Le texte contient 73 lignes (max. 75 signes), 786 mots et 5273 signes.

apic/COE/KEK/Bruxelles

Bruxelles: Le COE et la KEK nouent leurs premiers contacts officiels avec

l’Union Européenne (250996)

Konrad Raiser et Jean Fischer reçus par Jacques Santer

Bruxelles, 25septembre (APIC) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général

du Conseil Oecuménique des Eglises (COE), à Genève, a rencontré à

Bruxelles, en ce début de semaine le président de la Commission Européenne

Jacques Santer. Avec ses collaborateurs, il a noué les premiers contacts

officiels avec les responsables de l’Union Européenne.

Le pasteur Raiser était accompagné du pasteur Jean Fischer, secrétaire

général de la Conférence des Eglises Européennes (KEK), qui regroupe les

Eglises protestants, anglicans et orthodoxes, et de trois autres collaborateurs, responsables des questions de justice et de paix, de partage et de

service, ainsi que des droits de l’homme.

C’est la première fois depuis vingt ans qu’une rencontre à ce niveau a

lieu entre responsables européens et représentants du COE. Le COE, reconnaissent ses responsables, a peu misé jusqu’ici sur des contacts officiels

avec l’Union Européenne, où les Eglises n’ont pas de statut, contrairement

au Conseil de l’Europe.

Le pasteur Raiser a insisté sur la qualité de la construction européenne

: le COE ne veut pas d’une Europe monétaire sans une Europe sociale, où le

travail et le pain soient partagés entre tous et toutes, y compris avec les

ressortissants des pays de l’Est. Aux yeux du secrétaire général du COE, la

prise en compte par les autorités européennes des questions spirituelles

peut aussi constituer un facteur fondamental pour promouvoir la paix dans

diverses régions : le rôle des Eglises dans le processus de réconciliation

en Yougoslavie comme dans la région des Grands Lacs peut être important.

Les responsables européens ont redit pour leur part leur souci d’un dialogue avec les religions et d’un approfondissement du rôle des chrétiens

catholiques, protestants, anglicans et orthodoxes dans la construction

d’une Europe réconciliée. Les deux parties se sont accordées sur la nécessité d’un projet mobilisateur pour l’Europe et les Européens.

Genève et Rome

Au cours d’une rencontre avec les informateurs religieux de Belgique, le

pasteur Raiser a été particulièrement interrogé sur les relations actuelles

entre le COE et l’Eglise catholique romaine. Bien que celle-ci ne soit

toujours pas membre du COE, des relations de travail la relient avec Genève

depuis 30 ans. Ainsi, des catholiques sont membres depuis 1969 de

l’importante Commission théologique « Foi et Constitution ». En outre, depuis

20 ans, une délégation catholique participe aux travaux de la Commission

missionnaire du COE. S’y ajoute une collaboration catholique à l’Institut

de formation oecuménique de Bossey, près de Genève.

Dans les autres domaines, le pasteur Raiser ne cache pas que « la collaboration est difficile>. La dissolution de la Commission SoDePax (Société

Développement Paix) il y a quinze ans a marqué la fin provisoire d’une collaboration à ce propos » continue-t-on de déplorer au COE. Konrad Selon K.

Raiser, « tous les efforts de coopération dans la défense des droits de

l’homme, la lutte contre le racisme, ou sur les problèmes économiques se

heurent à des difficultés quasi insurmontables ».

L’Eglise catholique pourrait-elle rallier le COE ? « La question n’est

pas à l’ordre du jour », répond le pasteur Raiser. « Nous sommes en position

d’attente par rapport à Rome. On hésite à s’engager à long terme. Ceci ne

tient pas au pontificat actuel, mais à des difficultés structurelles… Les

catholiques se voient mieux mener des relations bilatérales avec une autre

confession que négocier avec l’ensemble des Eglises au sein du COE, où il

faut se situer sur un pied d’égalité avec tous.

A un niveau régional ou continental, les relations ont pourtant fait pas

mal de chemin. « Sans doute les difficultés sont-elles moindre dès qu’on

quitte le niveau universel », commente de son côté le pasteur Jean Fischer,

secrétaire de la KEK, qui se plaît à souligner la bonne entente et la coopération entre les responsables de la Conférence des Eglises (non catholiques) Européennes (KEK) et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE).

Le groupe mixte KEK-CCEE, qui comprend cinq représentants de part et

d’autre, existe depuis 1972 et se réunit une fois par an. Il ose aborder un

problème aussi délicat que « l’uniatisme »: le rattachement à Rome de diocèses catholiques orientaux de rite byzantin, auxquels leurs frères jumeaux

orthodoxes reprochent souvent de faire des adeptes dans leur dos.

Le pasteur Fischer estime la collaboration entre le KEK et le CCEE largement positive : elle s’est traduite, rappelle-t-il, par cinq grandes rencontres européennes. La plus significative eut lieu en 1991 à Saint-Jacques

de Compostelle.

La collaboration entre le KEK et le CCEE a en outre donné lieu à deux

événements de taille. En 1989, les deux organisations ont organisé le premier grands rassemblement des Eglises d’Europe depuis la Réforme au XVIe

siècle. Il a eu lieu à Bâle en Suisse. Le prochain est convoqué pour 1997 à

Graz en Autriche. /apic/cip/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/apic-coe-kek-bruxelles/