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France: Centenaire de la mort de sainte Thérèse de Lisieux

La «petite Thérèse» proclamée docteur de l’Eglise? (300996)

Paris, 30septembre (APIC) Lundi 30 septembre s’est ouvert à Lisieux un

colloque international de cinq jours organisé dans le cadre des premières

manifestations pour le centenaire de la mort de sainte Thérèse de l’EnfantJésus et de la Sainte-Face (1897). Qui sera bientôt proclamée docteur de

l’Eglise? Trente-deux conférences épiscopales le demandent, selon Mgr Guy

Gaucher.

En 1990, Mgr Pican, évêque de Bayeux-Lisieux, a demandé à Mgr Gaucher,

son évêque auxiliaire, de reprendre ce dossier qui date de 1932, a-t-il

confié à «La Croix». Il n’est pas seul à appuyer la demande: «La Conférence

épiscopale du Brésil le demande à l’unanimité de ses 260 évêques. Des centaines de milliers de laïcs participent aussi à ce courant. Thérèse est patronne universelle des missions depuis 1927, et patronne de la Mission de

France depuis 1941. Qu’on me dise s’il y a beaucoup de saints qui ont un

tel rayonnement ! Plus de 1’800 églises dans le monde lui sont dédiées».

En outre, depuis 1994, les reliques de la sainte ont pérégriné dans 80

diocèses de France, mais aussi en Europe (notamment en Belgique). «On nous

les demande de partout», affirme Mgr Gaucher. Et les jeunes vont sans aucun

préjugé à la rencontre de Thérèse et de son message «d’une foudroyante simplicité», qui invite à «une redécouverte profonde du Dieu amour et miséricordieux, de la sainteté possible pour les gens blessés». Beaucoup se retrouvent dans ce message. «Elle a recentré la foi sur le Christ, explique

Mgr Gaucher, elle a un amour concret de Jésus, un sens aigu de l’incarnation, elle ne correspond en rien à la petite sainte mièvre des statues. Elle a vécu la nuit de sa maladie pour que, disait-elle, les incroyants aient

la lumière».

L’actualité de Thérèse

En anticipant l’incroyance qui arrivait, Thérèse annonce les intuitions

de Vatican II, note Mgr Gaucher, et ce n’est pas par hasard que le cardinal

Suhard a fondé la Mission de France à Lisieux. «Thérèse n’avait pas de formation biblique, dit-il, mais elle a scruté l’Evangile, le recentrage de sa

foi sur le mystère pascal. Vatican II, avec l’Eglise-communion, a bien rappelé que tout baptisé est appelé à la sainteté, qui n’est pas la perfection

mais la foi dans le salut, comme celle du bon larron. Son amour de la Vierge, c’est exactement ce qu’a dit Vatican II de Marie, première chrétienne».

Et il a suffi d’un livre, «Histoire d’une âme», tiré à 2’000 exemplaires

un an après sa mort, et envoyé aux carmels comme circulaire nécrologique…

Thérèse, qui utilisait des petits cahiers à dix centimes, ne pensait pas en

faire un livre. Dès 1901, il fut traduit en anglais et en polonais. Il

l’est aujourd’hui en plus de 60 langues et dialectes. On dit que c’est le

livre religieux du XXe siècle le plus traduit après la Bible.

Parmi les conférenciers du colloque organisé à Lisieux du 30 septembre

au 4 octobre figurent notamment le cardinal Moreira Neves, président de la

Conférence épiscopale brésilienne, le P. Camillo Maccise (Mexique), préposé

général des Carmes Déchaux, le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, le

cardinal Etsou, archevêque de Kinshasa, le cardinal Poupard, président du

Conseil pontifical de la Culture, Jean Vanier, fondateur de l’Arche, et

Soeur Noëlle Haussmann (Belgique), professeur à l’Institut d’études théologiques à Bruxelles. (api/cip/cx/snop/pr)

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