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Bâle: Mgr Koch conteste la séparation entre clercs et laïcs
Soleure, 6août(APIC) L’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, estime que beaucoup
de laïcs engagés dans l’Eglise catholique se sentent « considérés comme mineurs ». Ce sentiment provient de la distinction traditionnelle entre clercs
et laïcs, explique le prélat dans une réflexion parue dans la revue jésuite
« Stimmen des Zeit » (« Voix du temps »), du mois d’août. Le Concile Vatican II
a introduit une perspective renouvelée des rapports entre l’Eglise et le
monde, plus positive, estime l’évêque.
Les tensions actuelles entre laïcs et clercs se cristallisent avant tout
sur la position laïcs au sein de l’Eglise. L’introduction de laïcs à de
hautes charges ecclésiales rompt la dictinction traditionnelle entre le
service sacré des clercs et le service au monde des laïcs, estime l’évêque
bâlois.
L’évolution de l’histoire de l’Eglise a conduit à distinguer deux sortes
de chrétiens: les spirituels, qui s’estiment supérieurs, et les autres,
décrits comme inférieurs, charnels, « du monde ». Cette séparation entre le
« ministère », responsable de la foi, et le « peuple », s’est creusée,
réservant aux clercs le domaine ecclésial et spirituel et aux laïcs le
domaine social. Cette vision dualiste s’est répercutée sur les rapports
entre l’Eglise et le monde, le monde ecclésial n’ayant rien à faire avec
« le monde », dit Mgr Koch.
Point de rupture: les relations entre l’Eglise et le monde à Vatican II
Le Concile Vatican II a ouvert l’Eglise au monde, développe l’évêque
suisse. D’abord l’Eglise n’est plus considérée comme moyen de salut
exclusif et autonome, mais comme signe du sacré, offert par Dieu à toute
l’humanité. Ensuite le sacrement du salut qu’est l’Eglise est offert non
seulement à ses membres, mais aussi à tous ceux qui ne s’y reconnaissent
pas. Une relation positive de l’Eglise envers la société est ainsi établie,
base d’une compréhension mutuelle. La relation entre l’Eglise et le monde
constitue plus que jamais le point névralgique entre « conservateurs » et
« progressistes ».
Les notions de « mystère », « communion » et « mission » sont accentuées et
l’unité « pleine de tensions mais captivante » est particulièrement
significative pour le chemin de relations entre clercs et laïcs. Finalement
la pratique d’une synthèse entre l’Evangile et les tâches quotidiennes
constitue le meilleur témoignage pour le monde.
L’Eglise, défenseur de l’homme
Pour éviter que la différenciation entre clercs et laïcs ne se rigidifie, l’Eglise doit apparaître comme « défenseur de l’homme » et de sa vie.
Sans la prise en compte du contexte politico-social, l’Eglise risque d’apparaître face au monde comme une compensation des souffrances humaines,
sans chercher à les éviter ou à les combattre. La responsabilité commune de
l’Eglise -et donc des laics- comporte une dimension sociale et politique
critique.
Mgr Koch s’interroge: les chrétiens et les Eglises se laissent-ils
toucher par leur foi? « Plus les chrétiens seront religieux, plus ils
deviendront politiques. Et inversément plus les laïcs chrétiens s’engagent
en politique, plus ils doivent s’enraciner sur le plan mystique », conclut
l’évêque. (apic/bl)
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