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APIC-Reportage

Le Bouveret a accueilli la 14ème

« Route Missionnaire Internationale » (130896)

80 jeunes sur les chemins de la fraternité

par Bernard LITZLER, pour l’Agence APIC

Le Bouveret, 13août(APIC) 14ème du nom, l’édition 1996 de la Route

Missionnaire Internationale (RMI) s’est déroulée en Suisse. Plus de 80

jeunes de 10 pays se sont donnés rendez-vous du 6 au 13 août à l’Ecole des

Missions du Bouveret pour vivre ce rassemblement organisé par les Instituts

Missionnaires de Suisse romande. Marches, échanges, prière, découverte de

divers aspects de la mission, ont rythmé la semaine autour du thème « pour

nous engager dans l’avenir, découvrons nos racines et nos cultures ».

« Dieu nous réunit. Il ne regarde pas la nationalité. Il ne fait pas de

différence… » Jana, 20 ans, a la blondeur de la Slovaquie. De retour de

Taizé, elle est heureuse de participer à sa première « Route Missionnaire

Internationale » dont elle apprécie le climat propice à l’échange. « En Slovaquie, nous avions le communisme. C’était comme quelque chose d’anormal.

Depuis la chute du précédent régime, je vois qu’il faut être ouvert, ne pas

avoir de préjugés… »

Ouverture, découverte… La RMI entend bâtir des ponts entre cultures

différentes, établir des liens de solidarité. « Découvrons nos racines et

nos cultures »: le programme de cette 14ème édition a privilégié la

rencontre et la découverte.

Découvrons nos racines chrétiennes

Eric, Valaisan, est un peu le « régional de l’étape ». Il a déjà participé

à la précédente RMI en France. « Je vis en profondeur l’invitation à revenir

à nos racines. Ces routes sont imprégnées de la richesse du site où elles

ont lieu. En France, en pays catalan, ce fut assez… exotique ». Chaque

groupe national a présenté aux autres ses propres racines chrétiennes: un

saint de chaque pays pour montrer que la sainteté n’a pas de frontières…

Et si un pays comme la Slovénie – issue de l’ancienne confédération

yougoslave – est trop récent pour en avoir déjà un? Friderik Baraga,

missionnaire slovène parmi les Indiens, a un dossier de canonisation en

cours à Rome… et de solides supporters en son pays.

Racines chrétiennes encore, en Valais, dans cette vallée du Rhône où

l’empire romain avait déjà établi ses bases. La RMI a fait le détour par

Saint-Maurice pour évoquer le martyre de cet officier de l’armée romaine,

fidèle à la foi en Jésus-Christ.

La rencontre d’un témoin d’aujourd’hui, l’ermite Nicolas Buttet, a

marqué les jeunes. Un ermite n’est pas forcément un vieillard à barbe

blanche, mais peut avoir la douceur posée d’un témoin vivant, même si on ne

comprend pas sa langue.

Découvrons des lieux de mission

Jana la Slovaque avait une idée de la mission: « Des gens de mon pays

vont en Sibérie pour faire des missions. J’ai découvert à Saint-Maurice

qu’on peut faire la mission ici. Il ne faut pas dire qu’il n’y a rien à

faire. Qui cherche trouve.. Il faut être attentif! »

La RMI veut nourrir cet appel à la mission. Mission humanitaire comme

celle du Comité International de la Croix-Rouge dans les zones de conflit:

Bosnie, Rwanda,… Mission multiforme au delà des frontières, en Afrique du

Sud comme médiateur, en Algérie comme témoin dans une société déchirée, au

Ghana, en Papouasie,.. Mission plus près de nous auprès des drogués, par

l’accueil d’enfants abandonnés ou au sein de l’ACAT-jeunes,… Les jeunes

ont ainsi eu l’occasion de rencontrer longuement des acteurs engagés au

service des autres.

Céline, Française, revient du Mali, où elle a passé un an: « Tant de

jeunes veulent partir, mais je crois qu’on a beaucoup à faire dans nos

pays »: enseignante, elle ira travailler à la rentrée avec des immigrés, en

banlieue.

Ouvrons-nous au monde

La vie est ouverture, la vie est aussi montée: la Route a donc escaladé

les pentes du Grand-St-Bernard pour un pélerinage « ToutCouleur » de deux

jours, marquant le final de la rencontre. Invitation au silence, à la

contemplation de la beauté de la nature, à la rencontre fraternelle.

La RMI s’est achevée par l’envoi en mission. Chacun a sa mission, à

vivre là où il habite: « Le monde entier arrive à ma porte. », dit Lara,

Genevoise, élève d’une école sociale. « La mission est à vivre tous les

jours, au quotidien… »

La RMI 96 est terminée. Rendez-vous a été pris pour 1998, pour une

nouvelle aventure missionnaire. La mission a renouvelé et prolongé ses

racines dans le coeur et l’esprit de ces jeunes. D’où l’émerveillement de

Jana: « Dieu a ses travailleurs partout. Je ne suis pas seule. Dieu nous

appelle à chaque instant. » (apic/bl)

Encadré

La Route Missionnaire en chiffres

La 14ème édition de la Route Missionnaire Internationale (RMI) a réuni 80

jeunes de 10 pays européens (Suisse, France, Italie, Allemagne, Espagne,

Slovénie, Slovaquie, Grande-Bretagne, Pologne et Belgique)

La première édition de la RMI a été organisée en 1981 à Taizé et à

Mazille par les Pères Blancs et Soeurs Blanches. Depuis, chaque année – ou

tous les deux ans – un pays européen différent l’accueille. Certaines

rencontres ont compté jusqu’à 250 jeunes.

Innovation pour cette édition 1996: elle a été préparée par divers

Instituts missionnaires de Suisse romande, qui a mandaté le GIAM (Groupe

Interinstitutions d’Animateurs Missionnaires) à cette fin. (apic/bl)

Encadré

Pourquoi une RMI?

« Une route qui met en route »: Les objectifs d’une RMI sont multiples mais

gravitent autour de la MISSION.

Eveil des jeunes à la dimension missionnaire de toute vie chrétienne,

d’abord, mais aussi soutien de ceux qui ont déjà fait un bout de chemin.

Conformément à la vocation des Pères Blancs et des Soeurs Blanches, elle

est également une porte ouverte sur l’hémisphère sud et l’Afrique en

particulier.

Le défi d’une RMI est d’amener à la rencontre des cultures dans le

respect des différences. La Route permet de côtoyer des visages et des

expériences qui peuvent donner le goût à un engagement humanitaire ou

ecclésial.

Les participants vivent en équipes internationales durant une semaine:

lieux d’apprentissage de l’accueil de l’autre et de la communication, ces

équipes participent ensemble aux activités de marche, de prière, de

réflexion proposées…

Expérience de foi, la RMI est aussi un lieu de rencontre de Dieu. Chacun

peut vivre durant ce temps un ressourcement spirituel.

Mission enfin au retour dans son pays. La route ainsi entamée doit se

poursuivre dans le quotidien. (apic/bl)

Des photos de cette semaine de RMI peuvent être obtenues auprès de l’Agence

CIRIC à Lausanne (Tél. 021/617 76 13)

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