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Liban:Menaces de fermeture des radios et télévisions religieuses(260996)
Vague de protestations dans tout le pays
Beyrouth, 26septembre (APIC) L’annonce par le gouvernement libanais de la
fermeture, à la fin de l’année, d’une grande partie des radios et télévisions libanaises – dont l’ensemble des stations religieuses, qu’elles
soient musulmanes ou chrétiennes – continue de susciter des vagues de protestations populaires dans tout le Liban.
Les partis politiques d’opposition, le patriarchat maronite et plusieurs
autres chefs religieux du Liban ont vivement réagi, et il semble que le
gouvernement va notamment revoir le cas de deux médias chrétiens. Certains
milieux chrétiens ont en effet exprimé la crainte d’une islamisation du
pays.
Deux stations de radio catholiques – «La Voix de la Charité» et «Alleluia», à Jounieh – et une station de télévision chrétienne, «Télé-Lumière»,
à Dora, dans la banlieue nord de Beyrouth, devraient cesser leurs émissions
le 31 décembre. Le gouvernement a cependant laissé deux mois pour revoir le
cas de «Télé-Lumière» et de «La Voix de la Charité», deux importants médias
soutenus officiellement par l’Assemblée des patriarches et évêques
catholiques du Liban, a déclaré jeudi à l’agence APIC le Père Antoine Gemayel, directeur du Centre catholique d’information (CENCA) de Jall-Eddib,
près de Beyrouth. Le P. Gemayel pense qu’elles pourront tout de même émettre et que le gouvernement reviendra sur sa décision.
Une réglementation nécessaire face à 45 télévisions et 150 radios
Quant à la station de radio «Alleluia», elle ne diffuse que de la musique religieuse et ne représente par conséquent pas le même enjeu pour les
Eglises chrétiennes. Il est certes nécessaire de réglementer l’usage des
ondes au Liban, reconnaît le Père Gemayel, car le pays compte quelque 150
stations de radio et 45 stations de télévision…. sur un territoire d’un
peu plus de 10’000 km2. «Il y a beaucoup d’interférences au niveau des fréquences, il fallait faire de l’ordre, mais il se fait que le gouvernement
n’a maintenu que les stations qui appartiennent aux différents membres du
gouvernement et du parlement, à savoir le Ministre de l’Intérieur, le Premier Ministre, le chef du parlement, et la télévision officielle! D’où la
vive réaction populaire, avec menace de grèves et de manifestations de
rue».
Le Père Gemayel pense que le gouvernement cèdera à la pression, car le
front s’élargit contre la nouvelle loi sur l’audiovisuel. Cette dernière
accorde des licences uniquement aux institutions qui remplissent les conditions juridiques établies dans le rapport consultatif du Conseil supérieur
de l’audiovisuel (CSA), un organisme de dix membres nommés à parts égales
par le gouvernement et le parlement.
Cette décision est contraire à la liberté de religion et à la liberté
d’expression, garanties par la Constitution, souligne un communiqué des
chefs religieux.
Le patriarche maronite «irrité»
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, est «irrité» par
l’application de la loi, tout en étant d’accord sur le principe d’une réglementation du paysage audiovisuel libanais. «Ce qui a été décidé en Conseil des ministres n’est ni plus ni moins qu’un partage du butin entre les
pôles du pouvoir, au détriment de tout esprit de compétitivité».
Pour le chef de l’Eglise maronite, «l’Etat veut imposer une information
monochrome». A Paris, l’organisation «Reporters sans Frontières» a envoyé
une lettre au Premier Ministre libanais Rafic Hariri pour protester contre
les mesures de restriction et de limitation de la liberté d’expression au
niveau des médias audiovisuels. (apic/be)
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