Le cardinal Barbarin livre sa vision de l'affaire Preynat

«J’ai voulu rétablir la vérité et aussi dire à toutes les victimes que je continue de prier pour elles», a expliqué le cardinal Philippe Barbarin à l’occasion de la parution de son nouveau livre En mon âme et conscience sorti en librairie le 1er octobre 2020.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque émérite de Lyon, revient sur quatre ans de tempête médiatico-judiciaire autour de l’affaire Preynat du nom de ce prêtre coupable d’abus sexuels sur mineurs.

«La cour d’appel a clos le débat: je n’étais pas coupable de ce dont on m’accusait. J’ai voulu rétablir la vérité et aussi dire à toutes les victimes que je continue de prier pour elles», explique le cardinal dans un entretien au quotidien La Croix .

«Mon nom est devenu symbolique de la pédophilie», raconte le cardinal.»Je suis encore pris à partie dans les gares, sur les quais de métro… Parce qu’un prêtre pédophile, c’est le scandale extrême. Je comprends la colère des gens contre l’Église. Que je ne sois plus archevêque de Lyon, c’était majeur. Et légitime.»

Le prélat reconnaît ses erreurs:»Pourquoi n’ai-je pas été plus rapide et incisif avec Preynat ?» Il revient aussi sur le combat judiciaire: La justice française oblige à écouter l’autre. «J’avais déjà beaucoup écouté les victimes. Au tribunal, j’ai encore appris. Quand mon avocat a dit aux victimes: «Vous vous rendez compte que le cardinal Barbarin est traîné dans la boue depuis trois ans ?», Didier Burdet a répondu: «Oui, c’est vrai, mais vous rendez vous compte que nous souffrons depuis trente et quarante ans ?» Je m’en souviendrai toujours.

Une fin très violente

Revenant sur sa démission de sa charge d’archevêque de Lyon, le cardinal parle d’une fin extrêmement violente. «Pendant dix-sept ans, j’ai fait corps avec ce diocèse, j’y ai tellement donné, célébré, accompagné de jeunes, ordonné de prêtres !», relève le cardinal. «C’est aussi la fonction de l’évêque de payer pour tout le monde. Il fallait que je parte, c’est bien pour Lyon», conclut-il.

En mon âme et conscience ne comporte pas de grandes révélations. En 300 pages, le cardinal livre sa vérité, après avoir été emporté dans un tourbillon médiatique, avant d’être innocenté par la justice. Il se répète bouleversé par le fléau des abus sexuels et espère que le combat mené par l’Église aidera à lutter dans les autres structures, notamment dans les familles. (cath.ch/cx/mp)

Cardinal Philippe Barbarin: En mon âme et conscience, Paris, 2020, 310p. Editions Plon

Maurice Page

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