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Suisse: L’aide au développement n’a pas
pour but de soutenir l’économie helvétique (200896)
Berne, 20août(APIC) Les crédits commerciaux accordés par la Suisse dans
les pays pauvres ne sauraient avoir pour but d’aider l’industrie d’exportation helvétique. Il s’agit là d’une gangrène tout à fait contraire aux lois
du marché, rappelle la Communauté de travail des Oeuvres suisses d’entraide.
Swissaid, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas, Caritas
s’exprimaient mardi à Berne à l’occasion de la présentation par le Conseil
fédéral d’un nouvel arrêté concernant le crédit-cadre de 960 millions de
francs relatif aux mesures de politique économique et commerciale au titre
de la coopération au développement.
Les objectifs de la politique écomonique et commerciale suisse dans le
cadre des échanges avec les pays en développement doivent répondre aux mêmes critères que l’aide au développement proprement dite, définie par la
loi de 1976, souligne Richard Gerster, directeur de la Communauté de travail. La formulation proposée par le Conseil fédéral reste beaucoup trop
vague. Elle freine une aide ciblée dont l’efficacité en terme de développement serait sensiblement meilleure.
Les Oeuvres d’entraide demandent qu’à l’instar de l’aide au développement, la politique économique et commerciale de la Suisse se concentre sur
une nombre limité de pays. Actuellement l’Office fédéral des Affaires économiques extérieures (OFAEE) a dressé une liste de 27 pays de « concentration ». Parmi ceux-ci, seuls 9 l’étaient aussi pour la Direction du développement et de la coopération (DDC), dénonce R. Gerster.
Deuxième anomalie aux yeux de la Communauté de travail. Les crédits commerciaux restent trop liés à la livraison de marchandises suisses. Plus de
50% du crédit-cadre proposé par le Conseil fédéral concerne de telles aides
« liées ». Richard Gerster est formel, il s’agit là d’une gangrène contraire
aux lois du marché. Les exportations suisses doivent se passer des béquilles de l’Etat.
Enfin les crédits suisses doivent davantage tenir compte des petites et
moyennes entreprises, en Suisse comme à l’étranger. Les multinationales,
mêmes si elles ont leur siège en Suisse, n’ont pas besoin de ce type de
crédits.
Une « Société financière suisse pour le développement »
La création d’une « Société financière suisse pour le développement »
(SDFS) sous forme de société anonyme dont le cpaital serait détenu à 51%
par l’économie privée et à 49% par la Confédération, est une innovation
intéressante, estime Nadine Keim, membre de la Communauté de travail. Mais
là encore les objectifs et les critères ne sont pas assez clairement
définis.
La SDFS doit concentrer son aide sur les pays aux revenus les plus faibles. Elle doit soutenir des investissements qui ont un impact positif sur
l’économie locale en particulier en terme d’emplois. Elle doit privilégier
les PME en Suisse et à l’étranger. Les crédits doivent être disponibles non
seulement pour des entreprises suisses ou de pays membres de l’Organisation
de coopération au développement (OCDE). Enfin cette société financière dépendant pour moitié des fonds publics doit être soumise à un contrôle représentatif comprenant notamment les oeuvres d’entraide, conclut N. Keim.
(apic/mp)
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