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Belgique:»Hors-les-Murs» lance le (230996)
débat sur les prêtres pédophiles
«Les autorités de l’Eglise doivent regarder le problème en face»
Liège, 23septembre (APIC) L’association belge «Hors-les-Murs» a salué
l’annonce de la mise en place par la Conférence épiscopale belge d’un
«point contact» destiné à suivre les prêtres et religieux pédophiles sur le
plan thérapeutique. Si une telle initiative est bienvenue, «elle ne doit
pas viser la protection des clercs, faute de quoi elle peut se révéler, à
terme, trompeuse et perverse».
Et «Hors-les-Murs» d’inviter les évêques à «regarder le problème en face». L’association, qui regroupe des prêtres, religieux et religieuses qui
ont quitté leur ministère ou leur état de religieux, affirme que s’il n’est
pas librement choisi, le célibat sacerdotal «constitue un risque objectif».
Elle met également en cause la vision moralisante et négative de la sexualité qu’a trop souvent l’Eglise. «Pourtant la sexualité est, pour le genre
humain, une valeur fondamentale, qui structure la personne humaine».
«Hors-les-Murs» déplore l’amalgame entre sexe et péché, ainsi que le déni mis sur la sexualité. L’association déplore que parmi les candidats à
l’état sacerdotal, il en est dont la sexualité et l’affectivité souffrent
d’immaturité et pour lesquels le célibat apparaît comme un refuge, qui les
protégera de leur peur de la femme. «Comment s’étonner, dans ce cas, s’ils
ne sont pas arrêtés à temps, qu’ils puissent, une fois ordonnés, se
rabattre sur des enfants pour combler leurs manques affectifs ?»
La pédophilie, un «crime contre l’humanité»
«Hors-les-Murs», une association née en 1979, se réjouit dans un
communiqué des prises de position publiques de l’Eglise, telles celles de
Jean-Paul II, qui a demandé récemment devant les évêques de Thaïlande que
le délit de pédophilie soit déclaré «crime contre l’humanité», et du
cardinal Lopez Trujillo, ajoutant que cela «donnerait la possibilité de
poursuivre les coupables hors de leur pays d’origine, à un niveau
international».
De son côté, «L’Osservatore Romano» vient de rappeler «fort à propos»,
note l’association, que le Vatican a, dès 1992, lors d’une conférence tenue
à Bangkok, attiré l’attention sur les risques d’exploitation des enfants
par le biais du tourisme sexuel.
Question sans réponse
Il reste pourtant une grande question sans réponse, relève l’association: «Quelles leçons tirer du grand nombre de membres du clergé impliqués,
si pas condamnés, dans les affaires de pédophilie à travers le monde ?» La
presse a récemment rappelé leur importance statistique, signalant l’existence en Irlande d’un organisme chargé par les autorités ecclésiastiques de
leur traitement thérapeutique.
Pour la Belgique, plusieurs cas ont été cités, «parfois discrètement,
parfois de façon plus ouverte», comme lors du procès du curé de Kinkempois,
qui «semble avoir bénéficié d’une certaine indulgence de la part de responsables de l’Eglise belge, des jurés et des magistrats», relève «Horsles-Murs». L’association salue donc comme «une prise de conscience et une
première initiative» l’annonce par le cardinal Danneels de la mise en place
d’un «point contact» destiné à suivre les prêtres et religieux pédophiles
sur le plan thérapeutique.
«Il ne faudrait cependant pas, ajoute-t- elle, que cette structure ecclésiastique (bien tardive !) ne vise qu’à rétablir une «Justice d’Ancien
Régime», où les délits des clercs échapperaient à la compétence commune et
à la sanction par la justice civile.» Aux yeux de «Hors-les-Murs», la proposition de la Conférence épiscopale belge «n’est pas claire sur ce point»,
souhaitant qu’elle aille plus loin. L’association souhaite que l’Eglise regarde le problème en face, «non pas seulement pour en gérer les effets
$après coup, mais surtout de manière préventive». (apic/cip/be)
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