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Algérie: Vives réactions après l’assassinat de Mgr Pierre Claverie

Consternation générale (020896)

Alger/Rome/Paris 2août(APIC) L’assassinat de Mgr Pierre Claverie, jeudi

1er août, à Oran a jeté la consternation non seulement dans l’Eglise catholique en Algérie, mais dans tout le pays et à l’étranger. Après la mort des

sept trappistes en mai dernier, c’est un nouveau coup dur pour une communauté déjà très éprouvée, relève un prêtre de l’archidiocèse d’Alger.

Le ministre de l’Intérieur algérien Mustafa Benmansour parle d’un acte

barbare et criminel. Il a affirmé que le gouvernement algérien était décidé

à tout mettre en oeuvre pour retrouver et punir les coupables. De son côté

le Front islamique du Salut (FIS) a lui aussi condamné publiquement l’attentat.

Au ministère des Affaires étrangères français, on déclare sa consternation et sa sympathie avec les proches des victimes. Tout en affirmant une

volonté claire de maintenir les liens avec le régime en place à Alger.

Mgr Joseph Duval, président de la Conférence des évêques de France, rappelle que pour Mgr Claverie la présence et le témoignage quotidien de

l’Eglise en Algérie n’étaient pas d’ordre politique. « Que ce témoignage

n’ait pu être compris, que le messager de la paix ait été supprimé dans un

acte de haine et de violence demeure pour les chrétiens comme pour nombre

de leurs amis musulmans une cause de tristesse profonde. » C’est le moment

de se souvenir que le mot de martyr n’a pas d’autre sens que celui de témoin, souligne Mgr Duval.

Un homme à la parole libre

Le Père Bernard Lagoutte, secrétaire général de la Conférence des évêques, rappelle l’engagement constant pour le dialogue et contre la violence

de l’évêque assassiné. Né en Algérie où il a passé tout sa vie, Mgr Claverie était profondément lié à ce pays et se sentait profondément algérien.

Mgr Claverie était un homme courageux qui a toujours soutenu qu’on ne doit

pas défendre une bonne chose par de mauvais moyens. C’était un homme à la

parole libre, critiquant aussi bien le gouvernement algérien que l’oposition armée. C’est pour cela qu’il a payé, conclut le Père Lagoutte.

Le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de

France, a exprimé la sympathie des protestants. Il relève le témoignage

courageux et lucide de Mgr Claverie, face aux épreuves de la violence

fanatique et aux multiples tentations du désespoir.

Déclaration prémonitoire?

Deux jours avant sa mort, Mgr Claverie dans une interview téléphonique à

RCF (Radios chrétiennes en France) à Lyon, avait mis en garde contre la

possibilité d’un « attentat spectaculaire » de la part des fondamentalistes

musulmans. A propos de la venue du ministre des Affaires étrangères français, Hervé de Charette, Mgr Claverie remarquait: « Sa venue est très importante (…) Alors c’est sûr qu’elle va avoir un effet ambigu. Je pense que

du côté de ceux qui sont attachés aux liens de l’Algérie avec l’extérieur

et qui espèrent que l’Algérie ne se repliera pas entièrment sur elle-même,

et que du côté européen on continue à être attentif à ce qui se passe de

l’autre côté de la Méditerranée, du côté de ceux-là, cette visite sera extrêmement positive et elle était très souhaitée.

Maintenant du côté de ceux qui sont contre toute influence extérieure,

il risque d’y avoir un redoublement de violence ou au moins une recherche

d’attentat spectaculaire pour pallier les effets positifs de cette visite.

(…) Il faut plus que jamais rester vigilant. (apic/mp)

Encadré

Des évêques décédés de mort violente

Les cas de mort violente d’évêques sans être nombreux ne sont cependant pas

rarissimes. Le plus récent remonte à juin dernier avec la mort de Mgr Ivo

Guric, ancien évêque de Kotor, au Monténégro, retrouvé étranglé. L’auteur

du crime serait un cambrioleur.

Mgr Francisco Tarcisio Carboni, évêque de Macerata, dans le sud de

l’Italie, a été tué dans un accident de la route, le 20 novembre dernier.

En juin 1994, trois évêques rwandais étaient assassinés à Kabgayi, Mgr

Vincent Nsengiyumva (Kigali), Mgr Tahddée Nsengiyunva (Kabgayi) et Mgr Joseph Runzindana, (Byumba).

La mort dans une fusillade le 24 mai 1993 du cardinal mexicain Jesus Posadas Ocampo, sur l’aéroport de Guadalajara, a fait couler beaucoup d’encre. L’hypothèse d’une erreur sur la personne semble aujourd’hui abandonnée.

En juin 1993, Mgr Roberto Joaquin Ramos Umana, évêque aux armées du

Salvador était lui aussi touché mortellement lors d’une fusillade entre la

police et des bandits.

Le 9 juillet 1989, Mgr Pietro Salvatore Colombo, évêque italien de

Mogadiscio, en Somalie, était assassiné dans le cloître de sa cathédrale.

Plus loin dans le temps, il faut bien sûr remonter à l’assassinat de Mgr

Oscar Romero, archevêque de San Salvador, le 24 mars 1980, alors qu’il célébrait la messe.

A cette liste on pourrait aussi ajouter celle des prélats morts en détention ou disparus dans l’ancien bloc communiste, en Chine ou au Vietnam.

(apic/mp)

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