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France: A moins d’un mois de la venue de Jean-Paul II
Mgr Duval en espère un nouveau souffle (250896)
Paris, 25août(APIC) Un mois avant d’accueillir Jean-Paul II en France
pour une visite pastorale du 19 au 22 septembre, Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférence des évêques, précise que le pape
vient «aider à voir plus large que l’Hexagone». Dans une interview accordée
au quotidien «La Croix», Mgr Duval explique qu’il espère de cette visite
qu’elle aidera «à redécouvrir l’aspect positif de notre histoire chrétienne
et à prendre conscience de la responsabilité de l’Eglise dans le monde».
Le président de la Conférence épiscopale française n’ignore pas les réticences et les critiques déjà émises à l’égard du prochain voyage du pape,
organisé à l’occasion du 15e centenaire du baptême de Clovis. Nostalgie de
la chrétienté? Nouvelle alliance entre l’Eglise et l’Etat? «Le pape ne
vient pas se mêler de la politique française», assure Mgr Duval. Au vu des
autres voyages du pape, il ne voit pas non plus de raison de se méfier
d’une «quelconque ingérence dans la vie des diocèses».
Mais les attentes contradictoires à l’égard du pape facilitent le recul
de l’archevêque. Le pape, observe-t-il, ne correspond ni à l’image de ceux
qui redoutent son ingérence, ni aux attentes de ceux qui réclament des mots
d’ordre: «Ils attendent de lui des consignes précises, alors qu’il nous
parle de l’essence de notre foi». Et Mgr Duval d’ajouter: «Il ne faut pas
faire de procès au pape, aux évêques ou à l’Eglise sans être bien informé».
L’archevêque de Rouen, qui estime que l’Eglise «n’est pourtant guère
triomphaliste à l’heure actuelle», et qui se réjouit qu’elle «demeure une
référence dans un monde qui doute de tout», déplore que la visite du pape
puisse ranimer de vieux réflexes «anticléricaux». «Il serait regrettable,
dit-il, que cet anticléricalisme tienne lieu de pensée politique à ceux qui
en seraient dépourvus. Notre pays a d’autres urgences».
Sur les traces de Clovis
Les quatre jours de la prochaine visite du pape en France se clôtureront
par l’étape de Reims, où sera commémoré le baptême de Clovis. A vrai dire,
les progrès de la recherche historique imposent d’abord de revisiter les
connaissances traditionnelles sur cet événement vieux de 15 siècles.
On a longtemps fait confiance au premier historien de Clovis, Grégoire
de Tours, mais celui-ci, dans sa célèbre «Histoire des Francs», a manifestement trop glorifié le personnage et a gonflé l’importance de certains
événements. L’historien d’aujourd’hui reste prudent : ce n’est peut-être
pas à la Noël 496 ni pour couronner une victoire, mais deux ans plus tard,
à la suite d’un voeu sur le tombeau de saint Martin à Tours, que Clovis fut
baptisé à Reims par saint Remi.
Avant le baptême, l’évêque a dû veiller à l’instruction de son catéchumène. Au moment de le faire descendre dans l’eau du baptistère, puis de le
oindre du saint chrême avec le signe de la croix, saint Remi a dû demander
à Clovis de confesser l’authentique foi des chrétiens. Lui a-t-il adressé
la parole si souvent rapportée : «Courbe doucement la tête, Sicambre»? Cette parole résulte, en fait, d’une mauvaise traduction pour : «Dépose humblement tes colliers» d’amulettes». Mieux vaut donc penser que Clovis fut
invité à renoncer à ses anciennes croyances et pratiques religieuses.
Plus important : ce renoncement devait aller de pair avec la proclamation du Dieu de Jésus-Christ. Or, à l’époque, l’Occident était menacé par
une crise de pensée et d’organisation ecclésiale suscitée par l’hérésie
d’Arius. Ce prêtre d’Alexandrie avait mis en cause, au siècle précédent,
l’origine et l’identité de Jésus à un point tel que le christianisme en
était bouleversé dans ses fondements : si Jésus ne venait pas de Dieu,
qu’avait-il donc d’original par rapport à d’autres hommes ? Il fallut un
concile, réuni à Nicée en 325, pour trancher la question et condamner Arius
et l’hérésie arienne.
Le Credo actuel garde la trace de ces débats dans les termes mêmes de la
profession de foi : «Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils
unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles…»
Clovis, un baptisé, pas un saint
Pourquoi l’Eglise attache-t-elle de l’importance au baptême de Clovis ?
Réponse de Mgr Duval : «Parce qu’il s’agit de l’adhésion à la foi catholique du premier artisan de la construction de ce pays qui va devenir la
France. Parce qu’il s’agit de la conversion réfléchie d’un roi barbare,
soucieux de reconstruire du neuf sur les ruines de l’Empire romain. Parce
qu’il s’agit de la conversion au catholicisme authentique de celui qui allait aider la Gaule à sortir de l’hérésie arienne».
L’archevêque de Rouen poursuit aussitôt: «L’Eglise n’est pas née en Gaule avec Clovis. Mais elle a accueilli Clovis qui, à son tour, va lui permettre de se libérer de l’hérésie. L’Eglise n’a jamais fait de Clovis un
saint, mais elle a reconnu dans son baptême l’oeuvre conjuguée de saint Remi, de sainte Clotilde, de sainte Geneviève, sans oublier saint Martin,
mort depuis un siècle, mais dont la renommée et les miracles ont fortement
impressionné Clovis catéchumène».
Une visite en quatre étapes
Reims n’est donc qu’une étape, la dernière sur la route du pape en France. Le dimanche 22 septembre, précise le Conseil permanent de l’épiscopat
français, Jean-Paul II invitera les catholiques
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