 12 langues «afin de combattre les pensées extrémistes et de corriger les concepts erronés sur l’islam ainsi que de contrer les prétentions des groupes terroristes à attirer les jeunes».

Provocation

Dans une déclaration officielle, l’Observatoire a dénoncé «l’acte criminel que constitue la republication des caricatures offensantes», qui alimente le discours de haine et «enflamme les sentiments de haine entre les adeptes de différentes religions». Il déplore que la provocation du magazine français «entrave tout effort pour créer une atmosphère saine où tout le monde, indépendamment de sa religion et de ses croyances, pourrait vivre pacifiquement».

L’Observatoire a ajouté que l’acte du magazine était «une provocation injustifiable visant les sentiments de près de deux milliards de musulmans». Il a ajouté que cette décision de republier les caricatures du prophète de l’islam «entrave les efforts menés au plan mondial par les grandes institutions religieuses visant à établir un dialogue entre les religions», comme l’illustre le Document sur la fraternité humaine, pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé à Abou Dhabi, le 4 février 2019, par le Grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayeb, et le pape François.

Al-Azhar réitère sa condamnation des attentats

L’AOFCE réitère à cette occasion sa ferme condamnation de l’attaque criminelle ayant visé le siège de Charlie Hebdo en janvier 2015, en insistant sur le fait que» l’islam rejette totalement et dénonce toutes les formes de violence» et engageant le magazine à respecter les croyances des autres religions.

Le procès des attentats commis par les frères Chérif et Saïd Kouachi contre Charlie Hebdo  et des policiers, et l’attaque d’une supérette juive par Amédy Coulibaly en janvier 2015, s’est ouvert le 2 septembre 2020 à Paris. Charlie Hebdo en a profité pour remettre en Une du journal les caricatures du prophète Mahomet, qui avaient fait de l’hebdomadaire satirique la cible des terroristes et provoqué la rage des fondamentalistes musulmans dans le monde. (cath.ch/alahram/ag/be)

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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