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Genève: L’abbé Pierre Farine nommé évêque auxiliaire (110896)
Fribourg, 11août(APIC) L’abbé Pierre Farine, curé de Bernex (GE) a été
nommé le 6 août évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et
Fribourg. Il prend la succession à Genève de Mgr Amédée Grab devenu évêque
diocésain en novembre dernier. Pierre Farine, âgé de 56 ans, d’origine
jurassienne (Courroux), a été ordonné prêtre en 1965. Il a passé presque
toute sa vie sacerdotale dans la région genevoise.
L’ordination épiscopale de Mgr Pierre Farine aura lieu à la cathédrale
St-Nicolas, à Fribourg, en septembre ou en octobre.
Homme de terrain, Pierre Farine se définit comme un «généraliste». Il
connaît particulièrement bien le canton de Genève où il réside depuis 25
ans. Curé de paroisse, aumônier de jeunesse, il a tissé de nombreux liens
avec la population genevoise. Pour parler de ses options personnelles Mgr
Farine utilise volontiers le terme de ’classique’. De fait il se veut essentiellement proche des gens.
Pierre Farine est né à Locarno le 31 mai 1940. Sa famille habitait en
fait Winterthur où son père Georges était au service d’une entreprise agroalimentaire, mais en ces années de guerre, sa mère avait préféré regagner
sa propre famille au Tessin pour accoucher. La famille compte déjà deux
garçons, elle s’agrandira ensuite encore d’une fille.
En 1950 la famille déménage à Territet-Montreux. Pierre Farine poursuit
ses études au collège de Montreux puis au collège de St-Maurice où il passe
son baccalauréat en 1960. Il fréquente ensuite le séminaire diocésain à
Fribourg.
Ordonné prêtre en 1965, il est nommmé d’abord vicaire à Pully, en banlieue lausannoise, puis en 1970 à la paroisse Notre-Dame, en pleine ville
de Genève. Déplacé à la paroisse de la Ste-Trinité, il assume conjointment
la tâche d’aumônier de la jeunesse étudiante catholique (JEC) puis d’animateur de la pastorale de la jeunesse pour le canton de Genève.
En 1986, il est nommé curé de la paroisse St-Maurice, à Bernex. En 1989
il devient archiprêtre (doyen). Pierre Farine a également fait partie durant une législature (1988-1993) du conseil presbytéral du diocèse. Grâce à
ses origines familiales, et à son enfance alémanique, Pierre Farine s’exprime en français, en allemand et en italien.
Pourquoi un évêque auxiliaire
Mgr Farine ne devient pas évêque de Genève, mais est donné au diocèse
tout entier. Il rejoint l’équipe formée par Mgr Amédée Grab, Mgr Pierre
Bürcher et le Conseil épiscopal. L’auxiliaire tout en étant pleinement évêque ne possède qu’une juridiction limitée par rapport à l’évêque diocésain.
Le droit de l’Eglise prévoit que chaque diocèse a à sa tête un évêque.
Quand les besoins pastoraux l’exigent un ou plusieurs évêques auxiliaires
peuvent être nommés. L’auxiliaire a en principe la charge de vicaire
général ou de vicaire épiscopal.
Comme évêque il fait bien sûr partie de la Conférence des évêques suisses et est convoqué aux conciles oecuméniques ou particuliers ainsi qu’au
synode des évêques.
Pour signifier que l’évêque auxiliaire est pleinement successeur des
apôtres au même titre que tous les autres évêques, le pape le nomme
titulaire du siège d’un évêché ancien aujourd’hui disparu. Pour Mgr Farine,
il s’agit de Trau, en Dalmatie, actuelle Croatie.
La nomination de Mgr Pierre Farine a été précédée dans le diocèse par
une consultation auprès des prêtres et des communautés religieuses surtout
celle de Genève et de laïcs. Environ 800 personnes ont reçu une demande de
Mgr Grab pour proposer des noms de prêtres propres à assumer le ministère
épiscopal. Le résultat de cette consultation a été transmis au nonce apostolique à Berne qui a ensuite lui-même adressé le dossier à la Congrégation pour les évêques.
En 1987 la nomination de Mgr Grab comme évêque auxiliaire résidant à Genève avait suscité l’inquiétude de certains milieux protestants de la cité
de Calvin qui y voyaient une tentative de reconquête catholique. Depuis,
les tensions oecuméniques semblent s’être apaisées. La nomination de Mgr
Farine ne devrait pas créer de difficultés.
Mgr Farine devra cependant développer des qualités de rassembleur face
aux tensions dans la communauté catholique genevoise. Des tensions qui se
sont notamment exprimées récemment autour de l’affaire du «Courrier», quotidien catholique genevois.
Encadré
L’Eglise catholique à Genève
Le canton de Genève dépend de l’évêché de Fribourg, responsable du diocèse
de Lausanne, Genève et Fribourg qui compte environ 660’000 catholiques répartis dans les canbtons de Fribourg, Vaud, Genève et Neuchâtel.
L’Eglise catholique à Genève est divisée en 55 paroisses et communautés
linguistiques regroupées en cinq archiprêtrés et onze secteurs pastoraux.
Les prêtres sont actuellement environ 120 au service de quelque 200’000
catholiques sur une population totale de 380’000 habitants. On compte également une cinquantaine de laïcs au service de la pastorale et une quinzaine dans le secteur administratifs. Une trentaine de communautés, regroupant
quelque 150 religieux et religieuses sont également établies à Genève.
L’évêque est représenté à Genève par un auxiliaire qui a la fonction de
vicaire général. Ce dernier est secondé par un secrétaire écclésiastique.
La gestion est divisée en huit départements qui recouvrent l’ensemble des
activités de l’Eglise. Chacun de ses départements est représenté au Conseil
excécutif qui constitue l’organe faîtier de l’Eglise catholique à Genève.
Avec Neuchâtel, Genève est le seul canton suisse à connaître une nette
séparation Eglise-Etat. La gestion administrative et financière de l’Eglise
au plan cantonal est assurée par un secrétaire permanent laïc avec le titre
de secrétaire général. Il travail en lien étroit avec le comité de la
Société catholique-romaine (SCR) association constituée pour représenter
l’Eglise au plan du droit civil.
Genève est également le siège de nombreuses communautés religieuses,
groupements et associations catholiques nationales et internationales.
(apic/mp)
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